Axel Bauer : du Cargo à la lumière

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La culture se partage !

Voir les WHO en Live à 13 ans !

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Paris 1974. Franck Bauer dépose son fils Axel, 13 ans, devant l’entrée du parc des expositions, où doivent se produire The Who. Le jeune garçon, très impressionné mais animé par une force invisible et positive, parvient à se frayer un passage jusqu’à la scène. Les Who entrent en scène et attaquent leur set avec I can’t explain.

Pete Townshend plaque les accords avec la rage qui le caractérise, Keith Moon matraque ses fûts qui semblent se briser sous lui, Roger Daltrey entonne les premiers couplets sous les yeux de John Entwistle, impassible bassiste déroulant des lignes improbables sans oublier une seule note…

Axel est aux anges. C’est pour lui une révélation : il sera guitariste… comme Pete. Quelle sera sa stupéfaction, lorsqu’après avoir rencontré son idole Roger Daltrey sur un plateau télé, ce dernier enregistrera sur son album de 1987 Can’t wait to see the movie la reprise de Cargo de nuit (Take me on) !

Les Débuts

Axel Bauer naît le 7 avril 1961 à Paris. Son père, ancien batteur de Django Reinhardt, a fréquenté la scène jazz de l’époque. A ses côtés, Axel se forge très jeune une solide culture musicale à dominante anglo-saxonne.

Il s’essaie brièvement au piano mais sa passion pour la guitare est la plus forte. Adolescent, il fréquente les boîtes Rock de la capitale et monte son groupe : les Nightsbirds. Inscrit aux beaux-arts pour y développer sa seconde passion, le dessin, il abrège cette expérience et fait l’acquisition de sa première guitare, qu’il échangera ensuite contre une superbe Stratocaster. A cette époque, il loge dans une chambre de bonne qu’il finance grâce à de petits boulots de Roadie ou de machiniste. Il prend des cours de musique et travaille son instrument jour et nuit. Ecriture et composition viennent à lui naturellement…

CARGO DE NUIT

Au début des années 1980, le musicien rencontre Michel Eli, un parolier du label Mondiomusic Vogue. De leur collaboration va naître la chanson Cargo de nuit. En 1983, Axel Bauer déboule sur les écrans français, casquette, polo sexy et bretelles, dans un clip en noir et blanc signé Jean-Baptiste Mondino. La mise en scène soignée, conjuguée au charisme du jeune homme font mouche. Cargo de nuit marque les esprits du grand public. C’est un énorme succès commercial.

Succès et désillusion

Plus d’un million 500 mille copies se seraient écoulées rien qu’en France, mais c’est aussi le premier clip de chanson française à passer sur MTV. Le jeune chanteur, sans expérience, s’engouffre alors les bras ouverts dans une célébrité aussi inattendue que brutale, très difficile à gérer. Réduit à un produit marketing alors qu’il s’affirme authentique auteur-compositeur, Axel et son look atypique sont souvent moqués. Lors de son passage à l’émission Champs Élysée, sur le play back de Cargo, il brise avec difficulté sa guitare qui rebondit sur le plexiglas du plateau, sous l’œil un brin goguenard de Michel Drucker. Sa prestation est pourtant remarquée et tandis que la presse people en fait pour un temps un personnage décadent à la sexualité débridée, Axel se concentre sur un deuxième single, espérant reproduire à nouveau la performance.

Non seulement Phantasmes sera un échec cuisant, mais pour couronner le tout, Vogue, sa maison de disques fait faillite. Désemparé, Axel Bauer trouve son salue dans la fuite… le territoire British semblant lui offrir de nouveaux horizons.

EXIL

1987, Axel s’installe en Angleterre, patrie des Beatles, des Stones, des Clash et des Sex Pistols… À Londres, il réussit à séduire le prestigieux label EMI qui lui offre une signature exceptionnelle, ce qu’aucun artiste français n’était parvenu à réaliser outre manche. Au pays de la perfide Albion, les ” frenchies” intriguent et fascinent autant qu’ils agacent, éternels “Froggies” malfaisants… Certes il y a eu des exemples de réussite, J. J. Burnel redoutable bassiste des Stranglers, Anglais de naissance mais plus Normand que jamais puis Henri Padovani, guitariste Aixois d’origine Corse, Co- fondateur de The Police qu’il finit par plaquer, remplacé par le “So British” Andy Summers.

L’album Les Nouveaux Seigneurs paraît mais s’avère décevant nonobstant de bonnes critiques. Bauer s’en retourne à Paris pour signer avec le label Mercury / Universal.
1990, voit la sortie de l’album Sentinelles, un disque Rock où figure enfin un succès mérité. Le titre Éteins la lumière ira se classer 18e au Top 50 en 1992. Ce morceau au Riff puissant et dévastateur est enregistré live avec Axel à la guitare, le bassiste Britannique Phil Spalding et l’Américain Chuck Sabo aux fûts. Enfin du rock sur RTL 2…!! Dans la foulée, le guitariste entame une tournée et se produit en première partie de Bryan Adams à Bercy puis de Joe Cocker aux arènes de Vienne.

Axel Bauer : Eteins la lumière

Après le semi échec de l’album Simple mortel en 1998, Axel Bauer compose et réalise en 2001 la chanson J’ai rêvé de nous pour l’album À la vie, à la mort de Johnny Hallyday, qui deviendra disque de diamant avec plus d’un million d’exemplaires vendus.
La même année, sort l’album Achille rapidement rebaptisé Personne n’est parfait où figure le single À ma place en duo avec la chanteuse Zazie.

Depuis 2003, le chanteur a mûri, collaborant avec moult artistes et mettant en valeur ses talents de compositeur. En France, pays où le Rock n’est pas vraiment roi, on lui reconnaît volontiers le mérite d’avoir su construire sa carrière sans se détourner un seul instant de sa passion pour son instrument de prédilection: la guitare. Acoustique ou électrique, elle demeure omniprésente et à l’honneur sur l’ensemble de ses albums. Ses textes quant à eux, résonnent avec profondeur, équilibrant avec adresse et cohérence la langue de Molière à l’énergie du Rock’n’Roll.

Tout au long de ces années, Axel Bauer a su rester fidèle à l’inspiration des débuts. Mais il doit à nouveau prolonger son combat, cette fois contre la maladie, thème principal de sa chanson C’est malin.

Axel Bauer : c’est malin

Comme il le précise lors d’une interview :

“Il y a un caractère autobiographique, mais je n’ai pas eu à subir de traitement. Ce qui m’intéresse, c’est de raconter le moment où ta vie bascule, quand tu reçois une nouvelle aussi perturbante qui te montre que tu n’es pas invincible, qui te place face à un vrai choix de survie, de résistance là aussi”

Artiste sincère et authentique, guitariste émérite… Longue vie à toi Axel Bauer.

Louis. Giardina

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