Michel Cloup Duo et Pascal Bouaziz – A La Ligne – Chansons d’Usine

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Du Roman Au Rock

Michel Cloup Duo & Pascal Bouaziz - A La Ligne - Chansons d'Usine
Michel Cloup Duo & Pascal Bouaziz – A La Ligne – Chansons d’Usine

Une adaptation réussie en tout point

« C’est fantastique tout ce qu’on peut supporter ». C’est ainsi que débute à l’infini l’étonnant et bouleversant album qui ne verse pas dans la dentelle.

Il faut expliquer. D’abord il y a un premier roman sorti en janvier 2019, écrit par Joseph Ponthus, intitulé A La Ligne – Feuillets d’Usine, qui décrit les conditions de vie de ceux qui n’ont qu’une vie répétitive, dépourvue d’humanité et sans but. Ainsi les hommes et femmes qui travaillent comme pêcheurs ou dans des abattoirs. L’écriture est serrée, sans respiration, sans ponctuation. Bardé de prix depuis, cet ouvrage méritait une autre orientation, pourquoi pas musicale.

Michel Cloup Duo & Pascal Bouaziz – Travailleurs d’Usine

Ca tombe pile poil au moment où Michel Cloup Duo (avec Julien Rufié, donc, à la batterie) a carte blanche pour adapté en musique un roman de son choix. Ni une, ni deux la rencontre est une évidence. Le créateur du groupe mythique Diabologum n’allait pas laisser passer cette occasion. Mieux, il convoque son meilleur pote qui distille le même style de musique et de conviction. Pascal Bouaziz, fondateur de Mendelson et plus récemment de Bruit Noir, fonce sans se poser de questions. Le trio donne alors une évidence à cette réunion.

Michel Cloup Duo & Pascal Bouaziz : « A la Ligne » (extraits)

 

Devenu A La Ligne – Chansons d’Usine, le pli est pris sur le roman. Attention, pas question de distinguer le pire et le meilleur, au contraire, les deux se côtoient et vont très bien ensemble. Ils se complètent, en fait. Un exemple : les répétitions de phrases du trio ressemblent au travail à la chaîne. Ce n’est pas pour rien que l’ensemble se termine par « A La Chaîne, A La Ligne », comme pour bien marteler certaines vies quotidiennes épouvantables coincées entre le sang et les odeurs nauséabondes. « Il Y A », qui termine le disque, offre un finish rock endiablé qui met à jour ce qu’on attendait : deux guitares et une batterie endiablées pour mieux asséner les coups reçus pendant l’écoute. Et sans être masochiste, c’est sacrément bon et divin à recevoir. A la fin on reste scotché et sidéré par autant d’authenticité à bout de nerfs.

Michel Cloup – Pascal Bouaziz – Julien Rufié

A La Ligne – Chansons d’Usine

Ici, d’Ailleurs

Patrick Bénard

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