Camille Pissarro – Le Père des Impressionnistes

0
208

Pissarro, premier peintre à comprendre la lumière

Pissarro

 

«Peignez généreusement et sans hésitation pour garder la fraîcheur de la première impression. Ne vous laissez pas intimider par la nature au risque d’être déçu du résultat»

Le peintre est né le 10 juillet dans une colonie danoise des Antilles, l’ile de St Thomas. Il va passer sa scolarité dans la région parisienne, où il aime visiter des musées et commence à dessiner.

Sa volonté de devenir peintre va vite s’imposer. Il travaille occasionnellement à    « l’Académie Suisse » où il côtoie Monet, Guillaumin, Cézanne.

Un peintre  paysagiste

C’est à l’exposition Universelle de 1855 qu’il fait la connaissance de Corot, cette découverte va le diriger vers la peinture paysagiste.

Une grande maturité se dégage de ses tableaux, sa façon de moduler les couleurs engendre à la fois la profondeur et une grande précision dans ses compositions.

Lors de son séjour à Londres en 1870, il découvre John Constable, Joseph M.W. Turner, Richard Bonnington.

Pissarro & Cézanne

C’est en 1872 que l’artiste accueille Cézanne, leur travail en commun est un moment important pour le monde de la peinture et s’avère fertile pour l’un et l’autre.

«L’humble et colossal Pissarro, ce fût un père pour moi. C’était un homme à consulter  quelque chose comme le bon Dieu» sont les termes employés par Cézanne à l’égard du peintre.

Au fil du temps sa peinture va évoluer, aux paysages s’ajoute des personnages, des couleurs avec plus de contrastes s’installent.

Il signera quelques tableaux divisionnistes sous l’influence de Seurat. Mais son admiration pour ses amis impressionnistes, Monet, Renoir et Degas font qu’il s’éloigne de cette méthode pointilliste.

Pissarro a été un révolutionnaire et un novateur dans son art en appliquant des techniques scientifiques, tel que les théories de Chevreul* et les découvertes d’Helmholtz**

Immersion dans une partie de l’œuvre de Camille Pissarro en vidéo :

Les toits Rouges, coin de village, effet hiver (1877)

Toits rouges

Dans ce tableau sa palette de couleurs s’est enrichi pour restituer l’émotion visuelle que suscite chez lui le paysage.

Le bleu intense du ciel nous renvoi au bleu des fenêtres. La couleur rouge des champs fait écho aux toits. Les arbres au premier plan font écran aux maisons. Cette composition bien structurée et aux tonalités fortes n’a pas eu, au départ, les faveurs des critiques, pour qui l’œuvre n’avait pas beaucoup de concordance avec la réalité…

Le jardin de l’artiste à Eragny (1898)

jardin Eragny

Cette toile est la rencontre entre la quiétude de la campagne et les tonalités joyeuses et vives des fleurs. Les touches de bleu intense du ciel s’opposent avec le brun-rouge de la terre. Cette palette de couleurs est mise en valeur par le camaïeu de vert des arbres et des plantations.

Le Boulevard Montmartre, un matin d’hiver (1897)

Boulevard Montmartre

Spectacle de la vie urbaine dans cette toile, inspiré par ce qu’il peut découvrir de la fenêtre de son logement. C’est presque une vue à vol d’oiseau sur ce boulevard animé par les calèches et les promeneurs, soigneusement représentés. Les différentes tonalités de bleu adoucissent cette scène de la ville.

L’œuvre de Pissarro est l’une des plus représentatives et la plus influente de l’ère impressionniste. Selon Octave Mirbeau, critique d’art en 1892.

«Pissarro a élargi le rêve en étant le premier à comprendre la lumière»

* Les études du chimiste Michel-Eugène Chevreul (1786-1889), sur la décomposition de la lumière par le prisme et sur le cercle chromatique ont beaucoup intéressé les peintres impressionnistes.

**Hermann Von Helmholtz (1821-1894) scientifique qui a notamment apporté des contributions à la perception des couleurs.

Nic Blanchard-Thibault – Cultures Co