ARAB STRAP : I’m Totally Fine with It Don’t Give a Fuck Anymore (2024)

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Une boîte pleine d’angoisses et d’espoirs

 I'm Totally Fine with It Don't Give a Fuck Anymore par Arab Strap
Arab Strap : I’m Totally Fine with It Don’t Give a Fuck Anymore

Le duo écossais à géométrie variable Arab Strap propose depuis 1995 une musique mélancolique et urbaine, où se mêlent mauvais retour de bars et de whisky – forcément -, sexe ordinaire, mais aussi élévation – Baudelaire ! – compersion (Se réjouir du bonheur des autres…), et humour… Noir.
Musicalement, on pense à Nick Cave, The National, Tindersticks pour la voix grave et fatiguée d’Aidan Moffat et même à Cure pour les spirales parfois minimalistes de Malcolm Middleton à la basse, à la guitare ainsi qu’aux claviers sur lit de boîtes à rythmes et d’électro plus ou moins rudimentaire.
Séparé pendant une dizaine d’années, le tandem s’est retrouvé en 2016 et a créé en 2021 un 7e album, As Days Get Dark, une œuvre plus riche et plus complexe, une réussite complète.

Le duo Arab Strap
Arab Strap : Aidan Moffat et Malcom Middleton

Les deux complices reviennent cette année avec I’m Totally Fine with It Don’t Give a Fuck Anymore, un nouveau recueil de 12 titres enregistrés et produits par Paul Savage aux Chem 19 Studios près de Glasgow.
La batterie déstructurée et la fuzzbass du thème Allatonceness ouvrent cet LP. Le son plus agressif, augmenté de guitares saturées, est proche de ce que dégage Arab Strap en live. Et évidemment, l’on retrouve tout de suite ce parler / chanter de Moffat sur une litanie évoquant les réseaux sociaux, clin d’œil à la pochette.

Arab Strap – Allatonceness – I’m Totally Fine with It Don’t Give a Fuck Anymore (2024)

Le second extrait, Bliss, renoue avec l’électro pour exprimer notre solitude à nue dans ce bonheur à la fois civilisé et barbare que nous avons construit. Implacable et sensible.

Bliss

Sociometer Blues et Hide Your Fires dessinent des variations électromagnétiques de notre spleen façon danses urbaines tandis que Summer Season et Molehills ralentissent le tempo et posent des arrangements de cordes. Fin de la première face en vinyle.

Molehills

L’entame de cet autre côté, Strawberry Moon, rejoint les déchirures et les morsures discoïdes  de Allontonceness, et même plutôt vampiriques annonce la vidéo. De toute évidence, le découpage du disque suit les rituels des gars en concert, mélangeant décharges d’énergie, hochements de tête sur bpm et accalmies de confidences.

Strawberry Moon

Avec You’re Not There et Haven’t You Heard, Moffat et Middleton évoquent leurs créations antérieures d’Arab Strap, des ballades vénéneuses aux amours malheureuses. Mais les arrangements et les sons s’affichent plus amples qu’auparavant, dans la lignée du volume précédent.

Haven’t You Heard

Peu après, la complainte Safe Well atteint des sommets d’émotion dans le texte, la voix et le dépouillement acoustique. Une femme raconte son agonie et sa mort du Covid, seule, pendant que les voisins s’interrogent et que les courriers ou les mails s’accumulent. Au loin, des enfants jouent… Lou Reed n’est pas loin.

My last words unheard, my cold hand unheld
How long had it been since I drew my last breath?
But days must still dawn and coffers need swelled
The meeting of targets, unhindered by death
Demands overflowed while the seasons all turned
Bikes blocked my doorway all day
The gasman’s last warning faded and sunburned
Children and music still played…
My last words unheard, my cold hand unheld
How long had it been since I drew my last breath?
But days must still dawn and coffers need swelled
The meeting of targets, unhindered by death
Demands overflowed while the seasons all turned
Bikes blocked my doorway all day
The gasman’s last warning faded and sunburned
Children and music still played
But my neighbors could see, my neighbors could smell
They flicked away maggots and flies
They pled with our landlords, told all they could tell
Something, or someone had died
But nobody came…

Safe & Well

Enfin, Dreg Queen et Turn Off The Light referment cette boîte pleine d’angoisses et d’espoirs. L’une exprime à nouveau cette rédemption nécessaire après la chute, de toutes façons, nous ne pouvons pas couler plus bas. L’autre, la dernière du disque, salue celui ou celle qui est venu / e donner un sens à l’absurde, jusqu’à l’ivresse dans une apothéose sonique. C’est sûr, l’un des albums de 2024 !

Turn Off The Light

Bruno Polaroïd

Arab Strap : I’m Totally Fine with It Don’t Give a Fuck Anymore Rock Action Records – Disponible depuis le 10 Mai 2024

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