Thomas Frank HOPPER – Wild Ones Never Die

Passer notre blues rock à la machine, faire bouillir, pour voir si les couleurs d’origines… peuvent en créer d’autres. Cette paraphrase détournée d’une ritournelle franco française sied parfaitement à notre chanteur / guitariste belge. Via son nouvel album, Wild Ones never Die, Thomas Frank Hopper illustre la formule. Le coup de pinceau appliqué au vieil adolescent lui redonne en effet des teintes alléchantes, dépoussière le « truc » étalonné en son temps par Robert Johnson. La route est la même, la croisée des chemins différente. Bordé de folk et de pop, le blues rock agencé par Thomas Frank rend grâce en heavytude à son ainé tout en se permettant de laisser de côté ses codes les plus marqués.
Thomas Frank HOPPER – Jackie Brown
En lieu et place d’une voix bourbon / clope graillonnant ses graves, on savoure un chant clair pratiquant des médiums subaigus, parfois soutenu de chœurs à l’identique ; toute proportion gardée, on est plus proche de Brad Delp du groupe Boston que de son opposé, l’ami Tom Waits. Le chroniqueur a pour habitude de faire des parallèles, décrire la musique de l’artiste via des références « connues ». En l’occurrence, l’encre du stylo sèche dans sa gaine.
Rapprocher Wild Ones never Die d’albums et/ou de chansons susceptibles de l’imager… Oser un mixe des Doors, pour l’aspect 70’s, épousant Rival Sons pour la contemporanéité ? Hum, hum… Dans les faits, l’album propose une association orgue Hammond / guitare électrique garnissant des compositions à l’architecture originale.
Ready To Thrive
De toute évidence, Thomas Frank se démarque des Appellations d’Origine Contrôlées, des AOC usités, creuse un sillon singulier au sein de racines purement blues. Il imprime sa propre signature au centre de la cible ; l’auditeur adopte ses boucles et déliés dès la première lampée. Un vent de fraîcheur souffle sur l’ensemble des dix morceaux où pas une once de « prog » ne s’invite. Les formules logarithmiques sont ignorées : digressions musicales oiseuses invitant aux bâillements. Wild Ones never Die offre de l’os, du muscle, des mélodies et ce qu’il faut d’assaisonnement pour sonner de son temps. Lorsque la proposition correspond au désir du chaland : bingo, c’est l’adoption ! L’album plussoie ce postulat.
Thomas Frank HOPPER – Freak Show
Hopper débranche parfois les amplis, saisit sa guitare acoustique et nous conte une histoire. Spectateur attentif, nous le suivons, chagriné ou gourmand en fonction des sentiments émis. Ces moments apaisés permettent de s’extraire d’une monotonie copiée / collée trop souvent d’actualité chez les artistes « genrés ». Saluons et remercions sa volonté de « composer » sans simplement « riffer », « d’élaborer » plutôt « qu’empiler ».
Zippin Pippin
Au milieu d’une publication pléthorique d’albums sans saveur, car par trop identiques, Wild Ones never Die promeut l’attrait. Thomas Frank Hopper et ses hommes peuvent se féliciter d’avoir élaboré une œuvre séduisante dont les arguments lui permettent de s’extraire de la masse. Puissions-nous, via cette chronique, inciter le plus grand nombre à s’y plonger. Jouer et rejouer Wild Ones never Die leur transmettra assurément un plaisir qu’ils s’empresseront de communiquer.
Thierry Dauge
Thomas Frank HOPPER – Wild Ones never Die – Disponible en France dès le 18 septembre chez tous les revendeurs affranchis (disquaires, Discogs, Amazon, FNAC…)












