FOREIGNER – Juke Box Hero – Le hard Rock FM

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FOREIGNER – LE Hard Rock FM

foreigner

En studio

Les quatre premiers enregistrements de Foreigner présentent tous les artifices du Hard Rock FM, AOR chez les anglophones, des étalons pour radios FM « rockailleuses ». Le mérite en revient à Mick Jones, guitariste qui évolua dans l’ombre de Johnny Hallyday de 1965 à 1974. Vu sa participation active à la destinée du chanteur français sur cette période, la dénomination : « dans l’ombre », étant réductrice, Mr Jones s’émancipe.

Johnny HALLYDAY – Oh ! Ma jolie Sarah

« Liberté » reprise, Mick se trouve un chanteur à « voix » : Lou Gramm. Charismatiques et talentueux, les deux hommes attirent rapidement une poignée de pistoléros aguerris : Foreigner est né.

Dès leur premier essai, ils font mouche. S’il dénote en cette année 1977, Mick a 33 ans et envie d’autre chose que de punk, avec « Cold as ice » comme bélier, cet album éponyme annonce la couleur : de grandes chansons se préparent, de quoi élever le nom du groupe au statut d’étendard.

FOREIGNER – Cold as ice

La formule est trouvée. Tel le Sauveur avec ses petits pains, ils vont la faire fructifier. Des phrases de Les Paul partiellement saturées, des solos mélodieux et entêtants en ornement de chansons simples à défaut d’être simplistes, et la Rolls rutile. En cela, la musique de Foreigner rappelle celle de Free : droit au but, aucun superflu mais drapée dans un ensemble haute couture. Un grand groupe ne pouvant exister sans un grand chanteur, Lou Gramm fait le boulot. Sa palette est suffisamment étendue pour couvrir l’ensemble des partitions proposées dans « Double vision » (1978), de la balade langoureuse au heavy rock « masculin ».

FOREIGNER – Blue morning blue day

Un an plus tard, le groupe brique encore un peu plus sa légende à venir en sortant « Head games » (1979). Le filon aurifère étant loin d’être tari, les pépites s’alignent en rang d’oignons dans les deux sillons. Faut-il avoir une réserve de carburant inépuisable pour ainsi garnir les charts sans discontinuer ? C’est que la guitare de frère Mick et les cordes vocales de cousin Lou ne sont pas les seules à œuvrer, Ian McDonald veille aux claviers. Les harmonies tressées par ces trois-là sont quasi irrésistibles, des bombinettes d’addiction en puissance, loin, bien loin de toute concurrence.

FOREIGNER – Head games

Alors vient l’enregistrement suprême, dynamique comme les quatre fantastiques, parallèle aux quatre cavaliers de l’apocalypse, d’une capacité infectieuse supérieure à la peste et le choléra, plus ardent que la flamme du jugement dernier : « 4 » (1981). Le Graal, telle la tarte, est atteint ! Le monde entier succombe. Se traînant à leurs pieds, quémandant une once de gloire, les juke box inhalent le Mal puis le disperse urgemment dans l’Univers.

FOREIGNER – Juke box hero

The End. La suite perdra le fil pour s’en aller conquérir des horizons « flagada ». Par contre, il n’est jamais trop tard pour croiser ses « idoles » … tant qu’elles sont vivantes : alive.

En concert

Foreigner

Le 7 juillet 2011, au Palais des Sports de Paris, rendez-vous est donné pour une jonction curieuse. Foreigner & Journey sont au programme. Question : Qui ouvrira pour l’autre ? Aucun. Ce rôle est alloué à Nono, le bretteur de Trust. Profitant de la sortie de son premier album solo : « Norbert Nono Krief », et de l’exceptionnelle opportunité d’exposition qui lui est offerte, il confie ses chansons au public des deux « dinosaures ». Rien de bien original mais un moment agréable. Puis Foreigner rejoint la scène pour dérouler son FM heavy musical.

FOREIGNER – Starrider (live)

Lou Gramm n’y étant plus depuis 2003, Kelly Hansen officie au micro, chanteur au coffre lui permettant d’assurer aisément les vocalises de son prédécesseur. Et que tourne le juke box ! Héroïquement ? Assurément ! Les classiques se bousculent comme des gosses dans la cours de récréation : ambiance tout sourire et décontractée.

Fioreigner

Les interprétations sont assez proches des versions studio. Le cadre scénique offre néanmoins la possibilité de digressions instrumentales, notamment « guitaristiques », prouvant que lunettes et crâne dégarni ne synonymisent en rien l’ennui. Pourvu que persiste l’envie, la porte reste ouverte. Sur ce versant, Mick Jones, comme son homonyme « clashien », n’est en rien éprouvé. S’il ne ponctue pas son discours de cabrioles et/ou génuflexions, il n’en adopte pas moins une posture « habitée », visage expressif quant au plaisir ressenti. Arborant des Les Paul sunburst de toute beauté, il les dompte classieusement sans les brusquer.

FOREIGNER – Urgent (live)

Foreigner live, même en 2011, figure toujours un écrin soyeux richement garni en pierres précieuses … aux angles tranchants. Et Journey là-dedans ? Le concert de Foreigner comportant entrée, plat et dessert, nous nous étions suffisamment régalés.

Thierry Dauge