CRASHBIRDS – French and Heavy

0
436

CRASHBIRDS – French and Heavy

Crashbirds

(Crédits photo : ZOZ-PHOTO.com / Didier BONIN)

Où que vous vous trouviez, vous honorez The Gun club sur cet extraordinaire album qu’est Fire Of Love (1981) ? Alors, Crashbirds, que ce soit sur leur Lp studio European Slaves (2018) ou sur le Live In Montreuil (2019) propose de répondre à vos aspirations musicales les plus pressantes. Des autoroutes aux chemins vicinaux, ce bolide français paraphe sa trajectoire d’un rock punchy-crunshy gorgé d’Amérique marécageuse : French and Heavy !

Crashbirds

Depuis The White Stripes, ils sont légions les binômes homme / femme à numériser des CD ou « analogiser » des vinyles. Par chance pour l’auditeur, les styles abordés sont aussi différents que le son d’une Gibson SG face à celui d’une Airline Res-O-Glass. Pour Crasbirds, c’est SG et Takamine acoustique gavées d’électricité !

CRASHBIRDS – Hard Job (live)

Outre lâcher une rythmique serrée au centre de laquelle Pierre Lehoulier grave des solos et plans bluesy, Delphine Viane possède une voix identitaire. Pour qui pratiquait le punk nord irlandais en 1978, son chant rappelle celui de Feargal Sharkey, entertainer des Undertones. D’ailleurs, affirmer qu’un titre comme « No Fun For Punks » parallélise les lignes de guitares de « Teenage Kicks » n’a rien de ridicule ou déplacé. Nonobstant, force est de constater que les frenchies envoient bien plus que leurs aînés irlandais, tant dans la distorsion que dans la vitesse d’exécution. Crashbirds seraient donc « punk » dans l’esprit ? Le blues, synonyme de « musique organique », même joué heavy, est à l’origine de tous les « bruits ».

No Fun For Punks (live)

La cymbale charlestone associée à la grosse caisse qui assurent le tempo sont joués aux pieds, semi boite à rythme / caisse à savon maison, raison pour laquelle Pierre joue assis. Mais l’important est ailleurs. Il réside dans la détermination et l’engagement dont font preuve les musiciens envers leur « touillure », cet assemblage subtil d’accords tressés entre la Belle et la B… le Beau.

Autant l’avouer, visuellement, le duo ne manque pas de mordant, d’un charisme rock’n’roll attribuable au look et aux « trognes », de « belles gueules », en vérité. Physique avenant synonyme de musique charmante ? Interprétée dans le sens « agréable », oui, dans le sens « béni-oui-oui », que nenni ! De caractère affirmé, les partitions, même improvisées, extraient la moelle des os du public après les avoir rongés.

CRASHBIRDS – Medals and badges

Le duo revendique la pratique d’un « Cui’ Cui’ Rockn’Roll ». Étymologiquement, « Rockn’Roll », même avec cette particularité dans l’apostrophe, on connait. Par contre, quid de « Cui’ Cui’ » ? Le chant des oiseaux ? Alors, nous parlons d’Ornithocheirus, ces reptiles volants du Crétacé présentant 6 à 12 mètres d’envergure ! « Cui’ Cui’ » pour « Temps de cuisson » ? Les chairs carbonisées des spectateurs à l’issue des concerts des Crashbirds, façon barbecue, figure un bon indicateur dans ce domaine. Plus simplement, « Cui’ Cui’ » pour provoquer une rime entre humour et musique, ou comment ne pas se prendre au sérieux tout en déménageant sérieusement.

Weekend Lobotomy

Le verbe confiner peut adopter un double sens : « Forcer à rester dans un espace limité » ou « Toucher aux limites ». Versus deuxième définition, Crashbirds va encore plus loin. Avec eux c’est « no limits ! ». Alors, plongé au cœur de notre quotidien, pour oublier les barrières qu’on nous impose : Une baffe ! Crashbirds, une musique mâle pour un bien.

Thierry Dauge

Did you enjoy this article?
Inscrivez-vous afin de recevoir par email nos nouveaux articles ainsi qu'un contenu Premium.