RIVAL SONS – Darkfighter

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RIVAL SONS – Darkfighter

Rival Sons

On a quitté Rival Sons en 2019 sous la forme d’un quartette auteur du superbe Feral Roots, supporté lors d’un concert rival-sonique à l’Olympia. On retrouve le groupe en 2023 avec le stupéfiant Darkfighter, devenu quintette et s’apprêtant à terrasser son public au même endroit.

Jusque-là, Jay Buchanan, étonnant chanteur capable de hurler à s’en rompre une artère sans ne serait-ce qu’érayer sa voix, épousait la mélodie globale, suivait la guitare. Sur les chansons de Darkfighter, il créé des lignes de chant autonomes. Grâce à cela, la magie initiale franchit encore une étape vers les sommets d’un heavy rock épris de perfection.

RIVAL SONS – Rapture

Si Scott Holiday surcompresse toujours autant le son de sa Gibson Firebird VII de 1965 – un bijou à trois micros – il module ses sorties d’ampli en fonction des sensations à délivrer. Lorsque le propos nécessite un trait de finesse, une approche plus timorée, les six cordes se coulent dans le lit de la mélodie. On n’arbore pas, comme Scott, un look de « dandy » sans posséder cette qualité d’âme qui, relayée par l’instrument, sait émouvoir l’auditeur.

Todd Ogren, le nouveau venu, n’envahit pas les chansons de ses clés et ivoires, il s’immisce parfaitement aux autres, ne modifie en rien l’alchimie, l’enrichit d’un soupçon de sonorités cristallines. Quant à Dave Beste, redoutable bassiste, il assure des fondations groovy et musclées qui s’apparient merveilleusement au jeu de Michael Miley, le batteur. Le batteur… Il y a du John Bonham chez ce musicien-là, notamment à la grosse caisse.

Nobody Wants To Die

Ne tournons pas autour des sillons, Darkfighter est une totale réussite, un équilibre parfait entre agression, subtilité, charisme et intelligence. Balancer des pains sur trois accords ? A d’autres. Fleurir et sucrer des hymnes AOR ? A d’autres. « Southerniser » au tabac blond son heavy parfois glissando ? A d’autres. Il y a des pourpres rougeoyants, des noirs satinés, des ocres soyeux et du bleu minéral dans ce disque. Peut-être peut-on lui reprocher un ou deux titres plus « faciles », de ces facilités ignorées par la concurrence. Normal, à l’heure actuelle, qui pour rivaliser ?

On lit souvent que Josh Homme et son Queens Of Stone Age associé à Dave Grohl et son Foo Fighters sont les derniers à tenir bien haut le flambeau d’un heavy rock original. Rival Sons les égalent.

RIVAL SONS – Guillotine

Sans faire de comparaison déplacée, s’il faut désigner un successeur à Led Zeppelin, ce n’est pas vers les « clonesques » Greta Van Fleet qu’il faut se tourner mais bien du côté de Rival Sons. Et si Led Zeppelin est le marteau de dieu, avec les originaires de Long Beach, c’est comme si la foudre s’abattait sur Terre pour en extraire l’essence, la substantifique beauté, la profonde sonorité.

Clore un album avec « Darkside », l’épitomé d’un genre, démontre la volonté du groupe d’exposer aux auditeurs toute sa palette musicale, de celles qui comptent. Passer à côté ? Ce n’est plus possible puisque vous en êtes à présent témoin.

Darkside

Jouer Darkfighter provoque une joie profonde, la sensation d’écouter le grand album d’un grand groupe. Inéluctablement, les deux nous font grandir avec eux.

Thierry Dauge

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