The Opposition, le retour impensable avec… Dominique A

The Opposition : (Re)naissance d'un groupe indispensable

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(Re)naissance d’un groupe indispensable

The Opposition
The Opposition – Somewhere in Between (2018)

Un groupe anglais quasi inconnu fait un carton en France, bien aidé par Marc Cédat toujours aux commandes, et alentours, ce n’est pas courant. Nul n’est prophète en son pays, un dicton qui s’applique particulièrement à eux.

Marcus Long (chant, guitares), Ralph Hall (batterie) et Marcus Bell (basse) viennent des prémices des eighties, du côté de la cold wave, rien d’original à priori. Et pourtant, les deux premiers albums sont époustouflants, issant le milieu très haut, au point que Intimacy le second opus, fut comparé par certains dont votre serviteur, au Pornography des Cure. Bon, l’album est juste sorti quelque mois plus tard, ok, mais la comparaison ne s’arrête pas là. Nous sommes en 1982, 1983.

Imaginez-vous, le casque sur les oreilles, enchaînant ces deux opus venus d’ailleurs. Vous ne saurez plus jamais où vous habitez. Je sais, j’ai testé. Avec d’autres groupes encore mais c’est un autre sujet.

Deux autres galettes suivront en 1984 et 1985, mieux produites sans doute, plus percutantes (Promises, Empire Days), mais sans succès supplémentaire. Inexplicable, sauf une mauvaise communication auprès des radios locales (ou pas).

The Opposition – Big Room, Small View

Un nouvel album en 2018

Dès lors le groupe va se fissurer et Ralph Hall remballe ses baguettes. C’est à deux qu’ils vont proposer Blue Alice Blue en 1990 et War Begins at Home en 1994, plus intimes moins cold wave, pas désagréables mais trop discrets malgré tout.

Il va falloir attendre près d’un quart de siècle pour que The Opposition renaisse de ses cendres. Cela peut paraître incroyable aujourd’hui et votre chroniqueur a du mal encore. D’Autant que Marcus Bell est décédé entre temps. Et pourtant, elle est belle et bien là cette résurrection. Ralph Hall a repris sa batterie, Mark Long, sa voix moins performante mais son jeu de guitare aussi acéré. Ils osent même sortir un nouvel album tout-à-fait acceptable, un peu plus pop rock à l’exception du titre de l’album Somewhere in Between qui colle le frisson du souvenir. Bernard Husbands a remplacé le défunt Marcus Bell à la basse et Ralph Hall ne souhaitera pas partir de nouveau en tournée.

The Opposition – In the Heart (Mark Long, à droite sur la pochette)

Un formidable concert à Nantes en décembre 2019

C’est en quatuor qu’ils vont partir en légère tournée pour se tester. D’abord en Pologne, puis un retour inévitable en France. A Longlaville entre autres avec à la batterie David Beckett, un « petit jeune » qui frappe comme un sourd mais juste, et Nico Watts à la guitare rythmique.

Leur set de base ne laisse aucune chance à ceux qui ne les connaîtraient pas. Une moitié du nouvel album et le reste à l’ancienne et que du bon. L’apogée de cette tournée va aboutir à Nantes le 14 décembre dernier avec un concert dantesque.

Un invité incroyable et obligé

Nantes, le 14 décembre donc, au Stereolux. Dans le cadre de la soirée « Les Rockeurs ont du Cœur » (qui en doutait ?), le groupe est invité et débute leur set par trois titres énormes des années 80 en provenance de leurs deux premiers albums : « In My Eye », « New Homes », « Lifes Blood ». Et puis se produit l’improbable : Mark Long indique qu’il invite un « ami » pour la suite du concert. Et ce n’est pas n’importe qui. Il est du coin. Apparaît alors… Dominique A, ni plus ni moins. Il prend sa guitare et c’est parti pour un « Somewhere in Between » ou il prend lui-même le solo tout en assurant le chœur. Énorme !…

La suite, culturesco vous le fait découvrir. intégralement. Juste une chose : Dominique A a toujours adoré cette période. Il peut enfin le démontrer et c’est pas triste, pas du tout.

The Opposition avec Dominique A – Nantes, 14 décembre 2019

J’allais oublier, shame on me !, tout ce que le groupe doit au producteur Kenny Jones (qui a travaillé avec Bauhaus, Dead Can Dance, The Smiths, Billy Bragg, Björk…)qui les suit depuis leurs débuts.

Patrick Bénard