PJ Harvey – Ride of me – Le charisme à l’état Rock

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PJ Harvey | Divine et Rock

A bientôt 50 ans, ni sa musique, ses jambes dans sa poche

PJ Harvey, voilà une jeune anglaise de bientôt 50 ans qui n’a ni sa musique, ni ses jambes dans sa poche. Patty Smith anglaise, elle s’apprête, elle est divine, elle s’enlaidit, elle s’androgyne. Car en vrai, c’est à dire Live, la Cléopâtre – quel nez! Du microcosme rock dégage une sensualité tant affolante qu’affriolante. Pour qui associe musique et plastique-attitude, elle demeure un modèle de féminité à la poigne masculine.

Polie, Jean  – Pas toujours ?

Outre sa beauté singulière, Polly Jean Harvey est une femme de tête. D’ailleurs, sa volonté à maîtriser son destin professionnel s’apparente à celle de l’héroïne de Karen Blixen, dans son roman Une femme africaine. On se souvient évidemment de son adaptation au grand écran sous le titre Out of Africa.

Pour preuve, scrutons son parcours artistique. Un début en trio, encadrée par des garçons qu’elle largue au bout de deux albums. Le second étant d’ailleurs le très recommandable Rid of me sorti en 1993. Cette émancipation semble alors nécessaire pour mieux proposer la musique qui hante sa psyché, et être ainsi seule maîtresse de sa destiné. Neuf enregistrements plus tard, entrecoupés d’innombrables prestations scéniques, PJ est toujours bien ancrée dans le paysage musical 2018, en adéquation avec les aspirations de ses fans.

PJ Harvey – Ride of me

Côté musique

La musique proposée par Melle Harvey est underground. Un rock alternatif sans concessions, tendu sur le fil d’Ariane qui relie la musicienne à ses combats. Car à ce titre, notons que  sa dernière livraison The hope six demolition project – 2016 – est assez déconcertante pour qui a lâché, ne serait-ce que d’un album, le méandreux chemin qu’elle suit.

Forcément, les cadavres des étapes franchies gisent largement entre un disque plus électrique Uh huh her sorti en 2004, et ce dernier album. Par contre, au niveau des textes, le questionnement reste de mise. Un alentour des incompréhensions paradoxales de notre monde, parce que la dichotomie entre «Sauvons la planète!» et le comportement de ses habitants demeure d’une ambivalence notoire. Doigt tendu désignant les travers et incohérences du politiquement correct, PJ Harvey enfonce la tête du monstre dans ses propres déjections. Alors, messages pris dans une tornade de notes saturées, qu’ils soient hurlés ou susurrés, éructés ou humectés du bouts des lèvres, la Belle n’épargne pas sa peine. Loin, très loin de la distinction «so british» qui l’a vue naître.

Alors, Polie, Jean? Pas toujours, pas toujours.

PJ Harvey

Thierry Dauge

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