KAT ONOMA : The Animals

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Des noms à inventer

Kat Onoma
Kat Onoma dans les années 90

C’est par la télé – pas la radio – qu’on a connu ce drôle de groupe français avec un drôle de nom un jour de Janvier 90. Un grand gars équipé d’une guitare demi-caisse vermeille jouait des accords mineurs, tout en chantant d’une voix grave, une belle voix. Autour, les autres l’accompagnaient sur un tempo lancinant mais l’un d’eux parfois sortait des stridences free jazz de sa trompette. Il y avait une sensation de délicieuse mise en danger, à la fois classieuse et singulière. Tout les distinguait des autres gangs en France. La chanson ? Une histoire d’animaux. Et ce nom, Kat Onoma !

Kat Onoma – The Animals – Stock Phrases (1990)

All these years behind windows
With blind crosses sweeping the tables
And myself tracking over empty ground
Animals I never saw
I with no voice
Remembering names to invent for them
Will any come back will one
Saying yes
Saying look carefully yes
We will meet again

Kat Onoma : The Animals
Pochette du single The Animals de Kat Onoma

Puis on apprit que le quintet venait de l’Est, du côté de Strasbourg. Rassemblés pendant les années 80, sous l’appellation de Dernière Bande, autour du gars-là, le chanteur guitariste, Rodolphe Burger, à la batterie Pascal Benoit, le saxo mais aussi guitariste Philippe “Lamiral” Poirier, et Guy “Bix” Bickel, le zigue à la trompette. Rejoints par le bassiste Pierre Keyline, ils avaient adopté le patronyme de Kat Onoma en 86, du grec ancien signifiant avec malice ” Comme son nom l’indique “, et déjà une obsession : le non conformisme. Singulier qu’on vous disait…

Le groupe Kat Onoma
Kat Onoma

La suite, ce fut la découverte de l’album Stock Phrases, paru le 1r Janvier justement. Leur deuxième – après le bleuté et déjà convaincant Cupid en Janvier 88 -, à la pochette rouge de rouille, ses langueurs sombres, ses emportements ouatés, cette guitare sensible, presque intuitive, ce son de caisse claire qui claquait et toujours le grand qui racontait son blues électrique, les amours sanglantes de Lady M, ou citait les Lagarde et Michard du Rock, Come On Everybody de Cochran ou le Be Bop A Lula de Gene Vincent, mais en sautant des lignes…

Come On Everybody

D’ailleurs, ses mots, murmurés, révélés, Rodophe Burger préférait que d’autres les écrivent, Pierre Alferi, Olivier Cadiot, ou pour le morceau des animaux, le poète américain William S. Merwin. 

Lady M.

L’apparition scénique lors d’un festival à Lille en Juin 1991 – le 7 – fut aussi bien une incongruité qu’une révélation. Oui, même en plein soleil et en plein après-midi, les gars de Kat Onoma savaient remuer les foules venues là pour la Mano Negra par leurs titres crépusculaires et leurs mélodies troubles.
Surtout cette histoire d’animaux avec des noms à inventer.

Ps : D’autres merveilles suivront, mais la trompette de Guy “Bix” Bickel s’est tue définitivement le 18 Avril 2014.

Bruno Polaroïd

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