BLACK COUNTRY COMMUNION – Les 70’s en 2010 !

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BLACK COUNTRY COMMUNION : Hughes – Bonamassa – Bonham – Sherinian

Black Country Communion

En studio

Association de malfaiteurs ?

Glenn Hughes (chant-basse) : Trapeze, Deep Purple, Hughes/Thrall, Black Sabbath, California BreedJoe Bonamassa (guitare) : lui-même (18 albums en 18 ans sans compter les participations aux œuvres d’autrui et les « live » !), Jason Bonham (batterie) : Airrace, California Breed, Led Zeppelin … Derek Sherinian (clavier) : Dream Theater, Planet X ainsi que des « piges » pour Alice Cooper et Yngwie Malmsteen … Association de mercenaires !

Black Country Communion ou BCC, c’est le revival 70’s en 2010 dans toute sa splendeur !

BLACK COUNTRY COMMUNION – Collide

Comme toutes formations constituées de musiciens patentés, les morceaux remplissent le sillon jusqu’à en déborder. Maelström elliptique, les prises de « parole » se font volubiles, tant mélodieuses que mélomanes, véritable canevas instrumental. Si les notes foisonnent, l’esprit qui relie les hommes, électrique, se veut vagabond. Pas de « hit single » chez BCC, pas de mercantilisme. Des compositions taillées pour la scène : oui, des « popinetteries » à playlists : non. L’hétérogénéité entre ces fortes personnalités est donc consommée pour ne plus laisser place qu’à la fusion des velléités autour d’un projet commun : un groupe de heavy rock.

Over my head

Malgré une feuille de route sans ratures, des voix s’élèvent, commentaires acerbes, notamment à l’encontre du plus âgé des quatre : Glenn Hughes. Revenu de randonnées escarpées sur les hauts plateaux cocaïnés, ce garçon fut surnommé « The Voice » à une époque où l’AOC n’était pas encore télévisée. « Il en fait des caisses ! », « Il tire la couverture à lui », « Ridicule vieille pute pop-star » … les avanies ne manquent pas. Questions : pourquoi ? Jalousie ?

Selon l’adage : « Il n’y a pas de fumée sans feu », une once de vérité glacerait le fond du moule ? Seulement voilà, si Hughes est ce qu’il est, c’est justement « aussi » grâce à tout ça. Extraverti autant que Bonamassa l’inverse (idem pour les deux autres), il est fort probable que le quatuor ait trouvé en ces « tâches de gras » de quoi braver ses divergences : « Il faut de tout pour faire un monde », le monde musical ne dérogeant pas à la règle.

BLACK COUNTRY COMMUNION – Man in the middle

Après un premier album éponyme (2010) et un « 2 » (2011) riches en « appétissances », le super-groupe livre une production un rien moins inspirée : « Afterglow » (2012). Sortant de ce troisième opus miné par des conflits internes, Black Country Communion revient en force et réconcilié sur « IV » (2017), un chiffre-titre promesse d’immortalité. A l’occasion, Joe endosse un frac de lead singer. Vibrant hommage aux défunts musiciens du Titanic, la chanson où il « micr-officie » émet des fragrances folkloriques irlandaises, « crossover » digne de Thin Lizzy.

The last song for my resting place

Véritable salon de maquillage, le studio offre tous les possibles. Mais qu’en est-il du groupe hors des tapis, moquettes et lambris, lorsque les musiciens se font face à nus, sont face à nous ?

En concert

Black Country Communion

Le 18 juillet 2011, Black Country Communion s’installe au Bataclan. Sans jeu de scène particulier, uniquement sur l’interprétation, le combo tient la scène tel un monolithe, cette forme noire sur la pochette du zeppelinien « Presence » (1976). On ne sait pas ce que c’est, on ne sait pas d’où ça vient mais ça assure grave !

Dans la fosse, en lieu et place du bien nommé « headbanging », c’est la contemplation. Encore une fois, quoi qu’on en dise ou qu’on en pense, le public mire une Légende. Trente-cinq ans plus tôt, au sortir de Trapeze, Glenn Hughes transformait le son de Deep Purple, lui insufflant du funk et de la soul (CF « Stormbringer » – 1974). En 2011, à ses côtés, exit Ritchie Blackmore et sa Stratocaster blanche, welcome son mur porteur Joe Bonamassa et sa Les Paul tobacco burst.

BLACK COUNTRY COMMUNION – Crossfire (live)

Ce soir-là, au Bataclan, le quatuor œuvre en puzzle, chacun des quatre membres formant une pièce indissociable des autres. Et si Derek Sherinian se fait discret, il produit le cément qui lie les notes de ses compères, qui scelle les mélodies.

Face aux projecteurs, derrière ses lunettes noires, Joe Bonamassa « cathédralise » le son. En costard de Blues Brother suranné, il travaille ses gammes avec application sans pour autant paraître en suer : guitariste héroïque délaissant l’héroïsme.

Celui qui intrigue le plus, c’est Jason Bonham. L’héritage est si lourd, quasi insurmontable, que la plupart attendent l’écart, la baguette de travers, la « plante ». Les mauvais coucheurs en sont pour leurs frais. Sa prestation ne soulevant aucun doute, il usine dignement dans les traces de son père : un Batteur.

Au final, propulsé par un chanteur en voix, étoilé de solos fabuleux, le groupe déroule son répertoire tel le boa ses anneaux : hypnotique et puissant.

Song of yesterday (live)

Black Country Communion vaut-il d’être vécu live ? Celles et ceux qui ont déjà franchis le pas le savent. Pour les autres : moment savoureux ou superfétatoire ?

BLACK COUNTRY COMMUNION – Outsider (live au Bataclan – 2011)

Selon « radio cancan », et quelques interviews données de-ci de-là par Hughes ou Bonham, il paraîtrait qu’un studio soit réservé pour 2020

Les adeptes de s’empresser : « Patron, SVP, une autre tournée ! ».

Thierry Dauge