TRIGGERFINGER : en studio et en concert

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TRIGGERFINGER – Rock’n’Costards

Triggerfinger

En studio

Parfois, on se rend en concert parce qu’on a entendu quelque part un bouquet de chansons qui méritent une exploration « vivante ». Le groupe correspondant assurant justement une séance live non loin de là, on saute sur l’occasion. Formidable ! Il s’agit d’une partie à trois ! Si, par ce biais, il nous est donné de découvrir d’autres formations, c’est parfait ! Ainsi, en allant approfondir la musique de Radio Moscow, combo revival de hard rock psyché cuisiné seventies entre-entendu lors d’une pinte au zinc de la même salle de concert : La Maroquinerie, vous découvrez Triggerfinger.

TRIGGERFINGER – Is it

Drôle de patronyme ! En français, Trigger Finger se traduit par : « Maladie de Dupuytren », affection qui correspond à une atteinte de la main définie comme suit : « La Maladie de Dupuytren est une fibrose rétractile irréductible de l’aponévrose palmaire, avec rétraction en flexion des doigts ». Par transposition, en adoptant ce nom, on peut imaginer la volonté du groupe de caractériser une main refermée sur un manche de guitare ou sur un « stick » de batterie. Un programme !

Triggerfinger

Puisqu’il faut « classer » les genres musicaux, écrivons que le rock pratiqué par Triggerfinger aborde l’orée de plusieurs frontières incluant des sous-catégories : roll, glam, psyché, blues, progressif, ambiant et métal sur une constante heavy. Les trois musiciens aiment sillonner des territoires diversifiés tout en conservant une identité qui leur est propre.

TRIGGERFINGER – Colossus

Ainsi, entre « What grabs ya » sortie en 2008 et « Colossus » (2017), leur dernière production, une ligne directrice s’identifie, à quelques ornements de studio près. Ce tracé au sein du sillon s’écrit : « Rock », point de pop ni d’écart « mainstream » jusque-là. Du coup, si, déjà en studio, le groupe décrotte les oreilles, live : il « arrache sa mère » !

En concert

Triggerfinger

Les costards sont de sortie ! Pour les trois hommes, pas question de monter sur scène en jeans ou en « sac à patates », le costume/cravate s’impose. Pourtant, il n’est pas question d’uniformité, chacun le sien, qui blanc, qui bleu roi, à rayures ou à fleurs, « Prince de Galle » sur chemise coordonnée et cravate assortie. Ils gardent cette panoplie sur leurs épaules tant qu’ils le peuvent, sous la sueur, les quolibets ou les fleurs, leurs travers libidineux, cela va de « soie », développant une attirance pour l’averse de sous-vêtements féminins. Autant l’avouer, on prend autant de plaisir à les regarder « s’envoyer » qu’à les entendre jouer.

TRIGGERFINGER – First taste (live)

Triggerfinger live n’admet pas la dérobade. Le pied reste au plancher, le compte-tour en zone rouge et la rage au ventre tout au long du concert. Les visages et l’attitude des musiciens traduisent leur « transe », une plongée musicale aux tréfonds de l’âme. Des ramifications prolongent leurs synapses qui pénètrent les instruments : ne plus avoir à « jouer » les notes, simplement les penser. Et que gicle l’énergie !

La distorsion perce la membrane des amplis, servie par une montagne de pelles différentes : Ruben Block, un collectionneur. Et comme, à leur goût, le bruit du moteur manquait d’épaisseur pour asservir le futur, le trio sévit désormais sous la forme d’un quatuor.

TRIGGERFINGER – Bring me back a live wild one (live)

Une dernière chose, Triggerfinger vient de Belgique, terre bénie des Dieux en matière de lieux où clamer son électricité. Des belges ! Une bonne blague ? Plus depuis longtemps. Mais si vous tâtez encore de cet humour-là, rendez-vous sur la prochaine date. Après ça, tous rires évanouis, plus grand-chose n’aura d’intérêt que d’en trouver une autre.

Thierry Dauge – CulturesCo