Linda Ronstadt – Egérie country rock des Seventies

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Linda Ronstadt – L’égérie country-rock des Seventies

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Linda Ronstadt

Cinq albums entre 1974 et 1978

Entre 1974 et 1978, Linda Ronstadt publie cinq albums richement garnis en mélodies pop, rock et country, des fleurets qui font mouches. Elle atteint son sommet sur le rutilant Simple Dreams (1977) et ses deux Top singles: Blue bayou et It’s so easy. Les quatre autres Lps: Heart like a wheel (1974), Prisoner in disguise (1975), Hasten down the wind (1976) et Leaving in the USA (1978), sont des coffrets à bijoux, des diadèmes de délicatesse, des colliers de perles.

Ne griffant que quelques-unes des partitions qu’elle chante, Linda s’entoure d’auteurs-compositeurs talentueux pour l’épauler dans sa quête. En outre, tressées aux nouvelles chansons, ses vinyles fleurissent de reprises signées par des hommes de goût. Citons, Paul Anka, Hank Williams, Ry Cooder, Buddy Holly, Warren Zevon, Richards/Jagger, Roy Orbison, rien que du beau monde!

Linda Ronstadt – It’s so easy

Généreuse, elle participe également aux réalisations discographiques de nombreux artistes tels qu’Elvis Costello, Neil Young, Tom Petty, Paul Simon ou sa grande amie Emmylou Harris, enregistrements auxquels elle prête le velours de sa voix. Contrairement à Emmylou, Linda n’hésite donc pas à s’émanciper, sortir des schémas country pour voyager avec succès dans des costumes moins cintrés. La suivant comme son ombre, Peter Asher participe largement à sa réussite, maître es production et mentor guidant ses choix.

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Linda Ronstadt

Durant ces années d’abondance, jouant d’une plastique pour le moins attirante, elle a moult prétendants dont des résidents de Laurel Canyon, quartier de Los Angeles qu’elle fréquente assidûment. Parmi ses compagnons de route, on compte essentiellement des musiciens dont les Eagles Bernie Leadon, Glenn Frey et Don Henley, le toxique James Taylor, un trinôme infernal: Crosby, Stills & Nash ainsi que leur faux-frère Neil Young, la plupart de ces artisans pratiquant un genre musical qu’on nommerait un jour: «Americana».

Linda Ronstadt – Mohammed’s Radio

Vie de bohème aidant, prothèses siliconées renforçant des cloisons nasales perforées par la cocaïne, elle pratique également le «sport» en clubs sous la forme de téquilas sunrises, alexandras ou gins feezes, éludant la dégradante accusation d’alcoolisme par un: «Quels alcools? Ce sont des cocktails!». Nonobstant, on lui pardonne tous ses excès lorsque, au sortir de ses lèvres, son chant de sirène nous trouve pieds et poings liés à sa merci.

Consciente qu’elle y joue sa vie, elle quitte les paradis artificiels pour redescendre sur Terre au début des 80’s. Alors, renouant avec ses premiers amours, elle ré-empreinte la route de l’Ouest, revêt chapeau, chemise et bottes de cow-boy pour «yoddle-ler» à nouveau sa country adorée.

Plonger dans les chansons de cette égérie country-rock des 70’s, c’est visiter la canopée. En 2018, laissez-vous donc les susurrer.

Thierry Dauge