La culture se partage !

40 ans après, comme si nous y étions !

12 Octobre 1981, The Cure arrive à Lille, ville étape de la tournée française de l’album « Faith ». Le Palais St Sauveur n’affiche pas complet, ce n’est pas encore la Curemania, mais il y a du monde quand même. Les trois LP des Anglais, ( Three Imaginary Boys, Seventeen Seconds et Faith) circulent sur K7 entre amis. Pour beaucoup, c’est leur premier concert de Cure.

En prémices, le groupe fait projeter sur deux écrans autour de la batterie un film d’animation, Carnage Visors, réalisé par Ric Gallup, le frangin du bassiste. La musique, intrigante, de Cure évidemment. C’est déjà étrange et déconcertant…

Puis le trio apparaît. Robert Smith, guitare (Fender Jazzmaster) / synthé est à gauche, Lol Tolhurst, batterie, au centre, et Simon Gallup, basse (Fender Precision) / synthé / circonvolutions, à droite. Look dandy hérité du punk, cheveux vaguement hérissés, les oripeaux gothiques viendront ensuite.

Quant aux éclairages, ils privilégient les clairs-obscurs…

Ouverture : « The Holy Hour » de l’album « Faith ».

D’emblée, le son surprend. Pourtant en trio et avec une approche minimaliste, les gars occupent amplement l’espace, jouant aussi avec le vide et le silence. La basse avec flanger de Gallup en avant, la batterie métronomique et parfois électronique de Tolhurst, et Smith, d’abord au synthé, puis à la guitare et au chant, avec cette voix unique. Tout est différent dans ce groupe.

robert smith the cure faith live 1981

« The Drowning Man » ou le Spleen version Cure.

Le public frémit lors des descentes de basse et de guitare. Emotion. Le trio enchaîne finement avec 10.15 Saturday Night et Accuracy, deux vignettes du premier album, à la pochette ménagère, déjà une autre époque. Solo de Fender avec distorsion sur 10.15. Robert Smith, modestement, dira souvent qu’avec le final de A Forest, il n’est pas capable de faire mieux… Ça commence à pogoter devant la scène, pas pour longtemps. Nappes de synthé, The Funeral Party. Oraison funèbre. Les gars alternent grisailles mélancoliques et punkeries néo-pop.

The Cure Live à Lille : 12 octobre 81 – Part I

On ne le dit pas assez, The Cure est un grand groupe de scène, généreux dans la durée des sets, et de ceux qui dépassent les limites des titres figés sur disque. Ainsi, At Night du deuxième album est transfiguré. Simon Gallup assure à la fois la basse en fuzz et les chorus de synthé. Le morceau monte vers un crescendo harmonique inattendu et Gallup conclut par un solo de fuzzbass. Avec JJ Burnel / The Stranglers (Son modèle), Peter Hook / Joy Division, et Steven Severin / The Banshees, il invente la basse New Wave.

Live 1981 Lille – Part II

Longue intro, synthé, arpèges de guitare, boucle rythmique : A Forest. Là, ça bouge partout dans la salle car c’est déjà un titre phare. Après un «Again and again and again…» frénétique de Smith, son solo tout en flanger est incroyable, tellement nouveau. Et alors qu’il semble jouer les dernières notes, Lol Tolhurst reprend le tempo à la batterie pour une rallonge inespérée. Superbe !

En final, Faith: toute la salle décolle. Il ne reste que la foi, la messe est dite. Non. Rappel enthousiaste des Lillois. Le groupe revient, retour en 1979 ! Grinding Halt puis Killing An Arab survoltés. C’est sûr, Camus pogote entre le lampadaire et le frigo. Smith égrène quelques notes, voix en écho, breaks de basse et de batterie, Forever, une impro sur l’un des thèmes de Seventeen Seconds. Le son plus dur, saturé, annonce déjà d’autres noirceurs …

Fin, plus d’1h30 de set. Pas mal pour un premier concert de Cure !

Bruno Polaroïd

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