Hanging on the Telephone : Blondie reprend The Nerves

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Hanging on the Telephone – The Nerves – 1976

Nous avons tous en mémoire ce titre bouillonnant d’énergie paru en septembre 1978 sur l’album Parallel Lines de Blondie. Le groupe de la délicieuse Debbie Harry transcendera la popularité de cette chanson qui serait sans doute restée à jamais méconnue dans sa version originale. A la genèse de cette merveille de mordant Rock et d’élégance pop, le groupe: The Nerves. Une équipe de musicos techniquement armés, qui se réunissent à la fin des années 70 à San Francisco. Sortes de Beatles du Power Pop (le succès en moins), ce trio de pointures se compose de trois chanteurs dont le timbre vocale demeure relativement proche. Cette formation éphémère réunit le batteur Paul Collin’s (Paul Collins Beat), Peter Case à la basse (Plimsouls) et Jack Lee compositeur et guitariste. Sans ce maigre héritage discographique, les Nerves auraient pu largement tomber dans l’oubli.

Leur unique EP distribué sur le label indépendant Bomp Records et sorti en 1976 est désormais quasiment introuvable. Seule une réédition sous forme de coffret avec inédits intitulée One Way Tickets et sorti par le label Alive Record, nous permet aujourd’hui de redécouvrir les Nerves. Et même si les quatre compos sont de petites perles de Power Pop, l’histoire retiendra particulièrement celle de Jack Lee: Hanging on the telephone.

The Nerves : Hanging on the Telephone

The Nerves : un groupe injustement méconnu

On retrouve derrière ce fulgurant Trio de premier choix, alliage de la noblesse mélodique et de l’énergie pop :

  • Jack Lee à la guitare. Il est entre autre le compositeur de Hanging on the telephone.
  • Paul Collins à la batterie, fondateur de The Beat rebaptisé Paul Collin’s Beat pour des questions d’homonymie. Sa carrière solo est relancée en 2004 avec la sortie de l’album: Flying High. Paul Collins est un compositeur et show man avéré. Verve, et puissance d’un rock mis au service des mélodies comme en témoigne cette Rock’n’Roll Girl extraite de son 1er album.

Paul Collins’Beat : The Beat

  • Peter Case à la basse :

Au sortir de cette expérience, il se fait remarquer au sein des Plimsouls dont il sera le leader jusqu’en 1986. Un groupe à l’énergie rock pure et généreuse. En une poignée d’albums, ils marquèrent leur passage grâce à de somptueuses compos léchées, suintant d’harmonies pop aux accents soul. Peter Case portera ensuite sa voix puissante et sauvage au service d’une carrière solo plus intime qui le conduira sur des versants Blues et Folk Rock !

The Plimsouls – Everywhere at once

1978, s’en est déjà terminé pour les Nerves. Jack Lee est alors confronté à des soucis financiers, mais un coup de fil improbable va soudain changer la donne.

« Je me souviens bien de la journée », a déclaré Jack Lee au magazine Mojo en 2007. « C’était un vendredi. Ils allaient couper notre électricité à six heures, et le téléphone aussi. »

hanging on the telephone - blondie - the nerves
Hanging on the Telephone – Blondie -The Nerves

Note humoristique du destin, peu de temps avant la déconnexion, la sonnerie de ce même téléphone retentit dans l’appartement. Au bout du fil, Debbie Harry chanteuse de Blondie lui demande l’autorisation d’enregistrer sur son nouvel album: « Hanging on the Telephone »…

Jack Lee accepte. Sa chanson est reprise sur Parallel Lines, l’album de la consécration pour le groupe Blondie. Produit par Mike Chapman, ce disque va devenir le plus grand succès de Blondie avec 20 millions d’exemplaires vendus dans le monde. « Hanging on the Telephone » est le deuxième single extrait de l’album et il se classe dès sa sortie numéro 5 au Royaume-Uni en 1978.

Mike Chapman, son producteur n’a pas eu tort en déclarant que ce morceau avait quelque chose de « magique depuis le début ». Même si Jack Lee a sans doute regretté que sa version n’ait pas connu un succès légitime, ce coup de fil de Debbie Harry un jour de 1978, a sans nul doute réveillé la direction que le cours de sa vie semblait prendre…

Blondie : Hanging on the telephone

Au final, l’ombre à jamais pour les Nerves et la lumière étincelante pour la reprise de Blondie, même si la version originale déclenche à mon égard des frémissements toujours imperceptibles à l’écoute de l’interprétation populaire de la sublime Debbie… Question de sensibilité probablement.

Auguste Marshal