Nathalie Paley, Olga Valéry, Véra Korène, Vera Baranovskaya

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Des actrices du Noir & Blanc venues de Russie

 

Vera Baranovskaya

Vera Baranovskaya (1885 – 1935) s’illustra dans le célèbre film russe La Mère (1926) puis tourna en Allemagne, en Tchécoslovaquie et en France (Monsieur Albert, Les Aventures du roi Pausole). Le dernier, Valse éternelle, est posthume (1936).

Olga Valéry

Native d’Ukraine, Olga Timtchenko dite Olga Valéry (1903 – 2002) semble n’avoir tourné, qu’en France, de nombreux « courts » et quelques « longs » (L’Enfant de l’amour de L’Herbier, On purge bébé de Renoir, Untel père et fils, etc.). Elle s’éloigne de la caméra au début de la Seconde Guerre mondiale… et laissera passer une quinzaine d’années avant d’y retourner (Voici le temps des assassins).

Véra Korène

Vera Korene

Ukrainienne elle aussi, Rebecca Vera Koretzky dite Véra Korène (1901 – 1996) naquit dans une famille juive qui dut, après la Révolution, quitter la Russie pour Paris. Elle est admise au Conservatoire et entre ensuite à la Comédie-Française dont elle devient sociétaire en 1936. Elle fait parallèlement une courte carrière au cinéma (une douzaine de films, dont le tout à fait remarquable La Belle de nuit de 1934 dans lequel elle tient les deux principaux rôles féminins)… et puis bien sûr Café de Paris que vous pouvez retrouver EN ENTIER ou bien choisir un extrait avec Véra

Cette carrière qui s’annonçait très prometteuse fut interrompue par la Guerre et par les lois de Vichy : déchue de sa nationalité française et exclue de la Société des comédiens français, elle est contrainte de quitter la France. Elle se réfugie au Canada, puis partage son exil entre Hollywood et le Brésil. De retour en France en 1945, elle est réintégrée à la Comédie-Française et retrouve les planches. En 1956, elle quitte le Français pour prendre la direction du théâtre de la Renaissance.

Nathalie Paley

La princesse Natalia Pavlovna Paley, comtesse de Hohenfelsen dite Nathalie Paley ou Natalia Paley (1905 – 1981) mit d’elle-même prématurément fin à sa prometteuse carrière d’artiste après le succès des Hommes nouveaux (1936) tourné sous la direction de Marcel L’Herbier. Et les vingt dernières années de sa vie, elle les passa en recluse, à faire des mots croisés et à regarder la télévision. Mais ce sont surtout les trente premières qui sont fascinantes…


Nathalie Paley

Bien que née à Paris, la descendante de la famille Romanov n’entendit parler que russe durant son enfance. Sa famille, qui retourna en Russie en 1914, n’eut pas conscience du danger que représentait la chute de la monarchie. La révolution bolchévique décima la famille (déportation, assassinats…). Les princesses Natalia et Irina parvinrent, à grand mal et au terme de grands efforts et douleurs, à rejoindre la Finlande, dans un tel état qu’il fallut les hospitaliser. Elles passèrent ensuite en Suède (1920). Puis, enfin, retour en France où leur mère vendit ses bijoux pour faire l’acquisition d’un appartement dans un quartier de Paris, et une villa à Biarritz. Puis les deux jeunes princesses furent envoyées dans un internat en Suisse, où Natalia ne put aucunement se lier, trop différente des autres. Elles revinrent donc vite à Paris. Irina s’y maria en 1923. Natalia, lorsqu’elle fut âgée de 21 ans, se vit proposer d’être mannequin de haute-couture pour le célèbre Lucien Lelong. Homosexuel notoire déjà marié, il divorça pour épouser Natalia. Non consommé, ce fut pour lui un mariage blanc avec une Russe blanche. Inutile de dire que chacun vivait sa vie de son côté, à sa guise. Natalia était surtout amoureuse d’homosexuels (Serge Lifar, Jean Cocteau). Le premier film dans lequel elle tourna fut L’Épervier de Marcel L’Herbier. Sa carrière cinématographique fut courte : trois ans !