La culture se partage !

“Bérézina” une aventure entre amis !

Sylvain Tesson est ravi, Virgile Dureuil réalise une magnifique adaptation de son périple effectué en 2012. Porté par la langue et l’esprit de Tesson, le dessinateur revisite cet incroyable épisode de l’histoire française en transposant “Bérézinaen bande dessinée.

Bérézina
Bande dessinée “Bérézina”

Pour commémorer “à leur façon” le bicentenaire de la retraite de l’armée napoléonienne, Tesson et quatre amis, se lancent un défi. Leur but est de suivre le chemin emprunté par les troupes françaises en pleine débâcle.  Sont du périple, le photographe Thomas Goisque, l’écrivain Cédric Gras, deux amis russes, pour qui la mécanique des side-cars Oural était censée n’avoir aucun secret ! Le petit groupe atteint la France en treize jours.

Partis de Moscou, ils traversent l’immense Russie, la Biélorussie, la Pologne et l’Allemagne. Ils font route vers Paris au volant de leurs Oural, ces side-cars réputés indestructibles.

Un rêve de gosse !

Virgile Dureuil, illustrateur dans la publicité poursuit un rêve : signer des bandes dessinées.

Le dessinateur découvre le travail de Sylvain Tesson avec le photographe Thomas Goisque qui accompagne l’écrivain dans ses voyages.

En 2019 Virgile Dureuil signe sa première bande dessinée. Il adapte “Dans les forêts de Sibérie” de Tesson, livre paru en 2011, couronné par le Prix Médicis essai.

« C’est la réalisation d’un rêve d’enfant, donc il y a à la fois la satisfaction d’avoir tenu un engagement envers le petit garçon que l’on était, et à la fois le sentiment qu’un rêve n’est plus.» confie le dessinateur.

Aujourd’hui, Virgile Dureuil récidive avec “Bérézina” :

«Sylvain Tesson m’a fait réaliser un rêve de gosse. J’ai d’abord travaillé pour la publicité, dans la mode masculine… Ma passion secrète, c’était la bande dessinée. C’est la lecture de l’adaptation en BD par Jacques Terpant des “Sept Cavaliers” de Jean Raspail qui m’a mis sur la voie de Sylvain Tesson. J’ai lu ses livres, que j’ai trouvés géniaux. C’est l’aventure, le voyage ; C’est contemporain, mais on se retrouve hors du temps…»

La rencontre de Sylvain Tesson et Virgile Dureuil

Tesson & Dureuil
Sylvain Tesson & Virgile Dureuil

Sylvain se souvient de leur première rencontre :

«C’est Thomas Goisque qui m’a présenté Virgile Dubreuil, d’emblée il m’a plu. Il m’a montré des planches. J’ai été séduit par sa façon d’utiliser la BD, de jouer avec la conjonction des époques. Grâce à lui, tout d’un coup, je voyais se superposer le temps de la retraite de Russie, avec celui de notre voyage situé 200 ans plus tard. La BD peut créer ce genre d’électrochocs graphiques. Et c’est comme ça que Napoléon peut voyager dans un side-car… »

«Quand j’ai vu ces planches, j’ai compris que Virgile avait cette capacité à transformer notre aventure russe en un récit romanesque. Sur le plan graphique, il tire cette épopée en side-car Oural soviétique vers une inspiration “prattienne”. De Moscou aux Invalides, on se retrouve dans le sillage de Corto en Sibérie. Merci Hugo Pratt. Quelle belle paternité morale !»

Dureuil a adoré dessiner ces belles mécaniques. Le side-car possède une belle estampille aventureuse. On le voit dans “Tintin“, “La Grande Vadrouille”, “Indiana Jones”…

Bottes sibériennes de sept lieues pour Sylvain Tesson

«Pour moi Sylvain s’apparente un peu à “l’homme aux semelles de vent” déclare Dureuil. C’est pourquoi dans la bande dessinée, je le présente tout le temps avec des bottes sibériennes à bourrelets orange, anti-froid, de Mandchourie. Cette paire de brodequins s’apparente aux bottes de sept lieues. Cela fait partie des attributs rimbaldiens de mon Sylvain Tesson dessiné.»

Les auteurs nous livrent leurs impressions :

Napoléon & Sylvain Tesson

Bande dessinée
Bérézina, Tesson & Napoléon

Virgile Dureuil :

«Cette planche m’est venue dès la première lecture de “Bérézina”. De manière irrationnelle, j’ai eu envie de mêler le présent avec le passé. C’était mon point de départ. Cela créait un parallèle, des points de ressemblance. Et puis je suis persuadé que Sylvain Tesson et Napoléon auraient eu sûrement des discussions sans fin s’ils s’étaient connus.»

Sylvain Tesson :

«J’adore cette image. C’est exactement ça. Je tiens l’identification à Napoléon pour un syndrome pathologique, d’ailleurs décrit dans les universités de psychiatrie. Il paraît que dans les asiles de fous, autrefois, ce syndrome était caractéristique. Les patients se prenaient pour Napoléon… Moi, ça m’amuse de passer pour fou.»

Le départ

Bande dessinée
Le départ de la Bérézina

Virgile Dureuil :

«Pour moi cette image qui marque le départ de Moscou en direction de Borodino est une invitation à l’aventure. Les deux protagonistes passent par l’avenue Koutouzov à la nuit tombée. Ils sont aux portes de la ville.

C’est une porte de sortie. J’ai cherché la perspective la plus inspirante possible pour impulser le départ de ce périple en side-car. Quant à l’arc de triomphe, il est baroque et fait référence d’une certaine manière à tous ceux que Napoléon a voulu mettre partout où il était passé.»

Sylvain Tesson :

«Ce que je remarque ici, c’est que l’on voit le side-car de dos. A chaque fois que les motos sont dessinées dans l’album, elles roulent de la droite vers la gauche. Elles remontent le temps, d’est en ouest. Alors que le mouvement naturel de la BD voudrait qu’elle aillent de gauche à droite. On voit par-là que Dureuil est un dessinateur de la nostalgie: il montre des side-cars qui ne font que revenir sur les traces de l’épopée napoléonienne. C’était le sens du voyage…»

Bérézina

L’album “Bérézina“, signé Virgile Dureuil,  où se conjuguent  récits de Sylvain Tesson et scènes historiques, est à découvrir aux Éditions Casterman, le 3 novembre 2021.

Source : Olivier Delcroix (texte) et Thomas Goisque pour les photos.

Nic Blanchard-Thibault

A lire aussi : « Interférences » – Bande Dessinée – Jeanne Puchol et Laurent Galandon

 

 

Did you enjoy this article?
Inscrivez-vous afin de recevoir par email nos nouveaux articles ainsi qu'un contenu Premium.
Article précédentCINDERELLA – Du Hair Metal au Southern Rock
Article suivantTout BOWIE – Ouvrage exhaustif sur l’icone pop ?
Auteur sur le Blog CulturesCo - Éditrice sur la page Facebook Radio Culturesco - Modératrice sur le groupe Facebook Radio Cultures and Co - Spécialités : Peinture - Littérature