The Cure Pornography – Dernier échelon d’une trilogie Cold

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1881

The Cure – Pornography – 1982

The Cure - Album Pornography

L’album Pornography de The Cure est certainement l’un des disques les plus sombres de l’histoire du groupe. Il met un terme à la ténébreuse et magnétique trilogie Cold de The Cure. Seventeen Seconds en 1980, Faith en 1981 et sa conclusion salutaire qui s’impose en mai 1982:  Pornography.

Cet album est une sorte de diamant funeste, dans lequel Robert Smith repousse les limites du supportable. Il nous entraîne dans l’effroyable intensité des méandres les plus torturés de son âme. Ce disque est une mise à nue farouche et terrifiante, un choc, fascinant pour certains, insupportable pour d’autres. Un album qui ne peut laisser l’auditeur sombrer dans l’indifférence.

A Strange Day

Pornography c’est aussi la fin de l’ère glaciale, de la cold wave absolue, comme si The Cure avait atteint l’abîme, le magma ténébreux. Les disques suivants ne connaîtront plus jamais cette tension paroxystique, Cure a atteint le sommet de cette intensité aussi âpre qu’austère… heureusement sans doute.
Robert Smith attendra d’ailleurs deux ans pour réintégrer le processus de création avec l’album The Top en 1984, dont il sera quasiment le seul instrumentiste.

The Figurehead

Souvenir personnel de la découverte de cet album culte, excusez du peu… Adolescent en voyage à Londres, l’esprit léger, la séduction est dans l’air du temps, et puis au coin d’une rue, cette étale de K7 semble me tendre la main, avec cette pochette fantomatique rouge et noire, où les trombines des trois protagonistes se fondent dans le flou d’un décor invisible. L’ado de l’époque trimballe en permanence son walkman à k7. Un billet échangé, petit claquement sur la touche Play, et c’est parti pour le grand voyage!

Les tambours martelés de Lol Tolhurst, la basse clinquante de Simon Gallup, les guitares distordues «éthériques», entraînées par une rythmique lente, lourde et obsédante, d’où surnage la voix résistante et fragile de Robert Smith… une émotion malsaine, mais tellement enivrante.

Auguste Marshal