VAN HALEN – Van Halen

On y revient ? Allez : « OUIIIIIIII !!! » Ce premier album de Van Halen vaut bien qu’on s’y attarde, qu’on en « parle » et qu’on en reparle… jusqu’à ce que les platines arrêtent de tourner. « You Really Got Me », affirme le quatuor. De fait, we’re really got them grâce à cette reprise des Kinks et, sans conteste, par l’irrésistible attrait de leurs propres compositions, beautés exposées impudiquement à la concupiscence du plus grand nombre.
VAN HALEN – Runnin’ With The Devil
Van Halen dure exactement trente et une minutes / trente et une secondes ! L’inverse de ces enregistrements sans fin invitant aux bâillements, soixante-quinze minutes de « musique » imputables au format CD, du remplissage tout juste bon à être écouté en passant l’aspirateur. Globalement limitées à trois minutes plus ou moins quelques riffs, chaque titre bouscule l’auditeur, le provoque, affiche une structure au cordeau d’où rien ne dépasse : concision, efficacité, court-bouillon épicé, consommable sans supplément : dans l’instant.
Ain’t Talkin’ ‘Bout Love
Le son de la Frankenstrat d’Eddie Van Halen, guitare constituée à partir de moult éléments en provenance de moult consœurs, suivra le groupe tout au long de sa carrière ; même si l’instrument en lui-même évoluera dans le temps – constitution propre, micros et accastillage. Mais lorsqu’on parle d’un « son », outre l’outil qui le produit, il convient d’y associer celui ou celle qui le manie. En cela, Eddie promeut une technique spécifique bardée de tapping et de bends, tordeur de manche sans scrupule, master es vibrato. Maitrise aidant, la Franken’ plonge dans les graves, ondule du larsen, gribouille des cordes, entité quasiment animée d’une vie propre.
VAN HALEN – Atomic Punk
Suite à ce formidable manifeste de heavy rock à l’américaine – à « grand spectacle » – vendu à plus de dix millions d’exemplaires, le groupe décolle pour ne plus retomber. Il ne sera jamais plus efficace qu’avec l’inénarrable David Lee Roth au chant. Davantage showman que mélodiste, ses petits cris d’orfraie ponctuent régulièrement les saillies guitaristiques de son camarade six-cordiste.
Autre constante clairement identifiable chez Van Halen, le son percussif du duo basse / batterie, et plus particulièrement celui d’Alex VH à la conduite de ses nombreux fûts.
On Fire
One more time, on ne peut qu’encenser ce brûlot à l’efficacité sans faille, cet album tant novateur qu’initiateur d’un heavy rock métallisé à venir.
Le chroniqueur : « La critique d’Hervé Picart dans Best est dithyrambique – n° 133 d’août 1979 ? –, donne l’irrésistible envie d’acheter ce disque. Toujours au fait des nouveautés non négligeables, Pierre Chevalier, le disquaire mélomane, positionne en bonne place ce Van Halen sur son présentoir mural – cases de bois peintes en bleu qui recouvrent l’intégralité de deux des murs de l’échoppe : Music 2000. 1978, je vois Queen au Pavillon de Paris, Van Halen tourne à satiété sur mon électrophone Reader’s Digest… ».

2026, la Technics SL-1200 n’en fait toujours qu’une bouchée.
Thierry Dauge












