Gun Club – Le feu sacré de Jeffrey Lee Pierce

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Gun Club – Fire of Love

Le Gun Club s’est, selon la légende, formé sur la côte ouest des États-Unis en 1979, un soir de cuite dans le désert, entre deux hommes, l’un musicien, l’autre pas encore. Jeffrey Lee Pierce leader historique du Gun Club et néanmoins fondateur du fan club Blondie entraîne alors dans son sillage un certain Brian Tristan. A cette époque, ce dernier n’est ni musicien, ni chanteur, ni même un tant soi peu artiste. Son nom résonnera pourtant un an plus tard lorsque les Cramps lui donneront le surnom de Kid Congo Powers. Brian Tristan pour la petite histoire est également le fondateur du fan club des Ramones. Bien que co-fondateur du Gun Club, il rejoint les Cramps juste avant la sortie de Fire of Love, le premier album de Gun Club – 1981.

On retrouve d’ailleurs dans Fire of Love ce long blues trash, aux hurlements saccadés… une chanson intitulée For The Love Of Ivy, évidemment consacrée à Poison Ivy, la sulfureuse guitariste des Cramps.

The Gun Club – For the love of Ivy

Le feu sacré de Jeffrey Lee Pierce

Emmené par le très charismatique et déjanté, Jeffrey Lee Pierce, le groupe sort son premier album, Fire of Love, en 1981 sur le label Slash Records.  Un style franchement innovant pour l’époque, post punk et underground à souhait, avec des compos originales qui tiennent encore la route aujourd’hui.

Il y a dans le Gun Club, une mixture singulière et étonnante de traditions blues dont le chanteur Jeffrey Lee Pierce est littéralement habité. Le tout est servie par une énergie punk et une rage scénique quasi apocalyptique. Son personnage complexe et névrosé, tiraillé par son addiction à l’alcool et aux drogues dures, accouchera cependant d’un univers musical intemporel vraiment à part, et un brin décalé pour son époque. Un groupe au succès évidemment confidentiel, mais profondément inspirant pour toute une génération.

gun-club

Parfois imité, jamais égalé, The Gun Club conserve pourtant cette aura de groupe fondateur, fascinant et déroutant. Ils ont basculés les codes musicaux et vestimentaires de l’époque, sans parler même de l’attitude de Jeffrey Lee Pierce qui n’est pas s’en rappeler les frasques de Jim Morrison.

Sex Beat

Fire of Love est un album brûlant et absolu, rempli d’une rage parfois quasi mystique. Pas étonnant que le groupe reprenne sur ce disque Preachin’ The Blues, un titre du bluesman hanté Robert Johnson. Parmi les chefs d’œuvres, citons bien sûr le phénoménal Sex Beat avec cette voix écorchée et ensorcelante. « She’s Like Heroïn To Me » ou encore le déroutant « Fire Spirit ».

L’album « Fire of Love » est le premier album et peut-être le plus absolu du Gun Club. Groupe underground par excellence, leur reconnaissance encore aujourd’hui demeure largement en décalage avec leur énorme potentiel sans doute largement inexploité.

Auguste Marshal