REBEL YELL, le standard sauvage de Billy Idol et Steve Stevens

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Un orgasme rock au milieu des 80’s

Rebel Yell

Rebel Yell de Billy Idol… Si le peroxydé anglo-américain s’est fait une place dans l’histoire du rock, c’est d’abord en raison de ses débuts au sein du groupe Generation X. On pourrait ajouter son appartenance au légendaire Bromley Contingent (fan club des Sex Pistols). Son look et sa voix. Mais si Billy Idol n’est pas oublié des tablettes, c’est surtout en raison de son succès durant la décennie 80. Une période durant laquelle il a emprunté aux sonorités synthétiques, sans pour autant se détourner totalement de la sensualité sauvage du rock. Délivrant même avec Rebel Yell, un pur standard du genre.

Rebel Yell

Tout respire le rock’n’roll dans cette histoire. Publié le 21 février 1983, et figurant sur l’album du même titre (paru en novembre), Rebel Yell que l’on peut traduire par “cri rebelle”, est inspiré à Billy Idol par une soirée passée avec les Rolling Stones. En effet, Keith Richards est un adepte du Rebel Yell, un excellent bourbon du Kentucky. En voyant les membres du groupe se passer la bouteille, Billy songe que ce nom ferait un excellent titre.

Sexe et Guitare

Il décide donc d’articuler un texte autour de l’expression “rebel yell”. Pas la marque de bourbon, mais bien son sens d’origine. Comme souvent avec l’étalon peroxydé, les paroles évoquent une nuit de sexe animal, épique et glorieuse, exaltée par son chant de crooner viril et les grognements fauves. L’histoire d’un coup d’enfer insatiable, venu toquer à la porte de ce cher Billy autour de minuit. Notons que le single Flesh for Fantasy, figurant lui aussi sur l’album Rebel Yell, et contenant la même verve libidineuse, a connu un succès similaire en son temps.

Steven Bruce Schneider, plus connu sous le nom de Steve Stevens, guitariste et binôme indéboulonnable du chanteur, est l’auteur de la partie instrumentale de Rebel Yell. Durant les années 80, le talent indéniable de Eddie Van Halen, Joe Satriani ou Steve Vai se perd dans des prouesses ostentatoires, où le mot “performance” rime souvent avec “vitesse”. Steve Stevens est sans doute moins impressionnant sur le manche, mais possède la rigueur d’un guitariste de session, un feeling flattant chaque note, et un toucher aussi sauvage et sensuel que le chant de Billy Idol. Rebel Yell en est une parfaite illustration.

Steve Stevens & Billy Idol

Un riff de guitare aussi simple qu’accrocheur. De sublimes arrangements et des variations aussi jubilatoires qu’entraînantes. Quant à l’intro, très reconnaissable avec ses sonorités new wave, si elle semble doublée par le synthétiseur présent sur l’instrumental, elle est en réalité uniquement jouée à la guitare. Subterfuge habilement dissimulé par la technique en pincé de Steve Stevens.

Enfin, cerise rock sur le gâteau, c’est à New York, dans les studios Electric Ladyland que le titre Rebel Yell voit le jour. Un studio légendaire imaginé par Jimi Hendrix en 1968, et conçu par l’architecte-acousticien John Storyk, et l’ingénieur du son Eddie Kramer.

Billy Idol (1983)

Sur le titre Rebel Yell, Billy Idol emporte le morceau vers des hauteurs célestes ou des profondeurs infernales. Dans tous les cas, il déchire le voile nous séparant du réel tant sa performance possède quelque chose d’héroïque. Comme sur cette version semi-acoustique, et néanmoins incandescente…

Billy Idol – Rebel Yell (Live/1993)

Une petite dernière ? Quelques années plus tard, au naturel. Juste guitare et voix. C’est toujours aussi bon…

Billy Idol & Steve Stevens – Rebel Yell (Live-acoustique/2012)

Malgré les nombreux aspects qui en font un standard de rock, notamment le fait qu’il allie habilement pop, hard et punk, Rebel Yell ne fait pas un carton en 1983. C’est seulement avec le temps, qu’il finira par devenir l’un des titres les plus appréciés de Billy Idol. Il figure parmi les rares hits rock impérissables des années 80, et a donc inspiré quelques reprises…

Ça trashotte un peu sur celle-ci. Mais l’énergie est bien restituée, et le chanteur s’en sort plutôt bien…

Adrenaline Mob – Rebel Yell (2017)

Sur la version de Children of Bodom, les guitares grognent un peu plus, mais cela reste très fidèle à l’original. Un groupe finlandais de death metal mélodique… Le dernier mot a son importance !

Children of Bodom – Rebel Yell (2003)

On est d’accord que les versions acoustiques lisses et mielleuses des grands standards se comptent par milliers sur Youtube. La mode est au ralentissement, avec voix feutrée, ou affectée. Celle qui suit pourrait donner la même impression. Au premier abord, on imagine mal ces deux jeunes gars sapés comme des témoins de Jéhovah célébrer la rage de Billy Idol.

D’ailleurs les premières mesures le confirment. Seulement, très vite, le canon vocal, simple et léger, sonne doux à l’oreille. Les harmonies guitares, tout aussi simples, également. Et puis, il y a ce crescendo, un peu tardif, certes, mais qui conclut le titre avec beaucoup d’émotion. Bref, je vous laisse tenter l’expérience…

Erik Faber – Rebel Yell (2012)

Reprendre Rebel Yell en acoustique comporte quelques risques. En particulier si on ne possède pas le coffre de Billy Idol, et qu’on est pas soutenu par un gratteux comme Steve Stevens. Pourtant, avec du talent et un peu de style…

Justin Clyde Williams en fait une superbe ballade californienne, mélancolique et hantée, façon Tim Buckley…

Justin Clyde Williams – Rebel Yell (2019)

Si de nos jours certains artistes cherchent à se démarquer reprenant des tubes de metal au violoncelle ou au ukulele, aller à l’opposé de ce qui fait l’essence d’un standard est parfois profitable. Généralement, si c’est bien fait, la mélodie (ou le thème sous-jacent) qui était noyée sous les guitares (ou les synthés), se retrouve mise en avant, incitant le public ayant dénigré l’original à une autre perception.

Longtemps snobé par le monde du jazz, le rock est aujourd’hui fréquemment célébré sous forme de swing classieux, qui n’a d’autre but que de remettre la mélodie au centre du thème. Dans le cas de Richard Cheese, on peut ajouter un certain sens de l’humour, le conduisant fréquemment à l’opposé de ce que l’on attend. Tant sur le plan sonore, que visuel (les fans de Star Wars comprendront en observant la pochette).

Richard Cheese (2015)

Serge Debono

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