Humour : Dédo sur scène… en « Rodage »

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« J’ai vu Dédo en spectacle.
– Qui ça ?
– Dédo.
– Aaah, le comique métalleux, là ? »

Voilà. Vous vouliez du cliché réducteur ? On y est !

Dédo sur scène : Rodage

Dédo est reparti sur les routes de France, pour son troisième spectacle « Rodage » (merci les impôts, qui l’obligent à continuer de bosser !). Et je peux vous dire que pour la huitième représentation de son spectacle, à La Basse Cour à Grenoble, il était déjà drôlement (c’est mieux pour un humoriste) bien rôdé.

Affiche dédo rodage

Pendant plus d’une heure et demie, Dédo joue sur tous les registres. Il parle de lui, bien sûr, beaucoup. Il nous entraîne dans les méandres de sa pensée en mêlant l’absurde et le grotesque. Et nous amène à nous poser les vraies questions, ces questions existentielles une fois formulées, auxquelles nous n’aurions pourtant pas pensé avant qu’il ne nous les pose. Notamment la principale : « Est-ce que vous savez ce que c’est que de penser comme lui ? » Non, parce que c’est gentil, vos allez à ses spectacles, vous l’écoutez, vous riez, mais est-ce qu’à un moment, vous imaginez son angoisse ? Celle de ne rien vivre d’assez fou pour pouvoir le raconter sur scène ? Non, hein ? ! Bande d’égoïstes ! Vous mériteriez de vous faire bouffer le foie, accompagné d’un excellent Chianti.

Heureusement pour nous, il en vit bien assez et arrive à jouer avec les petits riens du quotidien, en les rendant irrésistibles. Les enfants, le couple, les clichés, l’apiculture… Il aborde aussi bien des sujets drôles et légers que des sujets plus polémiques et politiques, mais toujours avec le même regard décalé. Avec le même recul qui arrive à rendre les choses drôles même quand elles semblent dramatiques.

« Rodage » est un vrai bon moment de rire et de détente

Et Dédo confirme s’il était besoin qu’il est passé maître dans l’art de l’improvisation. Il dialogue et joue avec le public, questionne la salle (les gens qui sont dans la salle, hein, parce que poser des questions à une salle et attendre un retour, c’est que la drogue était trop bonne), rebondit sur le moindre mot. Il arrive à créer un véritable dialogue avec les gens présents (les vivants, en tout cas). Et offre un spectacle à la fois drôle et tendre, mais aussi avec des côtés un peu plus sombres. Est-ce que, finalement, il ne nous offrirait pas quelque chose qui lui ressemble vraiment ?

Dédo et le métal : Princesses Leya

Pour les fans de métal, mis à part son entrée et sa sortie sur scène, vous n’y trouverez pas votre compte. Si vraiment, c’est cet aspect-là de Dédo qui vous plaît le plus, alors je ne saurais trop vous conseiller de guetter ses futures dates de tournée avec son groupe Princesses Leya.

Vous êtes dubitatifs ? Vous doutez de son talent ? Mais ce n’est pas un talent, ce sont des talents. Car oui, cet homme est incroyable ! Oui, il fait tant de choses ! Oui, en plus de tourner les péripéties de sa vie et de la vie en dérision, il a aussi de gros poumons, qui lui permettent de chanter bien fort dans un micro, accompagné de grosse musique derrière. Et là, oui, on parle bien d’un groupe de métal. Un groupe drôle, mais un groupe qui fait aussi de la vraie bonne musique. Et peut-être même que vous feriez bien de rester à l’affût car il se pourrait qu’un disque soit en préparation.

Dédo, Schoumsky, Cléo et Fifou : musique et chorégraphie

Dédo et l’histoire : prenez des chaussettes !

Comme si cela ne suffisait pas… Parce qu’on sent en lui cette envie chevillée au corps de nous emmener toujours plus loin sur les chemins de la culture et de la découverte, il nous explique les événements historiques comme personne. Grâce à L’histoire racontée par des chaussettes, vous ne resterez plus jamais en rade lors des discussions pointues. Parce que oui, Adolf Hitler était un psychopathe. Mais vous êtes-vous déjà demandé s’il savait chanter ? Posez-vous les bonnes questions, enfin !

Hitler ! The musical

Dédo et la BD : White Spirit

Le stand-up, les vidéos, la musique… Et la bande dessinée ? Allez ! Mais pourquoi pas, après tout ? Vous n’y croyez pas ? Alors foncez dans une librairie et jetez-vous sur White Spirit, éditée chez Delcourt, dont il est le scénariste. Vous découvrirez une bande dessinée qui mêle à la fois atmosphère sombre et humour noir, au gré des péripéties d’un héros parisien cynique et un peu chiant, mais qu’il arrive à rendre touchant malgré ses aspects de loser pathétique. Et parce que c’est son ADN, Dédo nous offre une histoire mêlant esprit maléfique, suspense et ironie, sur fond de spiritisme.

White spirit chez Delcourt

Perfusé à la pop culture, il partage aussi régulièrement l’étendue de son savoir dans l’émission de Frédérick Sigrist, Blockbusters, dont il a été l’invité régulier cet été sur France Inter. Et le fait qu’il y ait eu pénurie de spécialistes disponibles en période estivale n’a bien évidemment rien à voir avec sa présence récurrente, due uniquement à sa seule culture. Il prépare d’ailleurs ses futures interventions de 2020 dans le podcast natif du même nom lancé par la radio de service public.

Enfin, Bref (épisode 26), vous l’aurez compris, Dédo est inclassable. Mais si vous voulez avoir un aperçu de son talent, si vous voulez rire et passer un bon moment, et, surtout, si vous ne voulez pas que je vous découpe à la tronçonneuse, allez voir « Rodage » sur scène. Il tourne partout en France : soyez maudits si vous le ratez !

Delphine Hossa

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