Jack WHITE – Fear Of The Dawn

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La culture se partage !

Jack WHITE – Fear Of The Dawn

Jack White

Fear Of The Dawn. Ce drôle de bonhomme, Jack White, croisement entre Johnny « Edward Scissorhands » Depp et un « je ne sais quoi » de Michael Jackson, aurait peur de l’aube ? Avec sa « bille » de marionnette, versus ventriloquie démoniaque, c’est plutôt lui qui serait enclin à foutre la frousse aux gens ! La pupille noire aussi corbeau que ses cheveux, à moins que, comme dernièrement, il ne les préfère bleus, le teint blafard tel un personnage de Tim Burton, Jack White charme tout autant qu’il inquiète.

Homme et musicien déterminé, afin de contrôler et maîtriser l’ensemble du processus conduisant du studio au 33-Tours, il a érigé son propre empire musical. Le Label Third Man Records, qui compte Raconteurs et Dead Weather à son catalogue, c’est lui. Féru de musique « régionale », et attentif à alimenter l’Histoire, il a installé ses locaux dans la légendaire Nashville – Tennessee. C’est donc depuis son « baronnât » que Mr White nous envoie sa dernière production en date : Fear Of The Dawn (estampillé 2021 sur la pochette mais sorti en avril 2022).

Jack WHITE – Fear Of The Dawn

Sur ce titre éponyme, la guitare au son sursaturé et le riff très 70’s évoquent les australiens de Wolfmother (« Woman » – 2006), fomenteurs d’un hard rock versus stoner. Serait-ce que Mr White reviendrait à une musique plus directe, délaissant le côté « aventureux » et expérimental de son précédent disque, le difficile Boarding House Reach (2018) ? Si c’est le cas, il ne méprise pas pour autant l’aspect « contemporain » du rock, à base de samples et/ou de hip hop, à l’image de ce que Jeff Beck proposait en 2016 sur son Lp Loud Hailer.

Multi instrumentiste, il joue de tout, enregistrement « mille-feuille », empilage de pistes sur pistes, notamment de la batterie dont il use de façon appuyée mais très groovy.

Taking Me Back

Fondamentalement, Fear Of The Dawn n’est pas si éloigné des trois disques en solo qu’il a fourbis jusque-là. Revue de détails …

Jack White

Blunderbuss (2012), son premier essai post White Stripes, se présente sous la forme d’échardes électriques associées à des virées folk ou country. La guitare et le piano s’échangent les premiers rôles, selon que Jack insuffle peu ou prou de soul dans son gumbo.

Avec Lazaretto (2014), l’artiste reprend les codes musicaux développés deux ans plus tôt mais avec davantage de références à l’Amérique profonde. Le retour à la terre promeut violon « cajun » et lap steel guitar, instruments de musique typiquement « country ». L’ensemble s’aligne néanmoins sur ses obsessions passées.

Jack WHITE – I’m Shakin’ (2012)

Et puis vient Boarding House Reach (2018). Avec celui-ci, Jack White laisse vagabonder son imagination, lâche la bride à des structures jazzy, expérimente et s’éloigne de ce qu’on lui connaissait. Nonobstant, il ne lâche pas « l’affaire », préservant un morceau dans la droite du heavy psyché qu’il semble avant tout affectionner.

Over and Over and Over (2018)

Et avant cela, ce quatuor de vinyles, d’où vient John Antony Gillis, de son véritable nom, qu’elles ont été ses influences ?

Jack White

Le « chapelier fou » (celui de Burton dans sa revisite d’Alice Au Pays Des Merveilles, comme un air de fratrie…), est originaire de Detroit, ville à l’ambiance musicale révolutionnairement explosive. MC5, Ted Nugent, The Frost, Alice Cooper ou The Stooges y ont shooté tympans et consciences avec (h)ardeur, pour le meilleur ou pour le pire. C’est depuis cette charmante citée industrielle que Jack fomente The White Stripes. Auparavant, il s’est aiguisé les cordes en tant que « guest » sur un album de The Hentchmen (Hentch-Forth – 1998) puis, pour un pop rock trash fuzzy, au sein de The Go (Watcha doin’ – 1999).

Jack White

L’artiste présente vraisemblablement une obsession pour les noms de groupe en « The », affublant tous ses futurs combos de cet attribut : The Raconteurs, The Dead Weather et, donc, The White Stripes.

The WHITE STRIPES – Blue Orchid

The RACONTEURS – Steady As She Goes

The DEAD WEATHER – Treat Me Like Your Mother

Il se dit, et s’écrit dans la presse spécialisée, que Fear Of The Dawn serait le premier volet « électrique » d’un diptyque dont le jumeau serait consacré au folk et à la country, une pièce acoustique nommée Entering Heaven Alive (juillet 2022). L’extrait disponible sur le Tube, « Love Is Selfish » éclaire cette possibilité.

Pour l’heure, délectons-nous de Fear Of The Dawn, album heavy et groovy qui invite à secouer du panier et du cocotier. Ce bien bel ouvrage supporte haut la main le passage d’une écoute plurielle permettant ainsi d’en user à satiété. Ils ne sont pas tant, ces derniers temps, à nous procurer un plaisir si gourmand.

Jack WHITE – What’s The Trick ?

Thierry Dauge

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