Thomas RAGGI – Masquerade

Thomas Raggi signe l’album Masquerade en décembre 2025… Est-il vraiment seul aux commandes de son projet solo ?
Un peu d’histoire…
Thomas Raggi est le guitariste du groupe Manesquin, formation italienne qui semble avoir été pensée pour lancer les projets solos de chacun de ses membres. Démonstration : En 2021, le quatuor gagne le concours de l’Eurovision, on fait plus « rock » dans le genre. En 2023, le single « The Loneliest » performe à l’international, truste le sommet de tous les classements radiophoniques de la planète. Il n’en fallait pas plus… Ou, plutôt, ils ont fait ce qu’il fallait. En mai 2025, le chanteur du groupe, Damiano David, quitte le navire et sort son premier long format, Funny Little Thing : succès ! Sept mois plus tard, Thomas Raggi suit un chemin similaire : pétard mouillé ?
Les musiciens en présence
Pour affirmer un côté « rebelle » au sujet, le caréner musclé, Masquerade est produit par Tom Morello, guitariste « créateur de sons » au sein de Rage Against The Machine (RATM) puis avec Audioslave – section rythmique de RATM accompagnée du phénoménal et regretté Chris Cornell, ex chanteur de Soundgarden.
Thomas RAGGI – Getcha!
Pour ce titre, on identifie Chad Smith à la batterie – Red Hot Chilly Peppers – Tom Morello à la guitare et Nic Cester au chant – chanteur / guitariste du groupe australien Jet (CF le single « Are You Gonna Be My Girl » extrait de l’album Get Born en 2003). Les riffs de « Getcha ! » rappellent Led Zeppelin saupoudré de RATM. Sur les couplets, le duo chant / batterie évoque Jack White en solo, paroles scandées à la Zack de la Rocha parcourues de scratchs. Le refrain est hyper mélodieux à l’image de certaines chansons de Jet. Le solo de guitare est typique de ceux lâchés par Tom Morello au sein de RATM.
Il s’agit d’un chouette morceau bardé de rythme et d’énergie. Il figure davantage comme l’œuvre d’un « super-groupe » que celle d’un artiste débutant sous son seul patronyme.
Keep The Pack
Pour « Keep The Pack », on retrouve Tom Morello à la guitare avec Matt Sorum aux fûts cette fois-ci – batteur de Guns ’N Roses. Raggi lui-même et au chant – difficile de définir qui joue quoi à la guitare rythmique entre Raggi et Morello. A nouveau, les riffs sonnent Zeppelin / Rage Against puis un aspect System Of A Down s’invite à la fête – notamment sur les parties chantées. Pour le solo, aucun doute ne subsiste, Morello est à l’ouvrage, les bidouillages sonores parcourus de Wah-Wah révèlent sa signature. A nouveau, l’ensemble diffuse une fragrance séduisante.
Thomas RAGGI – Lucy
Sur « Lucy », c’est au tour du binôme Soundgarden / Smashing Pumpkins de servir d’influences alors qu’avec « Cat Got Your Tongue » RATM et Linkin Park sont à l’honneur. Par contre et enfin, les interventions guitaristiques sont de Raggi, nous permettant de nous faire une idée sur ses qualités propres.
Au-delà d’une première écoute surprenante, rejouer ces chansons maintient l’envie d’y revenir, gage de constructions solides plutôt que de feux de paille.
Cat Got Your Tongue
Une sorte de power ballade est insérée entre ces saillies éprises de heavytude puis « The Ritz » vient confirmer la carrosserie bodybuildée globalement assumée – surprenant, le façonnage de ce morceau bisse The Offspring. Une reprise de « You Spin Me Round » chantée par Alex Kapranos – Leader de Franz Ferdinand –, initialement interprété par le « groupe » Dead Or Alive à destination des dance floor, apparait superfétatoire. Mais, bon, avec huit titres en tout, Masquerade devait sembler un peu « court » aux responsables du label Sony Music.
Thomas RAGGI – The Ritz
Suite d’une hype amorcée par Maneskin ou véritable début de carrière solo indépendant de la vague porteuse précédemment initiée ?
Masquerade présente indéniablement un profil appétant pour tous ceux et toutes celles qui aiment le « joli » bruit bien ébavuré, bien corseté, un poil voyou dans le texte, du genre à chromer la nuit. Même les amateurs de brutalité moins calibrée peuvent y trouver leur compte. Si les grands méchants loups du business ne le mangent pas, si la coke et l’héroïne ne le dessoudent pas, Thomas Raggi pourrait durer. Son premier essai discographique étant recommandable et recommandé, à lui d’en démontrer la volonté.
Thierry Dauge
Thomas RAGGI – Masquerade – Label : Sony Music Entertainment France – Déjà disponible.












