FASTWAY – About “Fast” Eddie Clarke

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FASTWAY – About “Fast” Eddie Clarke

Fastway

A l’origine, on doit le patronyme « Fastway » au pseudo et au nom des deux co-fondateurs du groupe, « Fast » Eddie Clarke, ex tiers du bombardier Motörhead, et Pete Way, ex bassiste d’un autre objet volant, mais non identifié celui-là : UFO. Et puis, avant la sortie du premier Lp éponyme (1983), le « Way » suit un autre chemin, il part fonder Waysted. A l’inverse du combo qu’il quitte, il ne produira rien de mémorable, projet noyé dans des hectolitres d’alcool. De son côté, Fastway distille un pur jus de méthanol qui propulse Fastway dans les couches stratosphériques d’un avenir présupposé scintillant.

Eddie Clarke, surnommé « Fast » pour ses exploits pyrotechniques et « bruitistiques » aux côtés de Lemmy et « Animal » Taylor, sort de sa gibecière des riffs qu’on croyait réservés à des guitaristes plus bluesy. Finalement, il se révèle être un technicien tout aussi cultivé que Brian Robertson, son remplaçant « motorisé », fin mélodiste auquel il est reproché un trop plein de solfège (CF Another Perfect Day – 1983, et sa pochette intérieure).

FASTWAY – Say What You Will

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Faire preuve de finesse ne rimant pas forcément avec délicatesse, si elle est carénée, l’approche des compositions reste nerveuse, musculeuse, électrique. Pour lui donner la réplique, notre six cordiste déniche un « plant-igrade » de haute volée, un chanteur capable de prouesses consacrées ; les années 70 dans le viseur. Aux fûts, on trouve Jerry Shirlay. Les amateurs de blues rock le situent dans l’intégralité des albums d’Humble Pie ainsi que, entre autres, sur les deux Lps solos de Syd Barrett, un batteur à toutes épreuves ! Dans cette configuration, pas étonnant que la première cartouche d’un tel trio explose le public en plein vol : « Pull ! … Mouche ! ».

We Become One

Le deuxième album du combo, All Fired Up (1984), vient concrétiser le succès de son aîné. S’il est tout aussi dynamique, on y décèle un trop de linéarité absente du premier, un rien moins d’originalité. Et puis … des musiciens quittent le navire, d’autres embarquent et la magie s’évapore.

Fastway

Étrangement, si l’intérêt musical des enregistrements de Fastway devait être traduit sous la forme d’une courbe, on en retrouverait les sommets à chaque extrémité, de son enregistrement initial à son dernier témoignage en studio. Effectivement, il faut attendre 2011 et Eat Dog Eat pour retrouver l’enthousiasme d’un Fastway renaissant de ses cendres, fourbissant des riffs ravageurs et des compositions originales. On croirait entendre des jeunes loups aux dents acérées, la bave dégoulinant des leurs babines humides, témoignant d’un appétit d’ogre : des musiciens affamés.

FASTWAY – Deliver Me

En la personne de Toby Jepson, Eddie trouve de quoi se redéfinir « Fast », trop heureux de pouvoir rivaliser avec un chanteur totalement concerné. La voix du récipiendaire voyage entre celles de Ronnie James Dio et Ray Gillen, tout à la fois accrocheuse, puissante et mélodique. Comme, de surcroit, Jepson joue de la basse et présente un passé de « producteur », l’association détone, « façon puzzle ». A croire qu’Eddie n’attendait que cela. Même si les compositions sont plus « lourdes », moins ornementées que sur Fastway, le plaisir d’écouter Eat Dog Eat vaut bien celui pris vingt-huit ans plus tôt. Au-delà de subir une correction, l’auditeur se retrouve dynamité, dispersé, ventilé aux quatre « coins » du disque, aux quatre points cardinaux de sa pochette !

Dead And Gone

Dead and gone … Malheureusement, le binôme en restera-là. Eddie Clarke nous quitte en 2018. Malgré une première partie de vie « déjantée » en compagnie de Philty et Lemmy, la vie lui aura accordé une rallonge de quarante belles années au-delà du Club des « 27 ». Pourquoi n’a-t-il rien produit entre 2011 et cette funeste année ? Pour en savoir plus, il est recommandé de lire l’excellent ouvrage de notre ami Julien Deléglise : Fast Eddie Clarke – Par-delà les Cimes de Motörhead (aux éditions du Camion Blanc).

Si ce n’est pour son séjour sur Terre, côté musique, rien n’est fini. Tant que tourneront nos deux vinyles sur les platines, « fast » ou pas, au service de riffs meurtriers ou de suites de notes raffinées, Eddie triturera sa guitare. Plaisant tribu pour lui offrir l’infini.

Thierry Dauge

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