Ricky Nelson, l’élégante nonchalance du rock des années 50

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En 1958, au même titre que Jerry Lee Lewis, ou Eddie Cochran, Ricky Nelson pouvait prétendre au trône du roi Elvis, alors en partance pour l’armée. Gueule d’amour et grain de velours, son rockabilly nonchalant et sa mort tragique dans un crash aérien ont considérablement marqué les esprits en terre américaine.

Eric Hilliard Nelson alias Ricky Nelson naît le 8 mai 1940 dans le New Jersey, d’un père chanteur et d’une mère comédienne, danseuse et chanteuse. Ozzie et Harriet Nelson animent alors des shows radiophoniques plébiscités par des millions d’auditeurs.

La famille du petit écran

Très jeune, Ricky et sa bouille d’ange sont initiés aux arts de la comédie et de la musique. Il participe à plusieurs émissions. A l’âge de 7 ans, il figure même dans un film, « Here Comes The Nelson », réunissant avec son grand frère David, tous les talents de la famille. Son succès permet à Ozzie et Harriet d’obtenir une émission de T.V hebdomadaire.

Riclie Nelson
La famille Nelson

En 1954, l’éclosion du rock’n’roll incite le teenager qu’il est devenu à embrasser la voie de la musique. Son premier single, une reprise de Fats Domino, sort en 1957…

Ricky Nelson – I’m Walkin’

Crooner et enfant du rockabilly

Sa formation complète, son physique de play-boy Hollywoodien et son élégante nonchalance ne tardent pas à conquérir un large public. Avec son timbre grave et enjôleur, il vient même concurrencer Elvis Presley sur le terrain des crooners du rockabilly…

Ricky Nelson – Stood Up

Sur le sol américain, on s’arrache ses singles et son premier album. Le deuxième publié en 1958 contient notamment ce tube. Son tout premier number one

Ricky Nelson – Poor Little Fool

Il enregistre aussi une version du premier morceau écrit par Roy Orbison, un titre taillé sur mesure pour sa voix lascive noyée d’écho. Celle qui inspirera plus tard un certain Chris Isaak

Ricky Nelson – Down The Line

Sur ce deuxième opus, on trouve également cette somptueuse balade pour cœurs brisés, réactualisée par Quentin Tarantino dans son film Pulp Fiction

Ricky Nelson – Lonesome Town

Rio Bravo et le cinéma

Nul doute que Howard Hawks devait avoir une oreille dessus, quand il décida d’engager Ricky Nelson en 1959, pour incarner le personnage de Colorado dans son western Rio Bravo

Dean Martin & Ricky Nelson – My Rifle Pony and Me/ Cindy

Malgré une prestation honorable et un personnage marquant, sa carrière au cinéma sera de courte durée. Ricky Nelson préférant la scène musicale aux studios de cinéma reprend finalement les tournées.

Reconnaissance puis déclin

En 1959, il publie deux nouveaux albums, avec notamment cet excellent morceau dans la veine de « Fever », le standard soul-jazz. Un titre étrangement relégué sur une face B de 45T…

Ricky Nelson – I Wanna Be Loved

Il va enchaîner quatre albums jusqu’en 1962, avant d’être balayé, comme tant d’autres, par les Beatles et la vague britonne. Hormis un live publié en 1970, il vit alors essentiellement de ses concerts donnés à travers le pays.

Accompagné du groupe Canyon Band, il prend un virage country pas toujours compris par ses fans nostalgiques des 50’s. Afin de rompre avec ses débuts, et s’affirmer en tant qu’adulte et artiste accompli, Ricky décide d’opter pour l’appelation « Rick Nelson ».

Rick Nelson – Come on in

Le 31 décembre 1985, il disparaît brutalement à l’âge de 45 ans dans un accident d’avion… Un Beechcraft acheté pour ses tournées à ce diable de Jerry Lee Lewis. Ce dernier, pressentant un retour de bâton de la malédiction des rockers, tenait absolument à s’en débarrasser. En effet, Buddy Holly, Ritchie Valens, Big Bopper, et Lynyrd Skynyrd, auxquels on peut ajouter Otis Redding, avaient tous trouvé la mort dans un crash aérien sur le même type d’avion.

Ricky Nelson 70'sPour ne pas finir sur une si triste note, je citerais Ricky Nelson, dont la mort aura au moins permis de nourrir sa légende, et ainsi rendre sa musique éternelle…

« Today’s teardrops are tomorrow’s rainbows »

(« Les larmes d’aujourd’hui sont les arc-en-ciel de demain. »)

Serge Debono