Johnny Thunders So ALone – Un album déchirant

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Johnny Thunders – So ALone

Après une expérience intense avec les New York Dolls au milieu des années 70 et un album avec les Heartbreakers L.A.M.F. (Like A Mother Fucker) en 1977, Johnny Thunders sort en 1978 So Alone, son premier album solo. Et quel album!

johnny thunders

Thunders, affiliation évidente avec l’esprit du punk dispose également dans ses bagages tout l’héritage culturel du Rock des Sixties. Le résultat est un véritable album de rock habité par une énergie punk indéniable. Johnny y fait hurler les guitares dans un swing Rock parfois étonnant. Les ballades sont déchirantes d’émotions et la réalisation dans son ensemble nous délivre l’étoffe d’un album magistralement réussi. Certains n’hésitent pas à prétendre qu’il s’agit de son meilleur album. Il est vrai qu’il s’agit de tout évidence du plus abouti.

Johnny Thunders : You Can’t Put Your Arms Round A Memory

La pochette de So Alone représente le personnage de Thunders avachi sur une chaise dans le coin d’une pièce, les yeux à demi ouverts. Si l’esprit un brin dépressif du titre de l’album est parfaitement représenté par l’esthétique de la pochette, la production et notamment le nombre de Guest font largement démentir l’imagerie.

So Alone?

En tout cas, certes pas pour l’enregistrement. Le titre London Boys en réponse au New York des Sex Pistols est justement enregistré avec deux Pistols, Paul Cook et Steve Jones, qui tous deux participeront à quelques uns des titres de l’album. Peter Perrett, figure centrale des excellents Only Ones est également de la partie. Son comparse Mike Kellie a enregistré les batteries sur plusieurs titres. Chrissie Hynde est au chant sur Subway Train. Citons également, Phil Lynott bassiste et leader de Thin Lizzy, Steve Marriott des Small Faces. Steve Lillywhite producteur de l’album sera également au piano sur Great Big Kiss. Excusez du peu, Thunders a su s’entourer.

Johnny Thunders : Subway Train

L’album compte pas moins de trois reprises rock 60’s, Pipeline, Great Big Kiss des Shangri-Las et un Rythm and Blues de Otis Blackwell, Daddy Rollin’ Stone.

Mention spéciale à ce futur classique de Thunders: You Can’t Put Your Arms Round A Memory, mais également à de purs joyaux: Untouchable, et Ask Me No Questions enregistré en duo avec Peter Perrett de Only Ones.

Un style assis sur un talent magistral qui aurait pu porter ses qualités remarquables de musicien et de chanteur poignant. Malheureusement les affres de la vie et les ravages de la drogue ont largement effondré sa créativité. So ALone reste manifestement sa pépite discographique.

Auguste Marshal