« Noir c’est noir » : Johnny Hallyday faillit ne pas l’enregistrer…

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Johnny Hallyday – Un tube qui lui colla à la peau…

… mais qu’il faillit ne pas enregistrer !

Noir c’est noir, adaptation de “Black is black” pour Johnny Hallyday est sortie plus de six mois après la version originale par los Bravos. Les paroles françaises sont signées Georges Aber, qui a mis ses propres rancœurs dans son texte. Enfant, il a souffert de l’occupation allemande, puis du pensionnat. Monté à Paris, il a connu les vaches maigres, comme tous les artistes qui n’arrivent pas à s’imposer. Dans “Noir c’est noir”, face à un monde qui lui semble impitoyable, il hurle sa colère… par artiste interposé!

Georges Aber indique que Noir c’est noir est le dernier titre de l’album enregistré, donc il y en avait dix ou onze autres disponibles:

“Je me souviens de Johnny, à l’été 66 (…) Il me communiquait ses idées noires et je les écrivais. Alors que nous allions quitter définitivement le studio londonien, je suis allé voir Jojo en lui disant, très énergiquement, que j’avais absolument besoin qu’il enregistre cette chanson, car j’avais passé huit jours avec lui pour rien, que je n’en pouvais plus car je n’avais écrit qu’un seul titre… et c’était le seul qui n’avait pas été enregistré”

(ce qui n’est pas tout à fait exact, car Aber, sur l’album “Génération perdue”, signe également Le Jeu que tu joues).

Pour Johnny Hallyday aussi, la période est très noire.

A cela, trois raisons. Alors âgé de 23 ans, l’artiste est en pleine dépression : ennuis d’argent, à cause du fisc qui lui réclame jusqu’à sa dernière chemise (il a en tant déjà jetées, trempées de sueur, à son public envoûté)… peines de coeur (Sylvie parle de plus en plus de divorce, et la naissance de leur fils David n’empêchera pas la rupture).

Johnny, enfin,constate que depuis deux ans, ses ventes de disques ont sensiblement chuté.

Johnny HALLYDAY
Johnny HALLYDAY

Est-il toujours l’idole des jeunes ?

Ce que l’on retient de “Noir c’est noir”, c’est son contexte. Le 10 septembre 1966, chez lui, à Neuilly-sur-Seine, il s’enferme dans la salle de bains, se taillade les veines, avale des barbituriques accompagnés d’eau de Cologne. Il sera heureusement sauvé à temps à l’hôpital Lariboisière.

Un coup de fouet dans sa carrière, bien malgré lui

Dans l’urgence, sa maison de disque publie “Noir c’est noir” qui grimpe immédiatement au sommet du hit-parade. Les grincheux n’ont pas manqué de dire que Johnny s’était payé un joli coup de publicité. Le tragique évènement, médiatisé, a donné un sérieux coup de fouet à sa carrière. Mais c’est surtout la véracité de ce texte, qui colle à la peau de Johnny, qui fait de “Noir c’est noir” un tube inoubliable… Signalons qu’en tournée en Afrique du Sud, pays de l’apartheid, Johnny modifia les paroles de sa chanson. Celle-ci pour une seule fois, devint “Blanc c’est blanc”.

L’histoire de ce hit (et de 500 autres !) figure dans le livre ANTHOLOGIE DES TUBES ROCK Soixante ans de musique pour les kids et dans HALLYDAY EN 367 REPRISES Où Johnny a-t-il puisé son inspiration ? .

Daniel Lesueur

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