Le happy ending – Trois minutes pour tuer un film

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Le happy ending – Trois minutes pour tuer un film

happy ending

Si un film se termine mal, déconseillerez-vous à vos amis de ne pas aller le voir ?

Certainement pas, si le film est bon.

Pourtant certains pontes du cinéma sont persuadés du contraire, et imposent un happy ending qui fout tout en l’air. Car pour q’il y ait VRAIMENT un happy ending, il faut détricoter toute la trame du film, et c’est compliqué. Alors comme c’est à la limite de l’impossible, on a recours à la grosse ficelle grotesque du mauvais rêve. Grrr !

Deux exemples :

Superbe, La femme au portrait (The Woman In The Window) de 1944 avec Edward G. Robinson et Joan Bennett. Le film dure 1h39’. A 1h35, patatras, notre héros, engoncé dans un fauteuil, est en train de mourir après la dose de poison qu’il vient de s’administrer. La sonnerie du téléphone – c’est la fameuse femme au portrait qui veut le joindre – ne le réveillera pas… par contre il sera réveillé par le barman : il s’est endormi dans son club après un bon whisky ! Tout ce qui s’est passé depuis l’instant 8 minutes et 28 secondes – c’est-à-dire quasiment l’intégralité du film ! – est un cauchemar.

L’excellent film de 1945 avec George Sanders, The Strange Case Of Uncle Harry. Un sujet très original, à ma connaissance jamais traité auparavant. Il faut revenir à la 55e minute pour voir le héros s’installer dans le fauteuil dans lequel on le retrouvera à la fin du film pour bien vouloir accepter que tout ce qui s’est passé entre 0h56’ et 1h18’ n’est qu’un cauchemar. Quelle idiotie !

The Strange Affair of Uncle Harry 1945

Le comble est qu’après le mot FIN on a trouvé bon de rajouter « Si vous voulez que vos amis apprécient ce film, surtout ne leur racontez pas la fin ».

Voilà comment deux EXCELLENTS films d’une heure et demie sont vitriolés en quelques secondes…

Happy Ending

 

Daniel LesueurCulturesCo