GIRLSCHOOL – 1980/1983 : Heavy Girls

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GIRLSCHOOL – 1980/1983 : Heavy Girls

Girlschool

Entre 1980, année où le premier disque du groupe arrive sur les platines, et 1983les demoiselles « arrondissent » leur son, Girlschool sort quatre albums parcourus de chansons « couillues ». Au risque de recevoir une Les Paul sur la cafetière, et elle est lourde la copine (!), feriez mieux de tourner sept fois votre langue dans vos bouches avant d’y trouver à redire. Les écolières, elles sont comme ça : tu mouftes ? Tu t’relèves pas.

Girlschool

Un groupe de filles dans le hard rock, milieu « macho » s’il en est ?! Denise, Kim, Kelly, Enid puis Gil, en ont à revendre, et c’est Lemmy Kilmister qui achète. Si Dieu le père adoube, z’avez juste à opiner, vous procurer les vinyles et écouter. Alors, plus besoin de personne pour vous y inciter, le talent des demoiselles se suffit à lui-même.

GIRLSCHOOL – Not For Sale (1980)

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Apparaître aux yeux du public en pleine éclosion de la NWOBHM procure au groupe bien des opportunités. Les filles « ouvrent » pour des combos destinés à devenir des épées, Iron Maiden ou Scorpions par exemple, leur offrant ainsi une visibilité accrue. Et puis, l’affiliation au grand frère Motörhead assure un coup de Swiffer sur la misogynie ambiante.

A la différence des Runaways sorties plus tôt, et malgré la noirceur de Joan Jett, chez Girlschool, il n’y a pas de Cherry Currie en porte-jarretelles sur le devant de la scène, affriolante créature alimentant les « A poil ! » des poilus. Tout est dans la musique, Gibson sur Marshall et que roulent les décibels.

Hit And Run (1981)

Nonobstant, pour des femmes désirant creuser leur carrière dans le rock, la lame du marteau-piqueur doit être encore plus affûtés que pour les hommes. De première partie et première partie, les ventes stagnent, le « célébromètre » ne monte pas plus haut qu’un nain de jardin, ou si peu qu’il y a de quoi lécher la pelouse. Après un changement de bassiste, Gil pour Enid, nos Girlschool font preuve de pugnacité et crient au meurtre ; et qu’elles le souhaitent « bleu » ne change rien à l’affaire. Les chansons continuent à frapper l’enclume et les guitares à larder l’auditeur.

GIRLSCHOOL – Screaming Blue Murder (live 1982)

Que faire ? Lorsque seuls les vu-mètres tutoient la zone rouge, que le following, certes d’une fidélité sans appel, ne grossit pas, plus d’un musicien est tenté de sarcler sa musique pour en extraire les mauvaises herbes au profit d’essences plus odoriférantes. Le parfum des fleurs, s’il sied à merveille aux femmes, peut-il séduire des bourrus bardés de cuir et de clous, majorité masculine des supporters « métalliques » ?

Pour ce faire, on invite un duo de redoutables compositeurs, la crème du glam rock made in 70, Noddy Holder et Jim Lea, les leaders de Slade. Le binôme produit Play Dirty (1983), quatrième rejeton des « Filles ». Sans coup férir, leur patte laisse une empreinte plus rock, moins heavy, sur les différents titres. Néanmoins, via une galvanisation du son, et malgré des paroles manucurées, ça « envoie » sévère dans les chaumières !

Burning In The Heat Of Love (1983)

Réussite ? Artistique, oui, commerciale, non. Le public ne suit pas le groupe sur cette voie. A partir de là, si une « reconnaissance » des milieux spécialisés subsiste, en matière de remonté du courant, ça stagne plutôt entre deux eaux. Girlschool restera une formation de deuxième division.

Girlschool

Paradoxe, la mort de Kelly Johnson (en juillet 2007), l’excellente guitariste soliste originelle, permettra au noyau dur du groupe, Kim McAuliffe (guitare- chant) et Denise Dufort (batterie), de retrouver un peu de la lumière d’antan.

Au-delà d’un succès d’estime, persiste l’écho de cette entreprise de démolition « eyelinerisée » qui fit honneur à son « genre » au début des années 80. En 2022, le quatuor fait toujours rugir ses guitares à l’occasion de tournées « vintages » où ses « classiques » sont carbonisés.

GIRLSCHOOL – Demolition (live 2011)

Les membres de Girlschool font partie de ces femmes qui ont perforé le blindage du métal, permettant ainsi à d’autres femmes de s’y insérer. Dans le rock, si la parité des genres a mis du temps à exister, il semble que ce soit à présent le cas. Louons nos « écolières » pour ça.

Thierry Dauge

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