The CINELLI BROTHERS – Almost Exactly

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The CINELLI BROTHERS – Almost Exactly

The Cinelli Brothers

Dans les tonneaux où mature la saumure du blues rock, du rhythm and blues et autres dérivés, on trouve de tout, de la piquette aux Grands Crus. The Cinelli Brothers y naviguent en tête de gondoles, breuvage énergétique hautement recommandé, ceux dont on liche le fond du verre après dégustation pour ne rien en perdre.

Plus précisément, ce combo anglophone tambouille un « heavy » rhythm and blues, escaladant le genre par sa face la plus raide, celle qui écorche mains et genoux. En soli ou en slide, un jus de taurine perle des guitares mixé à une section de cuivres parfois jazzy, parfois quasi mariachi, toujours pavant les titres d’or et de diamants tel les diggers tout droit sortis de Tamla Motown ou Stax. Trompettes et saxophones, astiqués brillamment, partent à l’assaut des amplis. Pas en reste, un harmoniciste ouvre grand ses étuis pour licher plus avidement le fruit de sa convoitise, lèvres gourmandes et souffle éolien enveloppant puis pénétrant les hanches vibrantes de ses outils.

The CINELLI BROTHERS – Last Throw Of The Dice

Sans ambiguïté, explicitent, lorsque The Cinelli Brothers abordent un autre style musical que celui qu’ils arborent en façade, l’approche est titrée. Ainsi, « Ain’t Blue But I Sigh » croque Santana alors que « Prayer » prêche un gospel pastoral. Plus référencés, des morceaux évoquent Stevie Wonder, sur « Maybe Your Baby » par exemple – album Talking Book (1972) – ou Betty Davis lorsqu’elle harangue l’auditeur via « Don’t Call Her No Tramp » – album They Say I’m Different (1974). La musique à l’œuvre est profondément ancrée dans les 70’s, cette période insouciante où les groupes, de concert, fournissaient puis consommaient une énergie renouvelable à volonté.

Ain’t Blue But I Sigh

Look de « pimp », de maquereaux black des années 50 à la cool, chemise à fleurs / col pelle à tarte, froc à pinces, pompes cirées miroir, cheveux passés au Pento dégoutant de transpiration : Ici on ne rigole pas, brothers, on joue sa vie ! C’est que les matois musiciens n’en sont pas à leur coup d’essai. Deux premiers Lps respectivement sortis en 2018 : Babe Please Set Your Alarm – avec un petit côté Black Keys – et 2021 : Villa Jukejoint, ont amorcé la mèche.

The Cinelli Brothers

The Cinelli Brothers, version masculine d’Amy Whinehouse ? Version anglaise de l’américain Black Joe Lewis & The Honeybears – CF l’album Scandalous (2011) ? Partiellement. Surtout, cinglés de musiques groovy, celles qui cambrent les reins et animent les bassins.

The CINELLI BROTHERS – Lucky Star

En live ? Ces Messieurs de la gâchette trustent les podiums, véritables bêtes à concours. Une scène où se bagarrer ? Ils distribuent les pains tel le divin créateur, excepté que les leurs fendent les arcades et noircissent le contour des yeux. Véritables chasseurs de primes, ils cumulent les récompenses. Véritable combo voué à la cause musicale, ils s’en balancent des médailles, leur préférant l’effervescence d’un public en mouvement.

The Cinelli Brothers

Prayer

Les chansons d’Almost Exactly nous savatent les trous de nez jusqu’à les faires fumer, nous pourfendent les oreilles jusqu’à les faire saigner. L’album génère un plaisir masochiste conduisant l’auditeur à éjaculer précocement les subsides nécessaire à sa possession. Aucun exorcisme possible, l’ensorcellement persiste au-delà du raisonnable. The Cinelli Brothers, une drogue dure, une addiction durable, un empoisonnement sans antagoniste musical. Vous « plussoyez » ? Votre récompense est au bout du CD, à moins que vous ne lui préfériez le format Lp. Auquel cas, plonger dans le sillon vous perforera durablement le « trognon ».

Thierry Dauge

The CINELLI BROTHERSAlmost Exactly – Self Released – Déjà disponible !

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