1785 – 1787 : la révolution qui lève

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Quatrième tome de la saga « Les Hommes de la liberté »

Le livre de CLAUDE MANCERON mérite d’être relu aujourd’hui. Dans un contexte que certains ont parfois tendance à exprimer confusément tant l’époque les exaspère, il est bon de se replonger dans l’Histoire… et plus particulièrement vers 1785, lorsque la population française, à beaucoup d’égards, ressemblait à celle de 2018 :

Premières audaces, premières révoltes : la « révolte à deux sous », les cahiers de doléance… La détermination se renforce au fil des espoirs déçus et des occasions ratées qui s’accumulent autour d’un roi qui s’effondre.

Le vieux monde n’en a plus pour longtemps ; les hommes nouveaux sont prêts…

L’histoire de la Révolution française met en évidence l’enchaînement de crises fiscales et monétaires qui ont conduit de l’Ancien régime à Thermidor. Les assignats y tiennent le premier rôle. Censés faciliter la réalisation des biens du clergé, ils ont fini par devenir l’unique ressource du Trésor. Mais leur prolifération, en entraînant la chute de leur valeur, a provoqué une terrible crise des subsistances. Ceux qui en furent les victimes, ne comprenant pas la cause réelle de leurs souffrances, l’attribuèrent aux agissements des aristocrates que seul l’échafaud semblait en mesure d’empêcher de nuire.

Des gilets jaunes lisents une letre à Macron

« La Révolution qui lève » (1785-1787). « Le Sang de la Bastille » (1787-1789). Les deux derniers épisodes de la grande fresque historique « Les Hommes de la liberté ».

La Révolution qui lève.

Février 1785. Une fille de joie qui se fait passer pour la reine de France, une aventurière qui vole une fortune en diamants, un cardinal de France roulé comme un vulgaire petit bourgeois… Tandis que l’Affaire du collier de la reine distille son poison, les « hommes de la liberté » – Mirabeau, Robespierre, Saint-Just, Sade, Brissot, Mme Roland… – puisent dans leur colère des mots aiguisés comme des lames.

La révolution française

Elle commence le 29 décembre 1786 sur les cinq heures du soir, à l’heure où les valets posent les bougies allumées au grand cabinet du Roi devant le conseil des dépêches ; c’est d’abord une révolution monarchique. La petite chiquenaude…
Le procès-verbal (exceptionnel), rédigé après coup en préambule de la convocation des notables, est empreint d’une solennité inhabituelle, comme si Calonne, en dictant, avait tout de même eu conscience d’écrire là une sacrée première page.

« L’an de grâce mil sept cent quatre-vingt-six, du règne de Louis XVI, roi de France et de Navarre, le treizième, le vendredi 29 décembre, à l’issue du conseil des dépêches, Sa Majesté a déclaré que son intention était de convoquer une assemblée composée de personnes de diverses conditions des plus qualifiées de son Etat, pour leur communiquer les vues qu’elle se propose pour le soulagement de son peuple, l’ordre de ses finances, et la réformation de plusieurs abus. »

toute ressemblance avec des personnages contemporains ne serait-elle que fortuite ?
Claude Manceron

Daniel Lesueur – Culturesco