The POLICE – Les débuts avec Henry Padovani

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Les débuts 1977

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The Police, un groupe qui a laissé une empreinte de choix dans le rock des années 80. Malgré une fin de carrière dirigée vers un son de plus en plus commercial, il est bon de se rappeler ce qu’était le groupe à ses débuts. Police, c’était un rock sec et tranché, porté par des musiciens de taille et un chanteur/bassiste doté d’une couleur vocale remarquable. Le son Police des débuts était lié à cette énergie puissante, hargneuse et profondément rock, dont témoignent encore les vidéos Live.

The Police – Fall out

Police n’a pas toujours été un trio

Le groupe se forme en 1976 en pleine effervescence du mouvement punk autour de la rencontre entre le batteur américain Stewart Copeland, le guitariste corse Henry Padovani et le bassiste chanteur anglais Gordon Sumner.

Sumner se fait déjà appelé Sting (la piqûre ou le dard). Un surnom hérité de ses tenues vestimentaires effilées et surtout d’un pull over fétiche noir et jaune qui lui donnait paraît-il, l’allure d’une abeille.

Sting aborde d’ailleurs avec humour cette période des débuts dans  le documentaire de 2016 « Rock’n roll of… Corse ! » de Lionel Guedj et Stéphane Bébert :

«C’était des gens comme ça, en pantalon cuir et lunettes noires. Henry et Stewart avaient l’air sauvages en vestes de cuir. Moi le gamin de Newcastle, je ne comprenais rien…»

La première répétition du groupe a lieu le 12 janvier 1977. Henry Padovani, premier guitariste du groupe, raconte :

«Police, ce n’était pas gagné au départ : en plein mouvement punk, c’est le début des Clash notamment, un ex-bassiste de jazz-rock et un ex-batteur de musique planante…»

Le 12 février 1977, Stewart Copeland, Henry Padovani, et le nouveau venu Gordon Matthew Sumner aujourd’hui connu sous le nom de #STING, posent leurs valises au Pathway Recording Studios, un petit studio huit pistes londonien. C’est là qu’ils enregistrent leurs deux premiers morceaux : « Fall Out » et « Nothing Achieving » en auto-production pour la modique somme de $150. (source S.Copeland Facebook).

En mai 1977, le single sort en auto-production sous le label Illegal. Pas de gros moyens, pas de promo tape-à-l’œil, juste un son brut et une énergie qui semble annoncer un futur prometteur pour le trio !

Andy Summers, présenté à Sting et Copeland par l’intermédiaire du bassiste de Gong, Mike Howlett, rejoint finalement le groupe, mais dans l’idée de détrôner de son poste le guitariste originel… Deux concerts auront suffi.  Le Festival Punk de Mont de Marsan, aux côté de The Clash, des Damned, Eddie and the Hot Rods, Dr Feelgood, Bijou… est sans doute le coup de trop pour Padovani. Il jette l’éponge, laissant à nouveau le groupe à l’état de Trio et dans sa forme définitive.

Bien que le talent et l’apport technique d’Andy Summers soient incontestables, ce premier single brille surtout par son énergie primaire, plus brute et sauvage. Sans fioritures, direct et puissant, : un aperçu de la direction que le groupe aurait pu prendre… un son plus punk, plus raw, loin des envolées sophistiquées de leurs futurs succès.

Festival Punk de Mont de Marsan

Rappelons également que dix ans séparaient les deux guitaristes, et leurs caractères et leurs influences divergeaient. Alors que Padovani était plus proche de l’énergie du mouvement punk, Andy Summers affirmait ses qualités de guitariste technique chevronné.

Sa longue expérience de musicien de studio, son esthétique de la perfection musicale et son professionnalisme entraîneront un relationnel conflictuel.

Henry Padovani se souvient:

« On avait monté Police mais ça ne marchait pas trop. Et puis, Andy nous rejoint pour un premier concert à Londres. Pour le second concert à quatre on joue au festival de Mont-de-Marsan. On est super contents d’être là, c’est l’euphorie mais ça ne se passe pas bien avec Andy. Il a dix ans de plus que nous, il est d’avantage musicien de studio que punk et je le trouve… chiant ».

Le 12 août 1977, le guitariste Corse quitte définitivement le groupe :

«Il fallait que je quitte le groupe pour qu’ils puissent continuer. Sur le moment, c’est comme en amour, on se dit qu’on va trouver mieux.»

Fin de l’histoire première période, tout du moins avec Henry Padovani. Ce dernier continue alors  brillamment sa carrière avec Wayne County and The Electric Chairs, puis aux côtés de KimWild. On le retrouve également toujours dans le milieu musical, directeur puis vice-président de IRS Records. (Le label de Miles Copeland, frère de Stewart Copeland et manager de The Police). Ensemble, ils vont s’occuper du lancement de la carrière de R.E.M., des Go-Go’s, Lords of the New Church, Fleshtones, Cramps, The Bangles… Sans rancune, Padovani  remontera sur scène au stade de France en 2007 en compagnie de ses 3 ex-compères, à l’occasion de la reformation de Police.

Ce changement de Line Up définitif marque un tournant décisif dans l’évolution du groupe. Le premier single Fall Out, sorti le 1er mai 1977, est l’unique témoignage studio de cette configuration.

The Police – Live 1977 avec Henri Padovani

Outlandos D’Amour, le premier album de Police est enregistré en 1978. Le disque sort au départ sous de mauvais auspices, puisque les singles Roxanne et Can’t stand loosing you sont d’emblée censurés par la BBC. Le premier parle d’une prostituée, le second aborde le thème d’un suicide. Boudé par le Royaume Unis, le succès de Police arrive par la petite porte, notamment grâce à une tournée aux Etats-Unis. Ian Copeland l’organise sans l’aide financière de la maison de disques et fait le forcing auprès des radios locales et disk-jockey afin d’obtenir une couverture médiatique. Les résultats arrivent aux oreilles de leur maison de disques qui se décide enfin en novembre 1978 à sortir leur premier album Outlandos d’Amour.

Auguste Marshal

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