GREEN DAY – Punk | Punk Rock or not ?

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GREEN DAY – L’histoire d’une transformation

En studio

Punk / punk rock or not ? « Nimrod » (1997) présente les signes avant-coureurs de ce que veut et va devenir Green Day. Si d’autres formations raniment régulièrement la flamme initiale, comme, par exemple, Rancid sur « Honor is all we know » (2014), chez Green Day, exit la « punk roots attitude » fourbit sur « Dookie » (1994) … punk, punk … disons : punk rock à l’américaine.

GREEN DAY – Basket case

Sans vouloir opposer quoi que ce soit à qui que ce soit, il faut admettre que le punk à l’anglaise et le punk rock US ne sont pas exactement structuré de la même façon. Dans « No feelings » des Sex Pistols ou « London calling » du Clash, il n’y a pas trace du moindre refrain à « reprendre en cœur » et les accords mineurs s’autorisent. En face, chez ceux qui sont censés avoir repris le flambeau, comme Green Day ou The Offspring, si l’on dresse aussi le majeur c’est dans les notes et l’on stadifie les ponts, ces phrases musicales de liaison, qui, par conséquence, deviennent des … refrains ! En outre, jamais un groupe de punk n’aurait inséré une balade acoustique dans son rouleau de barbelé. Green Day : si. Dans « PUNK », il y a « UK » et pas « USA ».

GREEN DAY – Good riddance (Time of your life)

Entre « Nimrod » et « American idiot » (2004), le trio sort « Warning » (2000), un concentré de … l’analyse de son contenu n’a pas encore abouti. Pour célébrer le nouveau millénaire, on a entendu beaucoup mieux (au hasard : « Holy Wood » de Marilyn Manson). Billie Joe Armstrong et ses boys mettent quatre années à sortir le groupe du marécage où ils viennent de l’envaser. Ils revoient leur copie façon « Springsteen », pensent « stade » plutôt qu’« MJC » et Big Rock-carabiné. A la production, ils embauchent Rob Cavallo (pardon ?!), un garçon qui compte Alanis Morissette (1998) et Fleetwood Mac (2003) sur son CV, et où il inscrira bientôt Avril Lavigne (2007), ce genre de choses. Euh … et le punk dans tout ça ?

GREEN DAY – Holiday

Ce qui importe, c’est d’avoir le « gros son », celui qui impose des basses dynamiques, une rythmique « béton armée » griffée de déchirures guitaristiques. La voix est mixée en avant et des chœurs viennent souligner la grandiloquence des passages souverains, les refrains. L’énergie ? Il y en a mais « en fauteuil ». Comme métaphore, on pourrait reprendre un article lu dans un magazine spécialisé traitant d’automobile. A peu de choses près, il était écrit ceci : « Dans la Ferrari Testarosa, à près de 300 km/h, vous fumez le cigare. Dans la Lamborghini Countach, à la même vitesse, vous mangez le cigare ». Avec Green Day, on fume le cigare. Pour qui risque-t-on de le manger ? Oh ! Si j’écris The Damned … (?)

Give me novocaine / She’s a rebel

« American idiot » est parfois présenté comme un album d’ex punks crucifiés sur l’autel de la starisation. Bille Joe Armstrong, Tré Cool et Mike Dirnt, des « fils de » ? Sly Stallone, Robin WilliamsNino Ferrer : avouez !!!

Green Day

Pour mieux identifier la profondeur du fossé qui sépare le mouvement hémisphérique du groupe, l’idéal serait de les avoir vécues live. Puisqu’on en « parle » …

En concert

Le 3 février 1998, Elysée Montmartre.

En première partie, D Generation, un groupe US plutôt punk, présente son dernier opus : l’album « No lunch », titre paradoxal tant ce disque contient de quoi se régaler. Le quintette peine pourtant à emballer un public venu pour célébrer « son » trio : Green Day.

S’appuyant sur la simplicité, sans tape à l’œil, les trois lurons bastonnent leurs chansons, compilation des meilleurs titres extraits des albums sortis jusque-là. Ils dégomment le public au marteau-piqueur, outil dont la mèche réunie basse, guitare et batterie au bénéfice d’une redoutable percussion. Ce show est « musical », conçu pour communiquer toutes les saveurs du punk rock et rien d’autre. L’image ? Fi ! Ici, ladies and gentlemen, on fait fondre les amplis, on explose les sonos sans enfiler de panoplies : « oi! oi! oi! !!! ».

GREEN DAY – Scattered (live)

Le 19 janvier 2005, Zénith de Paris.

Cette fois-ci, Green Day a « muri », il propose le son et l’image. Dans ce costume, il est méconnaissable pour celles et ceux qui l’ont « visité » sept ans plus tôt. Que ce soit au sortir des amplis ou d’une bouche à feu, le vomissement de flammes règne ! Le spectacle en 22 morceaux, rappel compris, est grandiose, avant-conclu par « We are the champions » puis terminé par un Billie Joe seul en acoustique sur ce fameux : « Time of our life », qui clôt « Nimrod ».

GREEN DAY – American idiot (live)

Le festival est total, allant jusqu’à offrir la scène à trois ados pour un morceau dont ils se souviendront toute leur vie, « l’apprenti » guitariste repartant même avec une six cordes électrique sous le bras. Pour les guitares, justement, Le Day met le paquet ! Lorsqu’il faut épaissir la sauce, envahir le moindre espace sonore, un « guitar’ythmique » supplémentaire est adjoint. En écho, la prestation parait scénarisée, essentiellement autour d’Armstrong, carambouille quasi millimétrée où pleuvent les paillettes, la « clinque » versus Bowie / Ziggy, Muse ou Queen, instants musicaux magiques dont on ne ressort pas indemne. L’Ogre a mangé le Petit Poucet …

Minority (live)

« Être ou ne pas être : telle est la question » (W. Shakespeare). Et si, pour un temps, on oubliait les genres, les catégories, les classements, les charts … au profit du plaisir ressenti (?). « Rebelle et soumise, paupières baissées, quitte ta chemise belle fiancée, l’amour est cerise et le temps pressé, c’est partie remise pour aller danser … » (J. Ferrat). Punk / punk rock or not ? C’est partie remise pour en décider …

Thierry Dauge

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