Jeff Healey – See The light, lui qui ne l’a jamais vu

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See The light, lui qui ne l’a jamais vu !

Jeff healey

Quelle joie ce fut de découvrir Jeff Healey en 1988 à la sortie de son premier album. See the light, le bien nommé puisque Jeff fait parti de cette poignée de musiciens non voyants qui ont su transcender leur art. Ray Charles, Brian Lee, Stevie Wonder… et quelques autres. Ceux-là ont marqué de leur sceau, l’histoire de la musique.

Une technique fascinante

Jeff Healey est bien sûr à classer au panthéon des grands musiciens de notre époque. Mais sa particularité, outre une virtuosité à la guitare qui le plaçait au rang de Jimi Hendrix, Johnny Winter, ou Stevie Ray Vaughan (avec qui il a joué), était sa technique « guitaristique » toute personnelle héritée indirectement de sa cécité.

Jeff Healey est canadien et il perd la vue à l’âge de un an. Il est alors victime d’un cancer de la rétine assez rare contre lequel il se battra tout au long de sa vie. Celui-là même, qui finira par avoir raison de lui.

Il touche sa première guitare à l’âge de trois ans, et développe une technique spécifique en auto-didacte. Le plus souvent assis, la guitare posée sur les genoux, il aborde l’instrument comme s’il s’agissait d’un piano.

17 ans et déjà virtuose

Il monte son premier groupe à l’âge de 17 ans, puis une seconde formation en trio avec le bassiste Joe Rockman et le batteur Tom Stephen. A cette période, il apparaîtra dans le film Road House de Rowdy Herrington.

Jeff Healey est décédé le 02 mars 2008 des suites d’une récidive de son cancer. Son dernier album Mess of blues sortira le mois suivant. Sa carrière musicale a connu une évolution étonnante, du blues Rock au Jazz, pour revenir à un dernier disque Rock.  Au total, ce sont 12 albums qui sortiront de son vivant, et 5 disques post-mortem.

Jeff Healey – Marcus Miller – Dr John et Omar Hakim

Mais qu’il est bon de réécouter See the light. Ce premier album éblouissant de BLUES, composé de compos et de reprises et qui mit en lumière dès 1988, cette technique originale et spécifique qui lui donne un vibrato unique et une dextérité flamboyante. Une production impeccable, et une magnifique voix de bluesman viennent couronner ce sommet du blues rock, ou l’on semble toucher du doigt la virtuosité, le feeling implacable du jeune guitariste.

Stevie Ray Vaughan et Jeff Healey : look at little sister

On le voit sur scène interpréter ses titres avec une furie impressionnante: Jeff Healey est habité, possédé par son art. Soudain emporté par son solo, il se déplace, arpente la scène de long en large comme un dément, frénétique, enragé, la guitare retenue en position à plat, avant que son bassiste ne se colle à son dos pour le reconduire à sa chaise. Un personnage de scène dont on se souviendra longtemps…
Auguste Marshal