PJ Harvey | Divine et Rock
Ni sa musique, ses jambes dans sa poche
PJ Harvey, voilà une jeune anglaise quinquagénaire qui n’a ni sa musique, ni ses jambes dans sa poche. Patti Smith anglaise, elle s’apprête, elle est divine, elle s’enlaidit, elle s’androgyne. Car en vrai, c’est à dire Live, la Cléopâtre – quel nez ! – du microcosme rock dégage une sensualité tant affolante qu’affriolante. Pour qui associe musique et plastique-attitude, elle demeure un modèle de féminité à la poigne masculine.
Polie, Jean – Pas toujours ?
Outre sa beauté singulière, Polly Jean Harvey est une femme de tête. D’ailleurs, sa volonté à maîtriser son destin professionnel s’apparente à celle de l’héroïne de Karen Blixen, dans son roman Une ferme africaine. On se souvient évidemment de son adaptation au grand écran sous le titre Out of Africa.
Pour preuve, scrutons son parcours artistique. Un début en trio, encadrée par des garçons qu’elle largue au bout de deux albums. Le second étant d’ailleurs le très recommandable Rid of me sorti en 1993. Cette émancipation semble alors nécessaire pour mieux proposer la musique qui hante sa psyché, et être ainsi seule maîtresse de sa destiné. Neuf enregistrements plus tard, entrecoupés d’innombrables prestations scéniques, PJ est toujours bien ancrée dans le paysage musical, en adéquation avec les aspirations de ses fans.
PJ Harvey – Rid of me
Côté musique
La musique proposée par Melle Harvey est underground. Un rock alternatif sans concessions, tendu sur le fil d’Ariane qui relie la musicienne à ses combats. Car à ce titre, notons que sa dernière livraison The hope six demolition project – 2016 – est assez déconcertante pour qui a lâché, ne serait-ce que d’un album, le méandreux chemin qu’elle suit.
Forcément, les cadavres des étapes franchies gisent largement entre un disque plus électrique Uh huh her sorti en 2004, et ce dernier album. Par contre, au niveau des textes, le questionnement reste de mise. Un alentour des incompréhensions paradoxales de notre monde, parce que la dichotomie entre «Sauvons la planète!» et le comportement de ses habitants demeure d’une ambivalence notoire. Doigt tendu désignant les travers et incohérences du politiquement correct, PJ Harvey enfonce la tête du monstre dans ses propres déjections. Alors, messages pris dans une tornade de notes saturées? Qu’ils soient hurlés ou susurrés, éructés ou humectés du bouts des lèvres, la Belle n’épargne pas sa peine. Loin, très loin de la distinction «so british» qui l’a vue naître.
Alors, Polie, Jean? Pas toujours, pas toujours.
Thierry Dauge



![[EXCLUSIVITE] CASABLANCA dévoile son nouveau single « REACH OUT »](https://i0.wp.com/culturesco.com/wp-content/uploads/2026/01/casablanca.jpeg?resize=218%2C150&ssl=1)







![[EXCLUSIVITE] CASABLANCA dévoile son nouveau single « REACH OUT »](https://i0.wp.com/culturesco.com/wp-content/uploads/2026/01/casablanca.jpeg?resize=100%2C70&ssl=1)

merci pour le commentaire, on a corrigé la coquille 🙂
juste pour dire que le titre du livre de karen blixen est : une ferme africaine (bloody corrector?)(Den afrikanske Farm, en danois ; Out of Africa en anglais) et que le personnage de son roman autobiographique EST karen blixen. c’est pas pour faire mon intéressant mais je viens juste de le rerelire… (c’est bien)
[…] aussi exaltant quand le groupe à l’unisson s’engage dans une direction que ne renierait pas P.J Harvey. Des compositions dont on sent le poids des ritournelles circassiennes tordues. On pense […]