Obscured By Clouds – La pépite oubliée de Pink Floyd
Hola…
… l’ami Bruno Polaroïd ! Me pardonneras-tu si, effronté que je suis, j’ai l’outrecuidance de venir fouler tes plates-bandes de chroniqueur émérite de la maison CulturesCo et ardent avocat des disques injustement oubliés ? Car, oui, bibi itou a décidé d’aborder le thème de l’album délaissé, de ces galettes tombées dans les oubliettes des forteresses du Rock and Roll. Oui da, je lutterai jusqu’au dernier larsen contre l’injustice artistique, je pourfendrai de mes blue suede shoes d’airain les salisseurs de mémoire et autre médisants. C’est dit.
Alors, que diable…
… quelle est donc cette cause perdue que je me risque à défendre, ce combat contre les moulins que je m’apprête à engager ? Réponse : « Obscured By Clouds« . Commis en 1972 par un combo en route vers la gloire, j’ai nommé Pink Floyd.
Pink Floyd – Obscured By Clouds – Idem (1972)
Obscurci par les nuages…
… Titre ô combien pertinent pour un opus disparu des radars au beau milieu des tempêtes soniques d’une œuvre titanesque. « Obscured By Clouds » eut la malchance d’émerger au mauvais moment. Un Gulliver coincé entre deux géants : « Meddle« , sorti en 1971, et le monstrueux « Dark Side Of The Moon » accouché une paire d’années plus tard.
Pink Floyd – Childhood’s End
Et pourtant…
… Le Floyd (Comme on dit chez les mecs vachement fans tu vois…) n’en était pas à sa première musique de film car c’est bel et bien d’une B.O dont on cause.
La Vallée…
… C’est le titre . Du film. De qui ? Barbet Schroeder. Cinéaste franco-suisse. Mea culpa, je ne suis pas un aficionado du bonhomme, à part « Barfly » pour l’immense Faye Dunaway. Barbet avait déjà fait appel au groupe en 1969 pour sonoriser son film « More », road trip hippie sous acide bien dans l’hair (Désolé, fallait que je la fasse…) du temps. La zizique produite alors avait bien botté le réalisateur qui, tout de go, revient à la charge pour proposer une nouvelle collaboration avec David, Roger, Rick et Nick, ces chouettes petits gars gentiment barrés de London City.

Le quatuor…
… alors en pleines sessions d’enregistrement de l’album au prisme arc-en-ciel, décide de faire une pause. Direction le château d’Hérouville, studio mythique du non moins mythique Michel Magne qui accueille déjà à l’époque des pointures comme Elton John ou T. Rex.

10 morceaux…
… Sous-estimés. Boudés. Mais pourquoi, ô monde cruel…
10 morceaux assez courts dans l’ensemble. C’est vrai, on est loin d’une pièce ambitieuse comme « Echoes » qui squattait tranquillement une face entière de « Meddle ».
10 morceaux dont la production n’a peut-être pas l’amplitude de ses prédécesseurs. Peut-être, peut-être…
Mais 10 morceaux qui ont les qualités de leurs défauts.
Pink Floyd – Wots… Uh The Deal
Que ce soit…
…la doublette « Obscured By Clouds » et « When You’re In », impossible d’imaginer l’un sans l’autre, avec son ambiance oppressante pour le premier et son riff de plomb imparable pour le second.
Que ce soit « Burning Bridges » ou « Wot’s… Uh The Deal », perles Pop parfaites où les guitares, acoustiques ou électriques, s’offre une balade magnifique tranquille.
Que ce soit « Mudmen » et sa guitare stratosphérique. David Gilmour dans un grand jour.
Que ce soit « Childhood’s End » ou quand Pink Floyd prouve qu’il a bien retenu son manuel du groove.
Que ce soit « Stay », 4 minutes et 7 secondes de temps suspendu. Piano subtilement jazzy, voix délicatement éthérée. Rick Wright au firmament.
Et puis « Absolutly Curtains » et sa longue intro envoûtante, tapissée de ces claviers, de ces brumes de cymbales et de ces roulements de batterie sismiques immédiatement reconnaissables. Garanti 100 % Pink, 100 % Floyd.
Pink Floyd – Stay
10 raisons…
… qui font que cet album, lorsqu’une petite envie de Pink Floyd me prend, est souvent le choix que je propose au saphir de ma platine.













