L’incendie du Grand Bazar de la Charité (1897)…

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L’incendie du Grand Bazar de la Charité (1897 faillit faire une 125ième victime : le cinéma !

incendie du Bazar de la Charité
Le Petit Journal de 1897 raconte l’incendie du Bazar de la Charité

Cette catastrophe coûta la vie à 124 personnes, la plupart étant des femmes charitables issues de la haute société parisienne. On retrouvera parmi les victimes, entre autres, Sophie-Charlotte, duchesse d’Alençon (sœur de l’impératrice « Sissi »), la peintre et céramiste Camille Moreau-Nélaton et Madame de Valence et ses deux filles. Le drame faillit bien faire rentrer dans le néant une invention alors à sa naissance ; le cinéma, appelé à l’époque «cinématographe».
C’est en effet l’explosion de la lampe d’un appareil de projection — l’une des attractions principales du bazar — qui provoqua l’incendie.

Un vieux numéro de L’Illustration nous livre les détails du sinistre

L’incendie du 4 mai 1897 compte parmi ces terribles catastrophes, qui après avoir plongé de nombreuses familles dans le deuil et leurs contemporains dans la consternation, laissent un ineffaçable souvenir de génération en génération.
L’institution bien connue, destinée à soutenir diverses œuvres importantes, le Bazar de la Charité, venait d’ouvrir sa vente annuelle. Les principaux animateurs avaient voulu solliciter la curiosité par l’attrait d’une innovation originale. Le comité acquit une « Rue du Vieux Paris » en plein quartier des Champs-Elysées, rue Jean-Goujon, sur un terrain vacant, il fit planter ce décor de toile peinte. Une clôture de pitchpin verni complétait ce fragile édifice.
Les comptoirs de vente furent installés dans les échoppes pittoresques, offrant deux rangées parallèles de tours pointues, d’auvents surmontés d’enseignes légendaires : A la Tour de Nesle. Au Lion d’Or, Au Chat Botté, etc… Un immense vélum était tendu d’un bout à l’autre de la galerie.
Vers 4 heures, la fête battait son plein, lorsque retentit tout à coup le cri sinistre : «Au feu !!!».

L’explosion de la lampe d’un cinématographe venait d’enflammer le vélum, le transformant instantanément en une immense nappe de feu.
Les pompiers, malgré leur diligence, arrivés trop tard pour éviter ou atténuer le désastre, et réduits à la tâche de noyer les décombres, y découvraient par place des cadavres amoncelés, mettant à nu des corps contractés, des têtes méconnaissables… Tout Paris connaît déjà les épisodes de l’incendie, la panique inévitable, la funeste bousculade aux portes trop étroites. la fuite affolée vers les issues problématiques… La plume est impuissante à retracer ces funestes tableaux de cauchemar…

wikipédia a rédigé un compte-rendu si parfait qu’il serait malhonnête de notre part de nous l’approprier en en reproduisant des extraits. Nous ne pouvons que conseiller de se rendre immédiatement sur le site.