La culture se partage !

Pop Music, everybody talk about !

Pop Music

« Everybody talk about Pop Music ! ». Ce single, numéro 1 dans les charts planétaires en 1979, porte un message qui est toujours d’actualité en 2021. Si son vieil amant, le rock, est annoncé « mort », la pop, elle, se porte comme un charme. Il n’est qu’à ouvrir la radio pour en être convaincu. Même sur les stations ne diffusant que des titres en français, elle règne sans partage. Clara Luciani : « La Grenade » ? Pop music ! Louane : « Donne-moi Ton Cœur » ? Pop music ! Grand Corps Malade : « Nos Plus Belles Années » ? Pop music ! Coldplay, Muse, Maroon 5 ou Arctic Monkeys ? Pop music !!!

Pour illustrer le « tout le monde en parle », butinons des formations plus ou moins exposées médiatiquement et dont le façonnage « pop » diffère sans pour autant tutoyer les extrêmes. Les guerres de « genres » Slipknot vs Toto, ineptie patente, ne nous intéressent pas. Notre « poursuite » va subjectivement éclairer quatre formations via quatre de leurs albums sortis entre 2003 et 2020.

Ready ? Allumons le projecteur !

Pop Music

The ELECTRIC SOFT PARADE – Bruxellisation

BARE WIRES – Young Love

The ELECTRIC SOFT PARADE

Les anglais de The Electric Soft Parade sortent leur album The American Adventure en 2003. La pop à l’œuvre est intelligente, ouvragée, parfois musclée, toujours éthérée. C’est surtout le chant qui porte cette impression aux fragrances nostalgiques. Il reste que, par place, on frôle la mention « rock » ! Les neuf morceaux, d’une durée très variable : de moins de trois minutes à près de sept minutes, sont plus ou moins instrumentaux. Constante : ils affichent une recherche d’originalité continuelle.

Étonnement, ce disque est passé quasiment inaperçu alors que plusieurs de ses chansons auraient pu faire le bonheur de n’importe quelle radio FM. Ainsi vont les influenceurs / programmeurs qui promeuvent éternellement les mêmes « steaks », de Coldplay à Ed Sheeran en passant par, à cette époque, Sting ou Dido. Dommage … mais il n’est jamais trop tard !

The ELECTRIC SOFT PARADE – The American Adventure

BARE WIRES

En 2010, sur Seeking Love, les américains de Bare Wires jouent la carte d’une pop punchy / garage. On parle de « power pop » évocatrice d’un Big Star mais en plus « débraillée ». A cet égard, les trois de Bare Wires semblent ne pas se contenter de jouer tous ensembles dans la même pièce, la première prise de studio est la bonne. Certes, chaque chanson ressemblant à s’y méprendre à celles qui la précède ou qui la suit, le propos tourne en rond. Par contre, point positif, les neufs titres flattent l’adolescence qui sommeille en nous.

Lors de l’enregistrement, qu’un titre soit préalablement écrit ou pas, on branche les guitares et on envoie, gage d’ensorcellement chez les puristes des 60’s. Parce qu’à cette époque-là, on en parlait déjà avec The Seeds et consorts, et jusqu’aux 2000, avec The Libertines ou The Strokes. Tiens, puisqu’on en « cause » …

BARE WIRES – I Love You Tonite

Pop Music

The STROKES – Brooklyn Bridge To Chorus

FFS – Police Encounters

The STROKES

Promoteurs d’un retour au rock à guitares, The Strokes ont musicalement évolué ; nous serions tentés d’écrire : « Comme tout le monde ». Avec leur dernière livraison, The New Abnormal(2020) produit par Rick Rubin (oui ! L’ex « sonneur » de Slayer !), le groupe s’ouvre à d’autres possibilités, à des sonorités plus « pop », moins radicales. Levée d’étendards : « Pop, The Strokes ?! Mais c’est du rock ! », les discussions de comptoir …

The Strokes s’identifient par la voix de leur chanteur Julian Casablancas ainsi que par le jeu d’Albert Hammond Jr., leur leader « six cordiste ». Même sous les assauts des synthétiseurs accordés à ce dernier Lp, les stigmates persistent. Nonobstant, contrairement à Bare Wires, on ne peut parler de power pop, ni plus de rock, les partitions proposées voguant bien davantage sur l’air d’un temps radiophonique, il est vrai, un rien « décalées ».

The STROKES – At The Door

FFS

Réunir Sparks et Franz Ferdinand ? Une incongruité pour les uns, une perspective alléchante pour les autres. Les rois de la polyvalence confrontés au groove rock écossais, association susceptible de donner naissance à un fantastique « mutant » ! Qu’en est-il sur cet album éponyme sorti en 2015 ? De la pop ! Et encore de la pop !

Sur ses précédents albums, s’entend avant 2015, Sparks joue une pop orchestrée, construite sur des tranches de synthés bombardées des textes répétitifs. Franz Ferdinand paraphe ses chansons de breaks et rythmiques saupoudrées d’esprit « fonk ». Il est donc normal que FFS livre des compositions enlevées aux textes ressassés où les claviers tiennent une place prépondérante. Pop jusqu’au tréfonds du sillon, voilà un Lp qui nécessite d’être essoré pour livrer tout son jus.

FFS – Johnny Delusional

Cette chronique tenterait-elle de décrire une possible dérive pop survenue lors des deux premières décennies du 21ème Siécle ? Ne manquerait plus qu’un groupe de punk rock se prenne pour les Beatles !

WEEZER – All My Favourite Songs (2021)

CQFD.

Thierry Dauge

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Amoureux des 70’s et du hard rock en particulier, Thierry Dauge est chroniqueur sur Culturesco par amour de l’écriture musicale. Co-auteur du livre"Pop rock - Les instruments de l'ombre" aux éditions du Camion Blanc, collaborateur de Vivi pour "Mes Années Trust", parce que le rock est loin d'être mort ...