SAM COOKE, un soleil entre les nuages de la ségrégation

0
1198
La culture se partage !

Parcours et légende du premier soulman

sam cookeLa voix de Sam Cooke ! Voilà ce qu’il reste de ce soleil ayant tenté par tous les moyens de faire rejaillir un peu de son éblouissante lumière sur les autres. Une voix voltigeant sous les mêmes cieux que Sinatra ou Elvis, mais dont le détenteur n’hésitait pas à se mettre en danger pour défendre l’opprimé. L’histoire de Sam Cooke est celle d’un propagateur de bonheur, un homme ne pouvant se satisfaire de sa réussite, si cette dernière ne profitait pas au plus grand nombre.

L’étoile du gospel

Samuel Cook voit le jour le 22 janvier 1931, à Clarksdale (Mississippi). Fils de pasteur, il grandit à Chicago, une ville dans laquelle la culture afro-américaine est en plein essor au milieu des années 30. Les boutiques, bars et clubs tenus par des noirs sont légion dans le centre-ville, et font un peu oublier la ségrégation présente dans la majeure partie du pays.

Aux côtés de ses frères et sœurs, le jeune Sam démontre très vite des prédispositions pour le chant, en particulier le gospel. Au début des années 50, le genre est déjà destiné aux adultes de la communauté noire. La jeunesse lui préfère le blues sensuel de Howlin’ Wolf et Muddy Waters, et plus encore, le rythm & blues affolant de Ray Charles.

The Soul Stirrers
Sam Cooke & The Soul Stirrers

Pourtant, la beauté et la voix envoûtante du jeune Cook incitent des centaines de jeunes filles à faire la queue à l’église le dimanche. Dans des cercles encore privés, il commence même à concurrencer la voix enjôleuse de Nat King Cole qui l’avait précédée dans la même école, et la même ville.

En 1951, la rumeur enfle dans le cœur de Chicago. Une étoile du gospel est née. Sam n’a que 19 ans lorsqu’il se voit proposer la place de soliste, au sein des prestigieux Soul Stirrers.

Sam Cooke & The Soul Stirrers – One More River to Cross

Le groupe fait fureur dans tout le pays. Sam amène de nouvelles compositions, ainsi que des harmonies soul qui modernisent le genre. Il relance à lui-seul la popularité du gospel aux Etats-Unis. Seulement, son talent ne peut se contenter d’explorer uniquement la musique religieuse.

En 1955, électrisé par le succès grandissant de Ray Charles, et séduit par l’éclosion d’Elvis et celle de Little Richard, Sam songe à passer du côté sauvage. Qu’il s’agisse du rythm & blues ou du rock’n’roll, tous deux sont alors considérés comme des musiques profanes. En tant que chanteur célèbre de gospel et fils de pasteur, Sam se doit de les éviter. Convaincu qu’il a un rôle à jouer dans l’avenir de sa communauté, il ignore les mises en garde de son entourage.

Il se lance donc dans une carrière solo. Heureusement, son père se montre compréhensif…

“Mon père m’a dit que ce n’était pas ce que je chantais qui était important, mais que Dieu m’avait donné une voix et un talent musical, et que le véritable usage de son don était de le partager et de rendre les gens heureux.”

Art Rupe (patron de Speciality Records), en revanche, n’est pas emballé par l’idée. En 1956, il accepte néanmoins, de le laisser publier son premier 45T pop, sous le nom de Dale Cook… Pour ne pas contrarier le public gospel des Stirrers.

Sam Cooke – Lovable

La voix soul qu’on lui connaît est déjà là. Une voix que le public n’a pas manqué de reconnaître. S’il est encore sujet à une légère surenchère inhérente au groupe, et au genre dont il provient, on peut déjà ouïr ce léger grain égratignant la pureté et faisant son charme, ainsi que les subtiles variations dans les aigües amenées à devenir sa marque de fabrique.

Mais comme je le disais plus haut, Sam Cooke est bien plus qu’une voix. En 1957, après un premier succès mitigé, il enregistre sous son patronyme complet (augmenté d’un E), le titre Send Me. Le succès de cette ballade suave est tel qu’il le propulse en tête du Billboard. Il est le premier chanteur afro-américain à séduire un si large public. Sa renommée devient subitement internationale.

Sam Cooke est même invité dans le show de Dick Clark. Menacé de mort par des membres du Klu Klux Klan s’il ne renonce pas à s’y rendre, il refuse de céder à leurs intimidations. Le présentateur de l’émission est contraint de faire intervenir l’armée pour assurer la sécurité du chanteur.

Sam Cooke – Send Me

Et que dire de la Face B de ce second single ! Summertime revisité par celui qu’on appellera bientôt Mister Soul, prend des allures blues, onirique et sensuel. Janis Joplin ne s’en est pas encore emparé, mais les plus grands l’ont déjà fait. Rarement avec autant de sobriété, et d’intensité…

Sam Cooke – Summertime

Ses deux premiers albums illustrent principalement son talent d’interprète. Le troisième, publié en 1959, est un hommage adressé à Billie Holliday, quelques mois avant son décès. Il y piétine les plates bandes de Franck Sinatra, et démontre des qualités stupéfiantes de vocaliste jazz.

Sam Cooke – I Got a Right to Sing the Blues

Comme le King, son succès l’oblige à rejoindre les grands au sein de la maison de disques RCA Records. Paradoxalement, c’est un enregistrement inédit de son précédent label (Keen Records) qui lui procure son deuxième hit.

Wonderful World est composé par Lou Adler et Herb Alpert. Le titre place alors l’amour et les sentiments au-dessus de toute connaissance. Conscient d’être un exemple pour sa communauté, Sam Cooke le remanie afin de ne pas minimiser l’importance de l’éducation. Avec le temps, un charme suranné viendra s’ajouter à une mélodie déjà irrésistible, incitant cinéastes et publicistes à l’intégrer à leurs créations.

Sam Cooke – Wonderful World

Vous l’aurez compris, Sam Cooke commence à se forger une conscience sociale. Ses liens d’amitiés avec les sportifs Jim Brown, Mohamed Ali, et l’activiste Malcolm X, se consolident autour de la défense de la culture noire, et le besoin d’être enfin jugés sur leurs compétences et leurs valeurs. Tous les quatre ne peuvent se satisfaire de leur succès, si le reste de leurs frères n’en profitent pas.

Mohamed Ali & Sam Cooke
Mohamed Ali & Sam Cooke

Ils veulent se faire la voix d’une communauté opprimée, mais le militantisme va s’avérer une activité dangereuse, et difficilement conciliable avec leurs carrières respectives.

La soul du bagne

Le statut de star, encore plus dans le créneau pop, n’autorise que rarement l’engagement prononcé. Il faut alors gruger sur le texte, et détourner l’attention de l’auditeur, avec une chouette mélodie et un rythme entraînant…

En janvier 1960, Sam Cooke et son frère se trouvent dans un bus, en tournée dans le sud des Etats-Unis, lorsqu’ils tombent sur des prisonniers enchaînés. Ces derniers sont en train d’accomplir leurs travaux forcés en pleine chaleur. Evidemment, les trois quarts d’entre eux sont noirs…

Profitant de sa notoriété, Sam obtient l’autorisation des gardes, de pouvoir discuter avec ces hommes. Certains lui narrent les circonstances douteuses et le jugement expéditif qui les a conduits jusqu’ici. Navré de ne pouvoir leur offrir que des cartouches de cigarettes, il se met en tête de leur écrire une chanson. Aussitôt revenu dans les studios RCA de New York, Sam Cooke enregistre le troisième tube de sa carrière. Un titre aigre-doux, à la fois engagé et main stream, qui brille autant par sa somptueuse mélodie, que par son rythme tribal et cadencé.

Sam Cooke – Chain Gang

Ses thèmes easy-listening et quelques twists, ici et là, l’associent souvent au courant rock. Sam apprécie les chanteurs de charme comme Sinatra ou Belafonte, mais goûte également les rythmes endiablés de Elvis Presley ou Gene Vincent. Seulement voilà, contrairement à ses homologues, il n’est pas danseur. Sam Cooke est d’une élégance rare, mais peine à se mouvoir sur scène. Toute sa sensualité émane d’une voix enchanteresse, et d’une plastique capable de séduire toutes les communautés.

sam cooke

Qu’importe ! A une époque où le King est cadré au niveau de la taille lors de ses passages télévisés, Sam Cooke peut faire illusion. Surtout avec de telles compositions, puisées dans son admiration pour Jackie Wilson…

Sam Cooke – Twistin the Night Away

https://www.youtube.com/watch?v=jSoPeZMHMf4

De ses œuvres rythmées, émane une joie de vivre contagieuse, et sincère. Une pureté indicible, capable de chasser les pensées les plus sombres. Car l’homme savait les maux qu’enduraient ses auditeurs, durs à guérir. C’est aussi ça, la magie de Mister Soul

Sam Cooke – Everybody Loves to Cha Cha Cha

https://www.youtube.com/watch?v=87dEJ0IV-90

Et si vous avez perdu le fil ayant conduit la presse et le public à le baptiser Mister Soul, voici un échantillon de ce que sa voix prodigieuse pouvait produire. Pourvues d’arrangements façon Motown, ces compositions ont grandement influencé le futur fleuron de Stax Records, le fabuleux Otis Redding.

Sam Cooke – Soothe Me

Sam Cooke refuse de faire profil bas. Il roule en Ferrari, et s’affiche dans les grands restaurants. Pas pour provoquer le monde blanc, mais par goût pour le luxe. Il souhaite aussi démontrer qu’une star noire peut s’octroyer les mêmes privilèges que les blancs, dans un pays où l’argent est roi. Le chemin jusqu’à la réussite est assez difficile, sans qu’on y ajoute la honte d’y être parvenu. Sam picole un peu, mais n’a pas de réelle addiction. En fait, son seul travers, ce sont les femmes. Telle une rock star, Sam multiplie les relations extraconjugales.

Dans sa musique, son credo, qui peut parfois rendre son œuvre désuète, ce sont les ballades sucrées. Pourtant, à l’instar d’Elvis, il parvient toujours à sublimer les compositions les plus rudimentaires. Ses interprétations donnent du corps au texte, et sa voix agrémente la mélodie de subtiles variations.

Sam Cooke – Only Sixteen

En 1961, désirant s’émanciper des maisons de disques, Sam Cooke fonde son propre label, en compagnie de son ami, le musicien et producteur JW Alexander.

Bring it on Home to Me fait partie de ces Face B au destin heureux, et ayant supplanté leur envers. Having a Party connaîtra un certain succès, mais rien de comparable à ce choeur divin de gospel. Pour l’occasion, Sam Cooke renoue avec les harmonies de ses débuts, tout en conservant un message laïque.

Ce titre n’est qu’amour ! Un amour que Sam invite à venir se blottir contre lui. Comme cette ribambelle de musiciens et chanteurs venus l’épauler le jour de l’enregistrement, le 8 mai 1962. Des mots pacificateurs et une mélodie imparable, que The Animals, Van Morrison ou John Lennon, reprendront par la suite, avec passion et respect.

Sam Cooke – Bring it on Home to Me

Malgré les espoirs nés de la Marche de Washington, l’année 1963 est une année bien sombre pour Sam Cooke. Son fils Vincent (âgé de 18 mois) se noie dans la piscine. Inconsolable, il s’immerge plus que jamais dans la musique. Son mariage se détériore sous le coup du drame, et de ses infidélités.

Sam Cooke

Mais si Sam ne rentre plus chez lui, c’est moins en raison du regard réprobateur de sa femme que pour ne pas voir la piscine, près de l’entrée. Le chanteur vit une petite mort. Inévitablement, le blues refait surface…

Sam Cooke – Trouble Blues

Son onzième et dernier album, publié en février 1964, est peut-être le plus abouti. Rien d’étonnant, le 45T concédant peu à peu du terrain, au profit du LP. On est encore loin de l’album concept, mais Ain’t That Good News jouit d’une grande inspiration et d’une certaine cohérence. Six mois après le décès de son fils, le ton de ses compositions est de nouveau résolument optimiste. On peut même qualifier cet opus d’ode au bonheur

Le titre éponyme fait partie des créations majeures de Sam Cooke. Avec ses sonorités de l’ouest, on pourrait le croire à contre-emploi. En réalité, Sam détourne un vieux morceau de negro-spiritual, qu’il transforme intégralement au point d’en faire une composition originale. Un subtil mélange des musiques qu’il affectionne. Le tempo accrocheur et la rythmique au banjo campent une atmosphère country-blues, bientôt rejoints par les cuivres du jazz et du rythm & blues. De sa délicieuse voix médium, Sam Cooke évoque le retour de sa bien-aimée. On peut sentir la joie et l’impatience…

Sam Cooke – Ain’t That Good News

Il faut savoir que si Sam Cooke a grandi au son du gospel, et du jazz, ses oreilles sont constamment rivées sur les radios rock de Los Angeles. Pour le beat, et pour connaître les dernières tendances. D’ailleurs, la quasi-totalité de ses créations ont vu le jour sur une guitare folk.

Jusqu’ici, les accords acoustique disparaissaient fréquemment sous les cuivres. Sur ce dernier opus, ils restent perceptibles et soulignent le tempo, tout en allégeant le poids de la section rythmique. Derrière les fûts, on retrouve le batteur Hal Blaine, quelques mois avant qu’il ne rejoigne Phil Spector et les Ronettes.

Good Times est le tube de l’été 1964. Son refrain répété, sa mélodie chantée à l’unisson (avec Johnnie Taylor). Il projette l’auditeur dans sa jeunesse, à l’époque bénie de l’insouciance. Le texte pourrait être aisément celui d’un titre d’Elvis ou des Beatles, tant la thématique est semblable aux titres rock de cette époque :

” Il est peut-être une heure ou trois heures du matin
Le temps ne signifie pas grand-chose pour moi
Je ne sais depuis combien de temps, je ne me suis pas senti aussi bien
Alors, bébé, laissons les bons moments rouler
On va rester ici jusqu’à ce qu’on apaise nos âmes”

Sam Cooke – Good Times

Le titre qui suit, est écrit par Sam Cooke, alors qu’il est en tournée en Angleterre. Le motel dans lequel il loge lui interdit de recevoir des femmes dans sa chambre. “Another Saturday night and I ain’t got nobody”… Pas de quoi nous émouvoir compte tenu du nombre de ses conquêtes. Cet air, comme la majeure partie de ses grandes créations, invite à la célébration, à la danse. Au point qu’on imagine le chanteur, seul dans sa chambre, dans son costume et sa chemise amidonnée, effectuer la chorégraphie qui s’impose. Car la musique de Sam Cooke a le don de rendre les choses drôles et légères, telle une drogue douce gagnant lentement l’hypophyse…

Sam Cooke – Another Saturday Night

Quand Bob Dylan publie Blowin’ in the Wind, le 27 mai 1963, Sam Cooke est déjà au sommet de sa carrière. En l’entendant à la radio, il trouve le titre plutôt bon. En particulier le texte…

“How many roads must a man walk down
Combien de routes, un homme doit-il parcourir
Before you call him a man ?”
Avant que vous ne l’appeliez un homme ?

Sam Cooke est frappé en plein cœur par ces deux premiers vers. Il réalise que ces mots pourraient être… ou plutôt devraient être, ceux d’un homme noir. La frustration de ne pas l’avoir écrit l’emporte sur le plaisir de la découverte. C’est ainsi que va naître son chef d’oeuvre ultime.

Mais pour l’heure, Sam sait reconnaître une bonne chanson. Il n’hésite pas à reprendre cette protest-song, futur chant de ralliement des années 60, et pionnière d’une longue lignée. À la sauce gospel, le chant cynique et désabusé devient soudain fédérateur et contestataire. Deux ans plus tard, Otis Redding appliquera le même genre de traitement au Satisfaction des Rolling Stones.

Blowin’ in the Wind

Sam Cooke rêve d’écrire un titre exprimant la douleur du peuple noir-américain. Un titre engagé, dans lequel il décrirait ce que chacun vit au quotidien. Mais le monde du blues l’a déjà fait à maintes reprises. Sam souhaite y ajouter deux éléments qu’il maîtrise mieux que personne. Une belle mélodie, et une note positive.

Même s’il ne s’attaque pas directement à l’establishment américain, comme dans le titre de Dylan, on sait parfaitement qui est l’oppresseur, et où est l’opprimé…

“I go to the movie
Je vais au cinéma
And I go downtown
Et je vais en ville
Somebody keep telling me
Quelqu’un continue à me dire
Don’t hang around”
Ne traîne pas là

Paru en single juste après sa mort, ce second couplet est d’ailleurs censuré sur la première édition.

Ses interprétations rivalisent généralement de virtuosité. A Change is Gonna Come atteint une perfection quasi inhumaine. Et pourtant… Ce chant est chargé d’humanité, de souffrance, et d’impatience. Il sert d’ailleurs de musique d’ouverture aux discours du pasteur Martin Luther King.

“It’s been a long, long time coming
Ça fait un long, long moment que j’attends
But I know a change gonna come”
Mais je le sais, un changement va arriver

Le vent du changement. Le même souhait que celui émis par Dylan. Si ce n’est que Sam et son optimisme légendaire le prédisent de manière imminente. Il est là, tout près. Dans les hautes sphères où il évolue, il peut le vérifier au quotidien. Les mentalités avancent doucement, mais bientôt, il pourra goûter cette liberté légitime, tant désirée par sa communauté. Il verra la lutte s’achever, et le rêve de ses parents s’accomplir. Une lutte à laquelle il aura contribué, souvent dans l’ombre, et un rêve qu’il aura chéri de toutes ses forces et ses prières. Hélas, Sam Cooke ne vivra pas assez longtemps pour le voir.

Ça démarre comme un film hollywoodien, tambours et violons descendants. Puis la voix s’élève dans l’obscurité, comme une lueur d’espoir…

A Change is Gonna Come

En 1964, après avoir enrôlé de jeunes talents comme le pianiste Billy Preston (16 ans !), son label produit des artistes tels que Mel Carter, Johnnie Taylor, ou le groupe The Valentinos composé des frères Womack. Ces derniers composent le titre It’s All Over Now, dont les Rolling Stones feront leur premier tube. Surchargé de travail, et ne pouvant se consacrer pleinement à la musique, Sam Cook décide de prendre un manager. Il porte son choix sur Allen Klein. Sans doute sa plus grande erreur. Ce qui n’empêchera pas les Beatles et les Rolling Stones d’en faire autant. L’homme d’affaires lui fait signer un contrat léonin de cinq ans, dont il profitera bien au-delà de sa mort.

The Valentinos – It’s All Over Now

Le 11 décembre 1964, Sam Cooke est abattu par la tenacière d’un motel. Version officielle plus que contestable. Mais qui pouvait bien en vouloir à un homme pareil ? Le génie du mal, Allen Klein, manager dont il souhaitait se séparer et qui racheta par la suite à son épouse ses droits d’auteur pour la modeste somme de 50 milles dollars ? Ou bien le FBI, qui avait mis Sam sous surveillance ? La Mafia et ses liens avec le premier cité ? Cet article a pour but d’extraire un peu de la lumière émanant des oeuvres de Sam Cooke, si bien que je refuse de l’encombrer de sombres nuages liés à son assassinat. Simplement, comme le faisait remarquer Mohamed Ali :

“S’il s’agissait de Frank Sinatra, des Beatles, ou de Ricky Nelson, le FBI aurait ouvert une enquête.”

La disparition de Sam Cooke est développée plus longuement dans un article annexe de notre site, intitulé Sam Cooke, la mort mystérieuse d’une icône populaire.

En conclusion je vous invite à explorer l’œuvre ensoleillée de ce chanteur céleste. De Otis Redding à Al Green, de Eric Burdon à Rod Stewart, tous ont loué son influence, et son incommensurable talent. Sam Cooke était une source de bonheur. Il représentait le bon vieux temps du good time roll, des sorties en voiture, des surprises-parties. Sa voix symbolisait l’espoir et la béatitude. Aujourd’hui encore, elle résonne dans le cœur de celui qui l’écoute, comme la promesse d’un avenir meilleur.

Serge Debono

Did you enjoy this article?
Inscrivez-vous afin de recevoir par email nos nouveaux articles ainsi qu'un contenu Premium.