Le Rock d’Ici à l’Olympia : la Nuit où le Punk Français a détruit la Légende

L’Unique Captation d’une Scène Éphémère
À la fin des années 70, le punk français explose dans les sous-sols, mais ne laisse presque aucune trace sur disque. Contre toute attente, un album unique est gravé dans le sillon du vinyle. Il capture l’énergie pure et chaotique d’une scène déjà en train de disparaître. Ce disque, c’est Le Rock d’Ici à l’Olympia, enregistré en juillet 1978. Plus qu’un simple concert ce fut un événement fondateur, une révolte organisée au cœur du temple de la variété française.
Nuit Mythique à l’Olympia : mais rappelons-nous le Contexte !
Philippe Constantin, éditeur visionnaire chez Pathé-Marconi, prend l’initiative de réunir une brochette de groupes représentatifs de cette nouvelle vague sur la scène la plus prestigieuse de Paris. Le but : documenter, une fois pour toutes, ce phénomène qu’on appelait « le rock d’ici ». On y retrouve des lyonnais Starshooter mais aussi Marie et les Garçons (Marie est à la batterie). Les Stinky Toys totalement dans « l’esprit punk », autour de Jacno et d’une Elli (pas encore Medeiros), Diesel, Bijou, Electric Callas ou encore Asphalt Jungle avec Patrick Eudeline. Les autres à découvrir en écoutant le disque… c’est le gratin d’une scène qui n’avait alors aucun autre lieu de consécration.
Fauteuils Arrachés et Strip-Tease Inattendu
La soirée bascule rapidement du statut de concert à celui d’événement historique, grâce à une série d’incidents devenus légendaires.
Kent, chanteur de Starshooter, lance à la salle une phrase qui restera :
« À l’époque de Bécaud, le public cassait les fauteuils ! »
La provocation est tentante et le public punk prend l’invitation au pied de la lettre. Les fauteuils rouges de l’Olympia sont méthodiquement arrachés et portés vers la scène, transformés en offrandes sacrificielles.

♫ Marie-France, célèbre personnalité transgenre de la jet-set parisienne, monte sur scène pendant le set de Starshooter. Le chaos atteint alors son paroxysme lorsqu’elle exécute un strip-tease impromptu La révélation finale laisse le public punk, pourtant peu conventionnel, médusé. « On entendait les mâchoires tomber sur le sol », se souviendra le journaliste Philippe Manœuvre.
Même les coulisses sont explosives :
L’effervescence ne se limitait pas à la salle. En coulisses, les tensions explosent. Patrick Eudeline, leader d’Asphalt Jungle, raconte s’être battu avec une musicienne du groupe Lou’s à propos des horaires de passage. « Je lui ai dit que je ne tapais pas sur les filles, mais après son coup de pied dans mes c..uilles, c’était plus la même histoire… », résumera-t-il, ajoutant avec un sens certain de la formule : « Good time of Rock’n’Roll ».
La pochette d’une nuit Punk à l’Olympia
Aujourd’hui, l’héritage de cette nuit repose sur cet album et sa pochette devenue iconique. On y voit les fauteuils de l’Olympia, non pas en miettes, mais soigneusement alignés par paquets de quinze, comme des trophées de guerre ou une installation artistique involontaire. Cette image résume à elle seule l’esprit du moment : une énergie destructrice finalement canalisée, récupérée et exposée.

♪ Le Rock d’Ici à l’Olympia demeure l’une des traces sonores les plus essentielles du punk rock français des années 70. Plus qu’une compilation, c’est un document historique. Sorte de boule à facettes brisée reflétant l’audace, l’humour, la violence et la vitalité éphémère d’une scène qui refusait tout, y compris de durer. Pour comprendre ce que fut cette époque, il n’y a pas de livre d’histoire plus éloquent.
▬ On pose le sillon, on monte le volume, et on se laisse submerger par le son d’une nuit unique où tout était permis…
Etienne FLT












Article un peu racoleur à mon goût et sans grande référence, ni plus ni moins lorsqu’on détaille les faits. Il aurait été plus intéressant en même temps par exemple d’expliquer le contexte total et de donner la programmation complète dans lequel, la nuit « Punk » (nommée comme ceci à posteriori), car le lundi 10 Juillet 1978 venait s’intégrer dans un temps plus long, puisque le festival « Le Rock d’Ici » courait sur 7 dates. Du 1er au 3 Juillet, avec des sets en après-midi (14h) pour les deux premières dates quand le 3/07 était programmer à 20h. Puis viennent les dates qui nous intéressent le plus puisque reflété sur le disque : 8 au 10 Juillet avec toujours des sets en après-midi, pour les deux premières et en soirée pour la dernière. Les titres de Marie et Les Garçons, Bijou sont enregistrés lors du 8/07 et Diesel le 9/07 quand tout le reste des groupes (Stinky Toy, Electric Callas, Lou’s, Starshooter, Asphalt Jungle et Guilty Razors) sont enregistrés lors de la « Nuit New Wave » comme annoncée lors du 10/07. Il reste la date du 11/07 avec des groupes comme Ganafoul ou Shakin’ Street, entre autres, mais non signés chez Pathé Marconi et moins enclin, par leur style, à faire partie de l’image qu’a voulu donner le label lors de la sortie du disque en surfant sur l’image sulfureuse de la soirée du 10 Juillet 1978. Voir la programmation complète ici: https://monstres-sacres.blogspot.com/2023/05/le-rock-dici-lolympia-punk-nights-in.html