Rock’n’roll Justice, chroniques judiciaires par Fabrice Epstein

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La culture se partage !

Quand les dieux du rock influent sur la loi des hommes

Rock’n’roll et Justice sont historiquement, deux termes diamétralement opposés. Le premier véhicule depuis son éclosion, il y a plus de soixante ans, l’idée d’une liberté d’être et de penser, excluant toute forme de soumission. Le second s’inscrit dans une démarche concrète, quasi mathématique visant à compenser les limites d’une loi enfantée par la main maladroite de l’homme. Deux domaines difficiles à rapprocher, mais ayant pourtant le même dessein : rendre l’existence plus agréable.

Rock’n’roll Justice, enfin un avis éclairé sur les combats et tourments de nos idoles

De tout temps, les rockers ont eu affaire à la justice. Leur vie souvent dissolue, et leur consommation de produits en tout genre les conduisent régulièrement devant les tribunaux. Tout les adeptes de rock connaissent ces images de Mick Jagger (hilare) et Keith Richards, au sortir d’une garde à vue ayant contribué à les faire entrer dans la mythologie du genre.

Si la presse à scandale est la première à en profiter, elle contribue généralement à une certaine désinformation, en livrant au lecteur des éléments glanés à la hâte.

Rock'n'roll Justice

Rock et Justice. Peu de journalistes maîtrisent les fondements et l’histoire de ces deux ennemis héréditaires. En ce sens, Fabrice Epstein, chroniqueur au journal Rock’n’Folk, et avocat au barreau de Paris, fait figure d’exception. Voilà comment un ouvrage passionnant semblant destiné à une poignée de mordus ultimes, finit par toucher un large public, sans pour autant se compromettre.

The Clash – I Fought The Law

D’emblée, le support soigné, papier glacé, jolies photos, caractères gros et format large, est aguichant. C’est un détail, mais il a son importance. Il contribue à installer le lecteur dans un fauteuil. Plus le sujet est pointu, plus le confort est primordial.

Fabrice Epstein éclaire nos lanternes

Rock’n’roll Justice possède la précision chirurgicale d’un bon polar. Si les personnages ont du relief ? Ceux de Fabrice Epstein en ont à revendre ! Mais c’est bien son analyse et son récit éclairé et documenté des évènements qui fait naître dans chaque affaire, une proximité inespérée entre la rock-star, le lecteur, et les rouages de la justice.

Pas évident d’épargner les légendes du rock lorsqu’on aborde des affaires de plagiat, meurtres et sévices sexuels. Le propos n’est jamais raccoleur. L’analyse est fine et précise. C’est avec un intérêt grandissant que l’on plonge dans les démêlés judiciaires, et les procédures administratives, qui d’ordinaire nous ennuient. Elles deviennent alors le moteur d’une démonstration surprenante. Le rock, et la musique en général, ne se contentent pas d’alimenter l’industrie du disque, ou de déchaîner les passions. Ils influent directement sur le cours de nos vies.

Rock'n'roll Justice (Fabrice Epstein)

Fabrice Epstein démontre que ce sentiment se matérialise parfois sous la forme de jurisprudences ayant faire leur apparition au cours de procès impliquant nos idoles. Comme celui de John Lennon, le plus étonnant (à lire absolument !). Ou encore celui intenté au label des Sex Pistols pour le titre Nevermind The Bollocks.

Rock'n'roll Justice (Fabrice Epstein)

Rock’n’roll Justice dévoile également comment les Daft Punk sont parvenus à faire modifier les statuts de la SACEM. Ou encore que Bob Dylan, engagé dans plusieurs affaires, est aussi l’artiste le plus cité au cours d’une audience dans l’histoire de la justice américaine. Neil Young contre Monsanto. Willie Nelson contre l’état de Californie. Jim Morrison et la justice de Floride. Les Kinks et les Etats-Unis. Woody Guthrie et la famille Trump. Autant de cas soulignant l’héroïsme, parfois même involontaire, de ces célébrités.

Bob Dylan – Hurricane Carter (Rock’n’roll Justice)

Les mages noires du rock ne sont pas oubliés, un chapitre éclairant est consacré au Colonel Parker, à Phil Spector, à Allen Klein, ou encore Jean de Breteuil.

Rock'n'roll Justice (Fabrice Epstein)

Et puis il y a aussi toutes ces histoires cauchemardesques aux tragiques épilogues. Sid Vicious et Nancy Spungen, Bertrand Cantat et Marie Trintignant. L’avocat nous les décrypte au cœur de procès imaginaires, qui brillent autant par leur pertinence que leur professionnalisme. Enfin, cerise sur le gâteau, le tout ne manque pas d’humour. Un élément essentiel pour dissiper la froideur d’une salle d’audience, surtout quand le sujet est grave…

Rock’n’roll Justice, l’œuvre d’un esprit rock dans un homme de loi.

Serge Debono

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