SYMAKYA – Project 11 : The Landing
Dix morceaux – car il s’agit bien de « morceaux », dans le sens construits musicaux composés de plusieurs parties – pour plus de soixante-cinq minutes de musique ! Avec Project 11 : The Landing, Symakya ne fait pas dans la demi-mesure. À son écoute, nous plongeons au cœur d’un bain revigorant de metal symphonique, « metal » par le son, « symphonique » par la structuration et le côté épique des chansons. Du genre Classique, Symakya retient surtout la vitesse d’exécution allegro presto qui caractérise généralement les premiers et derniers mouvements symphoniques ; CF le premier mouvement de la Symphonie n°25 en Sol mineur de Mozart. Et vu la cadence à laquelle la double grosse-caisse baratte les notes, on peut écrire de Symakya que ses membres présentent un tropisme viscéral pour les traces de gommes sur l’asphalte, une insatiable soif de nitrométhane coupé au méthanol, le carburant des dragsters.
SYMAKYA – The Oath
Limiter Symakya à une formation de speed metal, même dite « symphonique », serait réducteur. Pour Project 11 : The Landing, on peut parler d’un aspect musical « progressif », genre initié par Yes aux débuts des 70’s et métallisé par des groupes comme Dream Theater ou Stratovarius à l’orée des 90’s. Éprise de néoclassicisme soit-elle, la science es composition dont fait preuve le quatuor français – car Symakya est hexagonal ! – est remarquable. Dans la lignée d’un Symphony X, non seulement les changements de rythmes foisonnent autour de mélodies fleuries, mais l’adjonction d’instruments inattendus comme le violon apporte un plus enthousiasmant.
Lunar Obsession
Passées les portes du temple qui en garde l’entrée, l’auditeur est saisi aux tripes par un grand huit guitaristique, ballotté par le vent tempétueux des claviers. Tout du long, la voix qui le guide, mixe de Bruce Dickinson, vierge enfer, et Geoff Tate, reine du Reich, déroule des formules alchimiques au contenu sidéral. Voyage accompli, shamusen – guitare japonaise – harpe et ensemble de cordes soulignent l’épilogue. Alors, à l’issue de la dernière note – et seulement à cette extrémité, Project 11 : The Landing vous est acquis.
SYMAKYA – Phenomenom
Treize années séparent le premier opus de Symakya – Majestic 12 : Open Files – de celui-ci. En numérologie, le « 13 » est un nombre puissant symbolisant la transformation, gage d’introspection profonde et de persévérance. À l’écoute de Project 11 : The Landing, nous sommes heureux qu’il en soit ainsi.
Thierry Dauge
SYMAKYA – Project 11 : The Landing – Label : WormHoleDeath – Disponible le 5 avril 2024