The Dictators – Protopunk new-yorkais

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 The Dictators – Protopunk new-yorkais

the dictators band punk

The DICTATORS ou l’épitomé du Rock Potache

On prononce: «New York», comme on dit: The Dictators. Et si, par bonheur, on entre dans leur sphère musicale via Go girl crazy (1975), Lp considéré comme le premier album punk américain, on susurre « Encore »… Alors, les zygomatiques entres en jeux et naissent les sourires. Les patronymes des musiciens amorcent l’apparition de fossettes aux creux des joues. «Adny» Schernoff , Ross «the boss», To Ten et Stu Boy. Histoire de mobiliser également les lèvres en relevant leurs commissures, Secret Weapon Handsome Dick Manitoba est adjoint aux lurons. Ainsi vêtu, cet album est un véritable bonheur, tant pour les tympans que pour la zone concernée du système limbique, centre du plaisir de notre cerveau.

The Dictators – California Sun

Teengenerate, Calmifornia sun ou Weekend sont autant de fils tendus entre l’adulte qui écoute et l’adolescent qu’il fut, même pour un européen éloigné du système scolaire américain. Les préoccupations de l’un clonent celles de l’autre: les filles, les courses de bagnoles, la gnole! The Dictators ne parlent que de ça.

A mon sens, la suite est moins réussie. (Manifest destiny – 1977), orpheline de la voix déglinguée de Schernoff au profit de celle plus «male» de Manitoba. La musique prône un rentre dedans plus radical, moins distractif, plus commune aux groupes du genre. Par contre, une certaine originalité resurgit sur Bloodbrothers (1978), dernier véritable album studio des Dictateurs. Après cet ultime témoignage d’un temps où se prendre au sérieux signifie «vieux jeu», qu’advient-il de ces fieffés fêtards?

The Dictators – Week-end

Ross The Boss visite la France où il s’amourache d’une Panthère. Il saisit sa Les Paul noire et saute sur scène pogoter avec Shakin Street.  Accessoirement, combo initialement formé par Fabienne Shine, Eric LewyLouis Bertignac et Corine Marienneau! Désirant muscler son jeu, il quitte les «frenchies» pour forger Le Heavy Metal Band ultime: Manowar. Les membres des Dictators se réunissant très ponctuellement pour des «surprises party», il répond toujours présent pour liver en famille au sein des affreux garnements.

Au sortir de Go girl crazy, leur plus belle réussite, tête plantée dans cette «souillure» musicale, l’apnée guette. Les solos du Boss giclent des amplis comme la mayo des burgers White Castle, leur cantine new yorkaise. Pour la bière et les décibels, ils rejoignent leurs contemporains au CBGB. Television, Blondie, Patty Smith, Dead Boys, Ramones et consort. Une véritable bande de dures à cuire, faciles à cuiter, Hilly Kristal, maître des lieux, payant les musiciens en «liquide». Pour éponger la bibine, les garçons traversent le pays histoire d’envaper leurs partitions au Whisky à Gogo, West Hollywood, un verre de brûle gueule dans une main, un instrument dans l’autre.

Plutôt que de se parfumer au haschich, The Dictators auront toujours préféré se passer les dessous de bras à la cordite, user d’un dentifrice à la dynamite. Au final, le résultat? «BOUM !!!», dans leurs tronches et la nôtre. 40 ans plus tard, le détonateur fonctionne encore.

Thierry Dauge – Culturesco