Paint it Black des Rolling Stones – Aftermarth printemps 1966

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Paint it, Black…

Paint it, Black des Rolling Stones est numéro un des ventes de singles le 26 mai 1966. Le titre est sorti 19 jours plus tôt le 7 mai 1966 au Royaume-Uni et le 13 mai aux Etats-Unis. « Paint it, Black » apparaîtra en juin sur la version américaine de l’album Aftermath. Une petite histoire fait état du rajout de la virgule à son titre, à l’époque imposée par leur manager Andrew Loog Oldham, et qui a pour conséquence de changer potentiellement le sens originel. On passe de « Peins ça en noir » à « Peins ça, noir ».

Heureusement, la polémique est depuis longtemps dissoute dans les affres de l’histoire et de l’actu people.

«Ne me demandez pas à quoi sert la virgule du titre, il faut poser la question à Decca»
Keith Richards

the rolling stones-paint it black

Lors de l’enregistrement, Bill Wyman joue de l’orgue, Charlie Watts est aux drums façon orientales, Brian Jones au sitar, et tandis que le riff de guitare est tenu par Keith Richards, Jagger assure le chant.

Cet titre culte des Stones raconte en vérité l’histoire d’une dépression amoureuse. Tout au long de la chanson, Jagger y décrit l’aura et les états d’âmes d’un personnage profondément sombre. L’idée de la contamination mentale est évidente : tout peindre en noir afin de mieux assortir le monde à son humeur.

Un texte qui n’a d’ailleurs que peu de points communs avec la reprise enregistrée par Marie Laforêt en 1966.

« Marie douceur c’est ainsi que tu me surnommes
Tu crois bien sûr me connaître mieux que personne
Marie colère existe aussi, fais bien attention !
Je te l’ai déjà dit cent mille fois sur tous les tons »

Marie douceur, Marie colère : une chanson qui a longtemps alimenté la polémique. Si certains puristes ont pu dénoncer le « scandale » de la transmutation du texte des Stones, d’autres n’ont pas manqué d’apprécier l’interprétation plutôt « virile » de Marie Laforêt. Michel Jourdan, son parolier attitré, signe cette adaptation non conventionnelle…  bien éloignée du texte original écrit par Jagger.

Marie Laforêt : Paint it Black

Paint it Black et la guerre du Vietnam

A cette époque où la presse américaine diffuse les images marquantes des GI’S blessés, les premiers mouvements pacifistes opposés à la guerre du Vietnam s’emparent de la chanson tel un symbole.

Une signification qui se dédoublera quelques années plus tard. En 1987, la chanson est utilisée à la fin du générique du film de Stanley Kubrick: Full Metal Jacket. Elle s’inscrit alors dans l’inconscient collectif comme un emblème du malaise d’une Amérique enlisée par son engagement dans la guerre du Vietnam.

Rolling Stones : Paint it black

Troisième plus gros succès des Rolling Stones, Paint it, Black est devenu un titre culte pour nos vieux briscards du Rock’n’Roll.

John Lennon ira jusqu’à dire qu’ il s’agit de l’une des chansons les mieux écrites du 20ième siècle… et pour le Melody Maker, cette chanson est une « flamboyante foire raga-rock » !

Marque d’érudition, Jagger prendra soin d’y insérer une phrase inspirée de l’Ulysse de l’écrivain irlandais James Joyce : « I have to turn my head until my darkness goes » (Je détourne mon regard, jusqu’à ce que mes ténèbres s’en aillent). Et là, pour le coup… les Stones nous ont bien roulés !

Parmi les innombrables reprises, soulignons l’excellente version des Flamin’ Groovies en 1978 sur l’album Now

Nanette Worman, ex-compagne de Johnny Hallyday et choriste interprétera également une version en Français dans le texte…

Auguste Marshal