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FRED BARRETO GROUP – Moving On

Fred Barreto Group

Il y a du Jimi Hendrix et du Stevie Ray Vaughan dans ces doigts-là, et puis du Nuno Bettencourt également, le talentueux bretteur d’Extreme. Sur ce postulat, Le Fred Barreto Group produit Moving On, un manifeste de heavy rock, bluesy, funky et soul. Peux avare de prodigalité, le groupe n’omet pas de poudroyer un esprit de psychédélisme et de jazz progressif sur certains titres. La sixième piste, « Golden Age », instrumentale, sinue même jusqu’au krautrock, celui pratiqué par des groupes comme Gift (Blue Apple – 1974) ou Eiliff (Girlrls ! – 1972).

Lorsque, comme dans ce cas, les références semblent pléthoriques, loin du plagiat, c’est que la musique à l’œuvre propose des structurations mélodiques qui lui sont propres.

FRED BARRETO GROUP – Living And Loving

Au Contraire de l’homonyme Ray Barretto, avec deux « t », percussionniste plébiscité par B. Lavilliers dans « La Salsa » (1979), la rythmique qui cadence Moving On relève bien du rock le plus dru. Elaborée par Daniel Fastro et Michael Stein, un duo basse / batterie multicartes, elle baratte royalement l’enregistrement.

La formation est basée au Luxembourg, et alors ? L’option groovy adoptée sur tous les titres relève des favelas de Salvador de Bïa, les racines brésiliennes du chef d’orchestre, Senhor Barreto lui-même. Complémentaire, une claviériste assez « purpeulienne », Nadja Prange, anime le corps des mélodies. Ses mains arachnéennes s’arrangent pour que les clés numériques projettent l’image d’un orgue « Hammond » entre les trilles des Fender éruptives de son leader.

Fate

1er album du combo, Moving On est sorti le 17 décembre 2021 (Ou le 1er octobre ?), au beau milieu d’une platée d’autres enregistrements à la parution trop longtemps repoussées. Ne bénéficiant d’aucun support radiophonique, son énergie s’en est trouvée étouffée alors qu’elle ne demandait qu’à sourdre par tous les pores de sa peau tannée, son méat roidement dressé.

Si la voix de Fred n’atteint pas des sommets c’est qu’en bon Sud-Américain, il préfère s’exprimer avec ses mains, sa dextre boostant sa senestre à rejoindre Marathon. A cet égard, Joe Perry, le toxique guitariste d’Aerosmith l’a précédemment laissé entendre : « Let The Music Do The Talking » (1980) !

FRED BARRETO GROUP – Golden Age

En début de chronique, le Divin Gaucher est cité. Sans aucun racolage, grossier procédé destiné à capter le mélomane de passage, c’est que son aura plane sur le disque. Et si la question vous vient : « Fantasme de scribouillard ou esprit de parfum ? », vous n’avez qu’à écouter Barreto et son Group, vous « expériencer » à son croisement des genres.

Moving On

Les onze morceaux de Moving On forgent un superbe album dépourvu de la moindre fatuité. Diable ! Vous aimez la musique « vivante », celle qui vous bondit à la gorge, vous gondole les tympans tout en attisant votre libidineuse mélomanie ? Foncez ! Recevoir une déclaration d’amour à destination du heavy blues rock telle que celle-là équivaut à toquer aux portes du Paradis …

FRED BARRETO GROUP – She Was There

Thierry Dauge

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Amoureux des 70’s et du hard rock en particulier, Thierry Dauge est chroniqueur sur Culturesco par amour de l’écriture musicale. Co-auteur du livre"Pop rock - Les instruments de l'ombre" aux éditions du Camion Blanc, collaborateur de Vivi pour "Mes Années Trust", parce que le rock est loin d'être mort ...