THE JESUS AND MARY CHAIN : les albums Automatic et Honey’s Dead

0
2
POP CULTURE RADIO La Culture POP a enfin trouvé sa RADIO !
Genres : radio
La culture se partage !

La surenchère sonique

The Jesus And Mary Chain à l'époque d'Automatic (Jim et William Reid au premier plan)
The Jesus And Mary Chain à l’époque d’Automatic (Jim & William Reid au premier plan, puis Douglas Hart, Richard Thomas – ? – )

Automatic

Résumons d’abord le début des aventures du duo ! Avec deux chefs-d’œuvre, le fondateur Psychocandy (1985) et ses Pop Songs irradiées de distorsions et de feedback, puis son antithèse, le mélancolique et amoureux Darklands (1987), les deux frangins boudeurs de The Jesus And Mary Chain ont secoué le Rock anglais et ramené au premier plan les guitares, ses vieux machins bruyants et beaucoup moins contrôlables qu’un DX7. Après une pause, la bien nommée compilation Barbed Wire Kisses (Singles, raretés et autres inédits en 1988), les frères Reid lancent leur troisième album, Automatic, avec son étoile emblématique, début Octobre 1989.

The Jesus And Mary Chain – Coast To Coast – Automatic (1989)

Délaissant l’accalmie de Darklands, Jim – chant, basse, guitare – et William, l’Homme aux Mille Larsens – guitares, chant – remontent les potars et les fuzz à 11, comme l’avait indiqué précédemment le single incendiaire Sidewalking. Mais toute la section basse / batterie est enregistrée avec des machines, boîte à rythmes et synth bass, d’où l’appellation du LP. Seul invité à bord, le batteur Richard Thomas pour le final très stoogien, Gimme Hell. Notons que Alan Moulder agite les manettes de la console sous la direction des deux sbires.

The Jesus And Mary Chain – UV Ray – Automatic (1989)

Mélange de rythmiques plus dansantes – les gars écoutent beaucoup de Hip Hop à l’époque -, de riffs surpuissants, de distorsions parfois industrielles et de mélodies obsédantes, ce disque sera pourtant diversement accueilli, certains le trouvant génial – les guitaristes se régalent – et d’autres trop mécanique. En France notamment, Automatic se fera descendre par les Inrockuptibles, trouvant les deux gusses déjà trop vieux voire rabougris. On en rit encore…

The Jesus And Mary Chain – Between Planets – Automatic (1989)

En tout cas, il contient le Hit Head On qui cartonnera aux States – c’est le but – et impressionnera les Pixies, lesquels en cuisineront ensuite une belle version également étoilée. Comme d’habitude, les accompagnateurs scéniques de la paire miment la chanson pour la vidéo : Douglas Hart (Basse, guitare), Richard Thomas (Batterie) etc…

The Jesus And Mary Chain – Head On – Automatic (1989)

Honey’s Dead

Alors qu’ils sont honorés par leurs successeurs (The House Of Love, Ride, Slowdive…) et qu’ils influencent même Cure – les guitares plus abrasives de l’album Wish -, les frérots, sans doute titillés par la nouvelle scène américaine – Nirvana and co…-, et les rythmes hypnotiques de « Madchester », jouent la surenchère sonique en présentant l’excellent Honey’s Dead, leur quatrième volume fin Mars 1992. Avec cette allusion à leur premier et iconique succès, Just Like Honey en 1985, Jim et William se démarquent de leur anciennes traces de romantisme adolescent. Le pochette utilise d’ailleurs un détail du tableau Ophelia – le visage – par le peintre préraphaélite Arthur Hughes, mais comme trituré par une imprimante perverse ou l’usure du temps.

The Jesus And Mary Chain – Tumbledown – Honey’s Dead (1992)

Aux déchirures des fuzz et des feedback de William, encore plus agressives que dans Automatic – l’aîné use de nouveaux effets -, le duo retrouve une allure Dance, mais avec un gars aux tambours, Steve Monti, pour certains thèmes. Sous le saint patronage des Stooges et de Suicide, ils créent ainsi une pulsation enivrante, mêlant boîtes à rythmes et battements du bonhomme. Mélodiquement, leur répertoire s’affiche également plus abouti, à la fois scintillant et violent, sans négliger leurs racines plus Pop, des Girls Bands aux Beach Boys. Et une fois de plus, Alan Moulder garde les secrets du mixage de ce maelstrom…

The Jesus And Mary Chain – Far Gone And Out – Honey’s Dead (1992)

Lors des concerts du Rollercoaster Tour, entourés d’un déluge d’éblouissements et de flashs stroboscopiques, The Jesus And Mary Chain rivalisent en boucan ultime avec les copains et copines de My Bloody Valentine dans une compétition de décibels. Les tympans de certains dans notre équipe en bourdonnent encore… Le public anglais appréciera d’ailleurs une version élargie de la tournée en compagnie justement du groupe de Kevin Shields, plus Blur et Dinosaur Jr, excusez du peu, à la grande joie des ORL ! Quelques mois plus tard, en Octobre / Novembre, la caravane supersonique remaniée – avec Curve et Spiritualized – sillonnera les États-Unis…

The Jesus And Mary Chain – Catchfire Live – Honey’s Dead (1992)

Enfin, renouant avec leurs débuts tapageurs, le titre Reverence, l’ouverture du LP, extraite en premier single, provoquera un scandale avec ses premiers vers sur Jesus Christ et JFK… Et escaladera  en même temps les charts ! De quoi décourager les aigris et les sceptiques…

I wanna die just like Jesus Christ
I wanna die on a bed of spikes
I wanna die, come see paradise
I wanna die just like Jesus Christ

I wanna die just like JFK
I wanna die on a sunny day
I wanna die just like JFK
I wanna die in the USA…

The Jesus And Mary Chain – Reverence – Honey’s Dead (1992)

A suivre…

Bruno Polaroïd

Did you enjoy this article?
Inscrivez-vous afin de recevoir par email nos nouveaux articles ainsi qu'un contenu Premium.

Laisser un commentaire