The Clash et Roxy Music : Pop and Rock around 1982

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The Clash et Roxy Music : Pop and Rock around 1982

Joe strummer Pop and Rock around 1982 the clash combat rock
The Clash : Combat Rock – Roxy Music : Avalon

Mai 1982

Sur la pochette de Combat rock, plus personne ne toise l’objectif à part Joe Strummer… mais ça n’est que d’un œil. La vie en tournée, les turpitudes internes, les dissensions commencent à poindre et Mick Jones n’en a plus pour très longtemps d’être un Magnificent Four.

Pour Roxy Music, c’est la fin de règne qui approche. Pourquoi Bryan Ferry s’encombrerait-il d’autres musiciens alors qu’il peut se permettre d’œuvrer en solo? Devenu sa « chose », le groupe expose déjà dans Avalon ce que le chanteur proposera bientôt sous sa propre griffe. Mais au-delà de ces considérations individuelles, en 1982, les deux formations usinent ce qu’on peut faire de mieux.

The CLASH – Rock the casbah

ROXY MUSIC – Avalon

Dandysme pop chez l’Ancien, rock rugueux chez le Nouveau qui, pourtant, n’en est déjà plus un. Le punk de chez punk s’en est allé aussi bien que l’expérimentation chère à Brian Eno. Nonobstant, musicalement opposés, nappes de synthé contre guitares affûtées, les deux groupes se retrouvent sur un point, la certitude qu’il n’y aura pas de lendemain, en tous cas sous cette forme. Voilà pourquoi, lâchant leurs dernières escouades à l’assaut d’un public offert, ces albums sont si pleins de vitalité, de celle qui raviverait un régiment de zombis en mal d’énergie.

ROXY MUSIC – More than this

The CLASH – Should I stay or should I go

Cette année-là, vexée, la concurrence envoie du « lourd » : Michael JacksonThriller, Dire Straits Love over gold, The Cure Pornography, Duran Duran – Rio, Iron MaidenThe number of the beast, pendant que le cadavre de Led Zeppelin s’offre une ultime tumescence avec Coda.

Pop and Rock around 1982

Pas impressionné pour autant, Roxy Music fourbit sa pop rutilante aux formes gainées de soie, parée de perles, d’opalescences. Les tops modèles suivent ses mélodies musquées les yeux mi-clos, tels des mustélidés le joueur de flûte de Hamelin. En face, les quatre cavaliers du rock ont revêtu des treillis, taillé leurs instruments dans le bois le plus dur, celui qui sonne l’assaut final, les textes rappelant que, sous Thatcher, le prolétariat n’a pas baissé les bras.

The CLASH – Know your rights

ROXY MUSIC – Take a chance with me

En France, l’actualité alterne sourire et triste mine, de la cinquième semaine de congés payés aux attentats des rues Marbœuf et des Rosiers. Et puis, inconsolable, le pays tout entier assassine en pensée Harald Schumacher, goal de l’équipe d’Allemagne qui empêche la bande à Platini de jouer le finale es Copa Del Mondo de futebol en Espagne.

Les amateurs mélomanes, quant à eux, n’en n’ont cure, leurs champions ramonant les amygdales des deux genres musicaux qui les transcendent : la pop et le rock. Du night clubbing au pogo, 1982 « clashait» des « music » sans défauts.

Thierry Dauge