Un Marquis Sombre, Rock, Mais Non Sadique

Marquis - Aurora
Marquis – Aurora

Un Mythe et une Nouvelle Ere

Il ne faut rien cacher. Si cette chronique a lieu si tard c’est qu’il a bien fallu digérer et se poser ces questions : à quoi bon ? Pourquoi faire ? Dans quel but ?

Tout cela a tourné longtemps dans la tête de votre chroniqueur. Pourquoi sortir délibérément un troisième album de Marquis De Sade, après tout ce temps, après cette reformation totalement réussie en 2017 et un live-dvd endiablé ? Pourquoi cet album, alors qu’entre temps Philippe Pascal est parti voir s’il y avait moyen de chanter avec Ian Curtis ?

Marquis de Sade – Back to Cruelty (1981)

 

La première approche fut de ne même pas vouloir en entendre parler, honteux même qu’une telle chose sorte.

Et puis… Et puis… surgit un fait anodin au moment même de la sortie de l’album. Marquis De Sade a disparu au profit de Marquis. Comme l’a fait Joy Division en devenant New Order. Le groupe a pris un autre chanteur, Simon Mahieu, dont on se gardera bien de porter un quelconque jugement parce qu’il faut comparer ce qui est comparable. Il fait ce qu’il peut et ce n’est déjà pas si mal, même si sa voix, hélas, est bien neutre. Il progressera, on l’espère pour lui et c’est un bon CV pour une carrière.

Bon, nous voici devant un premier album d’un nouvel ancien groupe mythique. Alors on écoute, attentivement.

Faut-il le considérer comme un album de Franck Darcel, le guitariste, fondateur d’Octobre, funk froid du début des années 80 qui a crée la scission de Marquis de Sade en deux avec Marc Seberg de l’autre côté ?… Oui, en grande partie. Non, parce que les autres musiciens sont présents à l’instar du batteur, Eric Morinière, bien là quand il faut la ramener.

Marquis – More Fun Before War

 

Alors le funk a disparu pour laisser la place à un rock toujours aussi nerveux et vénéneux, bien dans la lignée de feu MDS, à l’instar du titre d’ouverture « More Fun Before War » ou de « European Psycho ». Aurora se présente ainsi : un assemblage encourageant d’un nouveau groupe qui possède un passé lourd à porter. Se côtoient des invités prestigieux, Etienne Daho, sur le remarquable « Je n’écrirais plus si souvent » ou Dominic Sonic (disparu lui aussi entre temps) sur une belle reprise de « The Ocean » du Velvet Underground. Les deux derniers titres de l’album, plus faibles, laissent un goût un peu amer. Mais il reste largement de quoi se faire plaisir, étonnamment, sur ces treize morceaux. Ce n’est pas la moindre des agréables surprises.

Marquis (Chant : Etienne Daho) – Je n’écrirai plus si souvent

 

Marquis – Aurora

LATDK – Universal France

Patrick Bénard

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